Les techniques artistiques

 

 

petite revue des
techniques des artistes

ces explications sont destinées aux amateurs et collectionneurs qui voudraient mieux savoir comment sont faites ces oeuvres qu’ils admirent et achètent ; ce ne sont pas des éléments d’apprentissage pour artistes.

Amateur ! même si les principales techniques artistiques vous sont familières : huile, gravure, fonte, lithographie, vidéo... connaissez-vous pour autant leur particularité, leur histoire ?

Depuis, la technique artistique est devenue complexe et s’est enrichie des techniques numériques.

 

 

 

 

Eugène Leroy,
l’Eté 95, 1995, 130x97
(courtoisie Galerie Obadia)
clic=zoom
 

les techniques illustrées par une exposition :

> Eugène Leroy pratique une technique d’accumulation : la pâte très épaisse, directement sortie du tube, forme sur ses tableaux des reliefs prononcés que vous pouvez survoler comme un oiseau au-dessus de ces montagnes colorées ; "la géologie de la matière picturale qui s’accumule sur ses toiles forme un agrégat signifiant" [DP]
> eu marge de l’abstraction, son oeuvre est singulière : Leroy sculpte la densité de la peinture à l’huile, en "quête de la peinture" dit-il 
> jusqu’au 17 mars 2018 à la Galerie Obadia de Saint-Merri

 Eugène Leroy peintre
   > accueil d’Almanart  

sommaire fiches pratiques


focus : les techniques de réalisation de l’art contemporain / toutes études et textes de Naëlle Burot et de Claude Léger

 

 

 

soit cliquez sur une technique pour obtenir sa définition...

Dessin :  . le dessin (note sur...) . calligraphie .fusain . crayon . crayon Conté . mine de plomb . graphite . pierre noire . encre . pastel .
Peinture :  . définition . aquarelle . gouache . détrempe . tempera . huile . acrylique . lavis . fresque . pochoir . sanguine . laque . encaustique .
Estampe :  . estampe . gravure . lithographie . sérigraphie . impression à plat . burin . pointe . manière noire . eau forte . aquatinte . mezzo-tinto . carborundum . xylographie . linogravure . cliché-verre . chalcographie . taille douce .
Numérique :  . création numérique . impression numérique . découpage–assemblage .
Sculpture :  . définition . haut et bas reliefs . bronze .céramique
Tech. Mixtes :  . collage . transfert . peintures mixtes .
Installation :  . définition ..
Photo :  . techniques générales . les supports
Vidéo :  . vidéo artistique .
Email, verre :  . lap . vitraux . céramique
Textile :  .

 

...soit cherchez par ordre alpha :

acrylique

cette invention moderne (1920) est d’emploi facile par rapport à l’huile, ce qui explique son grand succès contemporain : les couleurs acryliques réunissent les caractéristiques de l’huile, la souplesse de la détrempe, la transparence de l’aquarelle et la résistance aux agents atmosphériques ; irrésistible...

L’acrylique est dû à la volonté des peintres révolutionnaires mexicains tels que Orozco, Rivera et Sequeiros de disposer d’un matériau efficace, rapide et performant, résistant aux oxydations, aux décompositions chimiques, à la pollution pour la réalisation de grandes peintures murales ; ils commencèrent à utiliser la pyroxyline (composée des mêmes résines synthétiques que pour les voitures), découvrant ainsi les possibilités des effets casuels des couleurs à séchage rapide.

Bien que de composition très différentes des peintures à l’huile, à la détrempe ou à l’aquarelle, les couleurs acryliques donnent des résultats similaires selon leur degré de dilution ; elles sont constituées des mêmes pigments mais mélangées avec des liants synthétiques ; elles s’appliquent sur tout type de support préparé avec des apprêts acryliques, ce qui convient tout à fait aux contemporains qui ne se limitent plus aux supports traditionnels de la peinture.

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aquarelle

peinture diluée à l’eau, l’aquarelle est constituée de pigments minéraux solubles dans l’eau additionnée de gomme arabique ; elle s’applique par pinceaux à poils souples sur papier ou carton ; son usage est proche du lavis, mais son rendu peut être plus lumineux et translucide.

