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le dessin contemporain

 

indispensable dessin

discipline noble, difficile, pratiquée par tous les grands maîtres anciens et modernes : savoir dessiner est indispensable au plasticien, comme l’est le piano au musicien, sans quoi il leur manquera toujours quelque chose.
Les artistes actuels l’ont bien compris et apprécient son côté intime, fragile, délicat.
Les collectionneurs aiment ses prix modérés et cet avantage : il est une pièce unique ; le marché du dessin et assimilé s’est d’ailleurs considérablement développé.
La définition du dessin a évolué vers le tracé sur ordinateur et s’est élargie aux oeuvres mixtes : crayon, gouache, aquarelle qui rehaussent un dessin ou une encre. Des galeries se sont spécialisées sur les oeuvres faites sur papier.
Dans cette page :
 

 

 

 

> jusqu’au 5 mars 2023 au Palais Galliera,
qui montre aussi la fabuleuse collection
de robes mexiquaines de Frida Kahlo,
ainsi que l’hommage que lui font les
grands couturiers (voir ici)

le dessin illustré par une exposition :

> Frida Kahlo a aussi dessiné, notamment dans son journal intime où elle exprime son désarroi : ici, un bâton remplace sa jambe (coupée pour risque de gangrène) et des flèches évoquent le martyre de Saint-Sébastien
> car c’est son intimité que nous dévoile cette exposition originale : le contenu de sa chambre dans la Casa Azul où elle a vécu toute sa vie (fermée pendant 50 ans par l’amour de sa vie, le célèbre peintre de fresques Diego Ribeira), ou ses vêtements, accessoires, lettres illustrées, films, photos et même médicaments, parfums... tous découverts en 2004 en l’état d’origine, figés dans la Casa Azul
> vous découvrez l’incroyable créativité qu’elle déployait pour agrémenter, cacher, composer avec son corps handicapé et ses prothèses peintes, souffrance qu’elle traduit par des dessins et autoportraits émouvants [Claude Léger]

 Frida Kahlo dessin
Frida Kahlo, autoportrait 1953 encre
(Courtoisie Mus.Galliera) ... clic=zoom
> accueil d’Almanart
> sommaire genres

focus : le dessin contemporain, dessiner et artiste dessinateur, dessin actuel / toutes images : clic=zoom

 

 

 

le destin du dessin

 
histoire d’un aller-retour de l’enfer

  tracer, dessiner est un réflexe inné de l’homme, une impulsion créative, ou une étape indispensable de préparation des tableaux comme des sculptures. Mais le début du 20è siècle a bouleversé les traditions de l’art classique, alors dessiner n’a plus été une obligation de base.   Erik Dietman, artiste :
"dessiner est une manière de penser"

Pire ! dans les années 70 l’enseignement calamiteux aux Beaux-Arts jugeait le dessin dépassé : "on partait du principe que les nouvelles formes de création -photo, installation, vidéo- permettaient de se passer du dessin" [Vincent Bioulès, ancien prof, aux BA, Le Monde 29/03/11]. C’était aussi stupide qu’avoir affirmé au 19è siècle que la photo allait supprimer le portrait peint... le même honnête professeur précise qu’aujourd’hui le dessin permet "l’observation lente par opposition aux images rapides des écrans".

  Puis dessiner revient dans les 80’s, de manière décomplexée ; cette ouverture prit le nom de Cabinet Graphique au Centre Pompidou, nuance qui lui permet d’englober aussi la gravure : la définition contemporaine du dessin ne se limite plus à l’usage du crayon ni aux esquisses.   Jean Cocteau : "écrire c’est dessiner, nouer les lignes de telle sorte qu’elles se fassent écriture, ou les dénouer de telle sorte que l’écriture devienne dessin" [Opium, 1930]

 
Dans les 90’s les USA révèlent d’autres façons de dessiner, par exemple sous une forme narrative et spontanée, ou celle du crayon non levé qui parcourt le papier inspirée du graffitisme, ou celle du méga-dessin minutieux qui envahit le mur entier... D’autres pratiques plus contestables ont accompagné ce retour, comme ces gribouillis d’une certaine "école" de NewYork élevés en créations artistiques, ou ces études préparatoires proposées comme étant des "oeuvres"...

