pourquoi Lucio Fontana fait-il des trous ?

 

Ceci est une archive d’une exposition exceptionnelle

 
Note sur les visuels : si les droits liés à l’expo sont échus, ne restent que des imagettes de faible définition à titre de mémoire, sans agrandissement possible ; celles agrandissables ont obtenu un accord ou sont libres ; en cas d’erreur svp nous en faire part et, suite vérification, le visuel sera retiré ou mis en imagette-mémoire ; merci !

 

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rétrospective Lucio Fontana
> au MAMVP jusqu’au 24 août 2014

 

cette rétrospective et aussi une exposition à la Galerie Tornabuoni, sont l’occasion de s’interroger sur la démarche qui a conduit cet artiste à trouer ses toiles, la fente étant devenue sa symbolique.
Fabrice Hergott rappelle que "percer et fendre sont depuis la plus lointaine Antiquité des gestes qui donnent la mort" ; et comme "la vie tranquille n’existe plus" écrit Lucio Fontana en se référant aux armes actuelles, "il nous montre une anticipation magnifiée de cette épée de Damoclès" conclut le Directeur du MAMVP ; mais émane aussi de ces actes l’aspect sexuel et la symbolique de la vie

 

comment Lucio Fontana est-il arrivé à fendre ses toiles ?

cette question est plus intrigante : comment l’artiste est arrivé à ce célèbre geste sur la toile, aboutissement des seules huit dernières années de sa vie alors qu’il a produit au départ des oeuvres très classiques ?
Tout d’abord il faut remarquer qu’il aborde l’abstraction en parallèle à d’autres créations : sculpteur à l’origine, il travaille notamment des céramiques et des sculptures à la fois baroques, classiques et futuristes ; et il faut replacer la vie de Lucio Fontana (1899-1968) dans son époque :

> en 1934 et 1935 Fontana, sculpteur venu d’Argentine, semble influencé par l’avant-garde abstraite italienne avec qui il expose, signe un manifeste et adhère au mouvement Abstraction-Création. Il prend une première liberté en réalisant quelques sculptures abstraites, sortes de dessins et de plans dans l’espace, qui ont été détruites ; il ne reviendra pas à ce genre mais l’expérience le sort de la facture classique

 

 

Lucio Fontana, sculpture abstraite, 1934, ciment polychrome, 28x18x7
reconstitution faite vers 1960 (courtoisie Fondation Fontana, MAMVP)
 

> en 1946 Lucio Fontana fonde le mouvement Spatialiste et rédige avec d’autres artistes le "manifesto blanco" texte fondateur autour des concepts de temps et d’espace, placé dans la ligne de l’art informel lequel "s’applique à des peintures qui ne sont ni figuratives ni géométriquement abstraites" [Michel Tapié] ; le spatialisme veut dépasser les genres traditionnels (peinture, sculpture, poésie, musique) et former une synthèse entre couleur, son, mouvement et espace [DP] ; Fontana crée alors essentiellement des oeuvres sur papier, céramique et en plâtre

> en 1949 il revient à la peinture sur toile mais le trou devient pour lui le geste spatialiste fondateur. Captation d’un espace, la toile tendue sur chassis présente un creux qui lui permet de percer des trous au recto et au verso, et par ce geste acquiert une troisième dimension... retour à la sculpture ! Mais il n’est pas encore tout à fait dans l’abstraction radicale : en ce début les trous forment des lignes, des figures ; ils laissent passer la lumière, font des ombres par introduction d’un volume dans la toile : ce sont des sculptures murales qui "crèvent l’écran de la peinture".
Puis il transpose sa radicalité sur terre cuite ou métal car la matière reste son outil favori. Ces oeuvres jusqu’en 1952 s’intitulent toutes Concetto spaziale (Concept spatial), fédérant toutes les techniques autour de ce seul concept

Lucio Fontana, Concerto Spaziale, 1949, papier entoilé, 100x100
(courtoisie Fondation Fontana, MAMVP)
 

 

> dès 1957 Lucio Fontana passe du trou à la fente avec la série des Carta, des papiers entoilés qu’il troue, griffe et lacère. L’entaille est une échappée, un mouvement ou l’artiste prend possession de l’espace réel, altère la toile non pas par ajout de couleur mais par soustraction : un symbole de vie, de liberté et un symbole sexuel affirmé (ce qu’explique Philippe Dagen dans Le Monde)

> la mutation s’achève à partir de 1960, en liant le monochrome et l’acte de fendre, avec la série Olii (Huiles) et celle des Tagli (Fentes), de plus en plus épurées, réalisées en grand nombre et déclinées en métal jusqu’à la fin de sa vie. Ce sont ces tableaux monochromes fendus de lignes pures, très travaillés, jamais imités mais produits par centaines, qui font sa célébrité.

 

 

Lucio Fontana, Concerto spaziale astese (attentes), 1966,
affiche de l’exposition au MAMVP (courtoisie MAMVP)
clic=voir l’original, en bas de page
 

 

 

 

 

une découverte à la Galerie Tornabuoni

à l’occasion de l’exposition au MAMVP, la galerie Tornabuoni de Paris présente une vingtaine d’oeuvres retraçant la créativité de Lucio Fontana à partir des années 50 : les céramiques, la période baroque, les cratères, la série des fentes

 

 

 

> elle présente de manière inédite Le Jour, 1962, l’une des plus grandes toiles sur fond doré de Lucio Fontana, une oeuvre disparue depuis plus de 30 ans ;
Lucio Fontana perfore l’oeuvre de son ami Jef Verheyen, un acte documenté par un film projeté à la galerie et au Musée : un geste qui n’est plus sur la peinture mais dans la peinture (Bernard Blistène 1987, catalogue Centre Pompidou)

 

 

Lucio Fontana et Jef Verheyen, Le Jour, 1962, 211x140
(courtoisie Galerie Tornabuoni)

 

 

 

plus d’infos :

> la rétrospective au MAMVP
> l’exposition à la Galerie Tornabuoni
> la caresse et la torture par Philippe Dagen, Le Monde

 

 



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