Connue des égyptiens, utilisée au Moyen-Age dans les enluminures et pour rehausser de couleurs des dessins, l’aquarelle a été éclipsée par la peinture à l’huile mais réhabilité au XVIIIe siècle où elle devint un genre ; par exemple en Angleterre un groupe d’artistes fondent en 1804 la Royal Water Colour Society, dont les plus célèbres furent Turner, Constable, Bonington ; ceux-ci exerceront une influence sur les romantiques (Gericault, Delacroix...) puis sur les impressionnistes.

L’opinion courante est que l’aquarelle est l’apanage des débutants ou des amateurs, mais c’est une technique difficile à maîtriser et seuls les meilleurs artistes savent en tirer bon parti ; par exemple elle n’admet pas d’erreur : contrairement à l’huile qui permet une surcouche dissimulant la précédente ; ainsi la sous-cote de l’aquarelle par rapport à l’huile est tout-à-fait injustifiée.

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bronze

état final d’une sculpture obtenue par coulage d’un métal alliant cuivre et étain, dans un moule ; le motif est réalisé par exemple en plâtre ou argile, recouvert en fin d’oeuvre d’une cire, puis d’ une couche réfractaire enveloppant le tout ; l’oeuvre "master" est alors prête pour être multipliée : lors de la mise en chaleur la cire fond et s’évacue par des conduits forés dans l’enveloppe ; le métal en fusion est coulé par d’autres conduits, les gaz s’évacuant aussi par les trous pour la cire

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calligraphie

"art de former d’une façon élégante et ornée les caractères de l’écriture ; écriture formée selon cet art" (Larousse), qui débouche aussi sur l’enluminure (décor miniature peint autour du texte d’un manuscrit).
Plusieurs plasticiens se sont intéressés à la beauté de l’écriture au niveau de la forme (souvent liée au contenu, par la collaboration de poètes), notamment ceux du groupe Cobra, où Dotremont à inventé la notion de "logogramme", sorte de parole hâtivement peinte (on parlerait aujourd’hui de graffiti) (Alechinsky, Michaux, Degottex...)
.

La calligraphie est née avec l’écriture :
> en Extrême-Orient, dès la haute antiquité c’était un art majeur ; l’écriture chinoise forme un répertoire de 42000 caractères différents qui deviendra dès la fin des Han le support d’une création formelle et d’une discipline spirituelle ; les historiens citent Wan-Hi-Che (IIIe siècle) pour ses manuscrits d’une beauté incomparable, ainsi que : Wang Xizhi au IVe siècle, Su Dongpo et Mi Fu au XIe siècle, Dong Qichang au XVIe-XVIIe siècle...
> la calligraphie se perpétue des stèles funéraires antiques aux affiches murales actuelles ; le Japon, après avoir subi l’influence chinoise jusqu’au Xe siècle, élaborera un style original décoratif ; actuellement la calligraphie connaît en Asie un renouveau qui exprime au-delà même des caractères, l’essence intime de l’être
> chez les Musulmans, la religion interdisant la reproduction de la figure humaine, la calligraphie fut portée au plus haut point ; elle semble née aux premiers siècles de l’islam, de la méditation sur les lettres A et L qui servent à écrire le nom d’Allah ; l’écriture a alors eu une place esthétique exceptionnelle, en se prêtant à l’ornement des signes ; elle a créé une représentation abstraite où se fondent les compositions, les arabesques florales et les entrelacs géométriques ; les persans ont connu l’apogée de la calligraphie au XVIIIe siècle
> en Occident la calligraphie s’est développée au Moyen-âge dans les monastères ; d’abord par les lettres majuscules et initiales s’agrémentant de figures d’animaux, de fleurs et d’arabesques, puis par le texte lui-même qui devint un décor de motifs abstraits ou figuratifs compliqués nommés "enluminure" ; des calligraphes deviennent réputés : le notaire de Bruges Karlin au XIIe siècle, Raoulet d’Orléans au XIVe siècle, Nicolas Jarry au XVIIe siècle…
> déclinant au XVIIIe siècle, ce type de calligraphie évolua vers la caricature ; dans la période moderne, elle évolue vers un style plastique mixte utilisant lettres, mots, phrases et signes (Dotremont, Michaux…) ; actuellement les tags et grafs en dérivent, le style le plus proche de la calligraphie étant le "writing".