Au 21è siècle le dessin s’enrichit des planches de BD vendues comme oeuvres "masters", dans des galeries spécialisées parfois ouvertes par les éditeurs eux-mêmes qui y trouvent un débouché dans le monde de l’art.
Mais le collectionneur doit veiller à différencier les BD de consommation courante -souvent moches- et celles à caractère artistique...

Eric Stalner
Vito tome 2, planche 24, 35×46
(courtoisie Galerie Glénat)
clic=zoom

 

Le retour en force du dessin sur le marché s’est confirmé en 2007 par le 1er Salon du Dessin Contemporain à Paris, qui complète le vénérable Salon du Dessin consacré aux dessins anciens

Eric Stalner

 

une définition élastique

 
qu’est-ce encore que le "dessin" ? car cette notion a considérablement évolué :



vous voyez désormais aux salons spécialisés des "dessins" à la gouache, à l’acrylique (!), à la craie, à la limaille de fer, des collages ou même des vidéos dessinées (normalement appelées film d’animation…) ; quoi de commun avec les défititions classiques ?

 

Marlène Moquet : Eclairé éclairant
2015, 145x21cm, à DrawingNow 2015
émail à froid, huile, aérographe,
crayon de couleur (tout de même !)
(courtoisie Galerie Godin)... clic=zoom

Quand on est perdu, on fait appel aux dictionnaires ; or les définitions divergent :
> représentation sur une surface de la forme… sans la couleur... contour linéaire, profil, ligne (Larousse 2015)
> représentation au crayon, au pinceau ou à la plume ; la couleur n’est pas citée à cette époque (Larousse 1930)
> représentation de la forme et des valeurs de lumière et d’ombre plutôt que de leur couleur (Robert) 
> art de représenter des objets ou des idées, des sensations (CNRTL)
> dessins graphiques : matérialisés par des éléments graphiques en deux dimensions (INPI)
> représentation grâce à un crayon, un pinceau, une plume (Académie de Nice), etc

Grâce à ce flou, le marché s’étend plus que de raison et crée un engouement avec un effet pervers : les prix s’envolent !

  Xue Sun  

s’il est encore possible de trouver un beau dessin à moins de 1000€ (c’est modéré, pour une pièce unique), trop de familiarité avec d’autres médiums a boosté les prix à quelques dizaines de milliers d’Euros, montants alors exagérés avec risque de bulle (sans jeu de mot)

> ces deux jeunes artistes sont régulièrement représentées dans des galeries qui participent à la Semaine du Dessin de Paris :

Xue Sun, Créature, crayon, encre, aquarelle, 2009
(courtoisie l’artiste) ... clic=zoom

 

Noémie Sauve, Percé crayon feutre, 2013, 66x92l
(courtoisie l’artiste ) clic=zoom
  Noémie Sauve

 

 

l’apogée, la semaine du dessin

 
chaque année au printemps se tient la Semaine du Dessin à Paris ; en 2018 c’étaient :

> le Salon du Dessin :
 - à La Bourse dite Palais Brongniart, place de la Bourse
 - particularité : 80% d’oeuvres anciennes ou modernes ; la référence prestigieuse du dessin ancien

> Drawing Now :
 - Carreau du Temple, au Marais
 - particularité : "la" foire du dessin contemporain et actuel

> DDessin :
 - Atelier Richelieu, pas loin de la Bourse
 - la foire off axée sur la découverte de jeunes artistes actuels

> pendant cette semaine, qui en fait perdure, des musées et fondations font un zoom sur leurs collections de dessins, avec visites guidées (par exemple la BnF fait visiter son riche Département des Estampes) ; les galeries aussi se focalisent sur le dessin : l’offre est immense.