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céramique

"céramique" est un terme générique qui regroupe toutes les productions en terre soumises à cuisson : terre cuite, faïence, grès, majolique, porcelaine...

 > haut > illustration

chalcographie

ancienne appellation de la gravure sur cuivre ; vient du grec "écriture sur cuivre" ; voir "gravure"

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crayon,
crayon Conté,
mine de plomb,
graphite

facilement effaçable mais moins volatile que le fusain, il convient bien aux dessins spontanés ;
découvert en Angleterre en 1560 le graphite d’origine minérale est aujourd’hui remplacé par le graphite artificiel inventé en 1794 par le chimiste français Conté ; David, Ingres, Delacroix, Corot, Degas…s’en sont servi pour leurs études plutôt que le fusain.

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cliché-verre

sur une plaque de verre photographique enduite d’encre et poudre, le dessin est tracé directement à la pointe d’acier ; on obtient donc un négatif qui permet des tirages sur papier. L’intérêt est la finesse du procédé, abandonné actuellement.

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découpage–
assemblage
(collage)

technique consistant à découper, assembler et coller ou fixer des fragments de matériaux hétérogènes sur un quelconque support.

les japonais exécutaient des collages dès le Xe siècle, mais ce procédé est devenu un mode d’expression au XXe siècle dès les premières déconstructions de la peinture traditionnelle par les cubistes (Braque, Picasso...), l’avant-garde européenne (Malevitch, Severini), Dada, les surréalistes (Picabia, Ernst), Matisse (et ses gouaches découpées et collées) et les contemporains (Rauschenberg, Stella...) ; Breton donna cette poétique définition : "le collage est une faculté merveilleuse d’atteindre deux réalités distantes et, de leur rapprochement, de tirer une étincelle".

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dessin

représentation graphique des formes exécutée à main levée ou au trait.

 > voir le dessin contemporain

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détrempe

technique picturale où les couleurs sont broyées puis détrempées à l’eau avec de la colle de peau tiède, juste au moment de peindre ; c’est le plus ancien procédé de peinture connu.

On dissoud d’abord les couleurs à utiliser avec de l’eau (d’où le nom) mais il faut alors ajouter un agglutinant comme de la colle, de la gomme, de la cire ou encore du blanc d’oeuf ou du lait ; il faut aussi
une préparation soignée du support (mur, bois, toile…) qui ne doit pas trop absorber ; puis l’exécution exige une grande rapidité car les couleurs sèchent vite et ne peuvent être ni reprises ni superposées.
Ce procédé peu souple fut progressivement abandonné au profit de la peinture à l’huile, mais actuellement les décors de théâtre sont parfois peints à la détrempe.

Attention : elle est à tort parfois confondue avec la peinture "a tempera".

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encaustique

dans la peinture à l’encaustique les couleurs sont délayées dans de la cire fondue ; les variations de ce procédé sont multiples et les artistes comtemporains conservent leurs secrets (Roland Cat, Philippe Cognée...) ; cela donne une surface mat très douce et modère les couleurs qui semblent fondues

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encre

l’encre est le moyen du dessin élaboré, non modifiable ;
il y a différentes qualités : encre noire de Chine (la plus commune actuellement), brune, bistre de suie de bois bouilli, ferrogallique à base de noix de Galle de sulfate de fer et de gomme arabique, sépia à partir d’encre de seiche... ;
l’instrument fut d’abord la plume d’oie, supplantée dès le XVIIIe siècle par la plume métallique ; en asie le pinceau et ses très grandes variétés de tailles et de subtances, est toujours l’instrument privilégié de dessin et de calligraphie.

> Voir aussi lavis

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estampe

terme générique qui s’applique à toute œuvre à tirage (les "multiples") ou reproduction d’œuvre d’art, imprimée ou pressée sur papier après avoir été gravée ou dessinée sur un quelconque support : métal, bois, pierre... ; le langage courant étend cet usage à plusieurs procédés de reproduction : lithographie, sérigraphie, etc. La gravure (ci-dessous) est proche, parfois confondue, mais la technique diffère.