En 2018 un lieu dédié au dessin a ouvert en permanence avec des expositions, il est une émanation de Drawing Now : Drawing Lab, espace "pour expérimenter de nouvelles techniques du dessin contemporain"

 

 

vénérable artiste, pourquoi dessinais-tu ?

 
pour un artiste d’autrefois les raisons de dessiner étaient nombreuses, raisons qui concernent aussi les jeunes :

> créer une oeuvre spécifique pour le support papier (Seurat)
> témoigner d’un événement (Daumier)
> témoigner d’une personne, d’un sentiment par le portrait (Delacroix)
> moquer la société par le dessin humoristique ou la caricature (Victor-Hugo)
> étudier, préparer, esquisser une autre oeuvre (Delacroix)
> ou simplement prendre sur le vif sur un journal, un carton..., le papier étant un support facile à trouver et peu cher (Toulouse-Lautrec)

  Georges Seurat   Honoré Daumier   Eugène Delacroix
 
Georges Seurat, dessin au crayon comté, vers 1890
 
Honoré Daumier, carricature illustrant le livre Les Gens de justice, vers 1846
 
Eugène Delacroix, auto portrait, vers 1826, crayon rehaussé
  Victor-Hugo   Eugène Delacroix   Toulouse-Lautrec
 
Victor-Hugo, Cardinal grand inquisiteur, 1873, dessin colorié
 
Eugène Delacroix, vers 1843, esquisse pour Orphée pour l’Assemblée Nationale
 
Toulouse-Lautrec, esquisse rapide faite au cabaret, vers 1890

 

mais presque toujours, ces artistes jouaient la perfection, la précision, la minutie, par un travail laborieux...

 

 

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le dessin actuel s’est émancipé

 
le dessin actuel a évolué vers une diversification des genres, des médias et des techniques qui donnent une grande liberté aux artistes, une forte visibilité à ce média et ainsi un fort intérêt des collectionneurs :

> le nouveau dessin classique se pose sur de nouveaux supports comme le plexi (Ulrike Bolenz)
> le dessin réaliste se confond avec la photo (Frank Selby)
> le dessin fantastique reste un "classique" (Antoine de Castellane)
> la BD se voit détournée (illustrateur Claude Mirande)
> le dessin mural se libère du support (Nicolas Buffe)
> la carricature humoristique engagée est éternelle Chapatte)
> le dessin éphémère, va de la craie à la fresque (Dan Perjovschi)
> sans oublier les images animées du cinéma et des jeux vidéos,
> ...et le livre d’artiste qui prend des formes très imaginatives

 

Ulrike Bolenz   Frank Selby   Antoine de Castellane
Ulrike Bolenz, Groupe Bleu, 2009, technique mixte
 
Frank Selby, Disaster for window6, 2007, crayon sur calque
 
Antoine de Castellane, dessin, 2008
Claude Mirande   Nicolas Buffe   Murzo
Claude Mirande,
dessin d’illustration
 
Nicolas Buffe, dessin mural à la craie,
2010, Tokyo+gal.Schirman-Debeauce Paris
 
Murzo, Grandeur et décadence, 2013
avec les couleurs du drapeau français
Freddish Papritz   Dan Perjovschi   Sebastian Diaz Morales
Freddish Papritz, Blood Marvel, 2009, crayon, feutre,pochoir
 
Dan Perjovschi, 2007, craie sur tableau noir, CCSuisse de Paris
 
Sebastian Diaz Morales, 2004, Lucharemos hasta anular la ley : dessin ou vidéo ou combinaison ?

 



 

annonces d'événements :


 

très belle vente, abordable

grande vente d’art et design contemporains
avec de vraies opportunités

 lundi 5 décembre à 14h
à Drouot en salle et live

par Magnin-Wedry


 

un calendrier de Noël à surprises

le BDMA, Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art
vous suggère des cadeaux de fêtes
par ce calendrier de l’avent très original

l’ouvrir et découvrir les jeunes créateurs


 

si le tableau boude...

 

... c’est qu’il veut son cadre ! zoom sur les cadres !
> Les Atamanes cadrent le débat : lequel choisir ?
>
à moins que ce soit le tableau qui choisisse ?
> Almanart s’interroge : pourquoi et comment ?

 


 

remettez-le à l’endroit svp

qu’attend-on donc pour remettre à l’endroit les tableaux de Georg Baselitz !

pourquoi cette question idiote ?


 

 

Prendre soin, de la Renaissance à nos jours

passionnante exposition au Musée des BA de Dole
pour le bicentenaire Pasteur ;
que nous montrent les œuvres d’art sur la notion des "soins" ?


 

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