Il faut distinguer deux utilisations de l’estampe :
> un moyen de diffusion meilleur marché d’oeuvres uniques déjà existantes (tableaux, dessins...)
> un genre spécifique qui nécessite de l’artiste une démarche et une création originale ; c’est cette nécessité de distinction qui pousse le syndicat de l’estampe a dénommer "estampe originale" des oeuvres qui, sur le plan juridique, ne sont pas forcément originales

Le succès auprès des artistes comme auprès des amateurs ne s’est jamais tari ; des premiers bois gravés du XIVe siècle aux estampes modernes, les moyens de reproduction et la maîtrise des couleurs n’ont cessé de se perfectionner, notamment grâce aux procédés informatiques. L‘art d’imprimer des estampes existait en Extrème-Orient dès le Xe siècle. En Europe, la gravure liée à l’histoire du livre est apparue vers 1350, où la gravure dite de reproduction ou d’interprétation a servi la diffusion internationale de l’art ; à la fin du XIXe siècle, face à la déferlante de la photographie, les artistes ont réagi en produisant des estampes dites originales à tirage limité, considérées comme œuvres d’art à part entière.

On peut classer les estampes en trois catégories principales :
> la gravure en relief ou taille d’épargne
> la gravure en creux ou taille douce
> les procédés à plat (voir sous "impression à plat") comme la lithographie.

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fresque

usuellement grand panneau mural peint ; vient du mot "frais", allusion à la technique d’origine qui consistait à peindre (très rapidement) sur du plâtre frais avec de la peinture à l’eau, procédé qui à l’époque garantissait une bonne tenue dans le temps.
Elle
utilisait des pigments végétaux résistant à la chaux, délayés à l’eau, appliqués à la brosse dure ou souple sur un enduit de mortier frais composé de sable et chaux éteinte ; ainsi la fresque classique exige un travail rapide et précis qui exclut toute retouche.

Pour réaliser une fresque classique :
d’abord étaler sur le mur nu une première couche d’enduit rugueux (l’arriciato) qui permet de tracer une esquisse au fusain reprise au pinceau avec un peu d’ocre liquide ; ensuite ce dessin est renforcé par un pigment rouge dit sinopia ; enfin la sinopia est progressivement cachée sous un second enduit de chaux très fin (intonaco) ; alors soumis à l’air, l’hydrate de carbone soluble exsudé par le mortier se transforme en une croûte transparente qui fixe et protège les pigments ; la surface recouverte correspond à une partie de la composition susceptible d’être achevée le jour même.
On distingue la fresque sur enduit frais de la fresque sur enduit sec (à secco ) où les pigments sont enrobés d’un liant œuf, huile, colle, ou gomme.

De nos jours cette technique a perdu de son intérêt et ce mot est devenu synonyme de toute peinture murale de grande dimension.

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fusain

procédé de dessin le plus ancien qui emploie un matériau très tendre obtenu par carbonisation de rameaux de saule ou de vigne ; il s’efface facilement par soufflage, l’idéal pour les esquisses ; au XIXe siècle on parvient à le fixer sur le papier et il devient une technique de dessin définitif qui connaît un grand essor grâce à Delacroix, Corot, Millet...

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gouache

peinture pâteuse et opaque provenant d’un mélange proche de celui de l’aquarelle, dans lequel on a ajouté un liant, la gomme, qui lui donne son aspect mat ;
la gouache blanche est souvent utilisée pour rehausser un dessin à la plume, au crayon ou à l’aquarelle

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gravure :
burin, pointe sèche, manière noire, eau forte, aquatinte, mezzo-tinto, carborundum,
taille douce

image confectionnée par gravage puis transfert par un procédé chimique ; le langage courant en étend l’usage à plusieurs procédés de reproduction similaires non automatisés ; le terme gravure est parfois confondu avec celui d’estampe (ci-dessus), mais les techniques diffèrent.
Le procédé comprend toujours deux phases : d’abord inscrire un motif en relief au sein d’un support, qui ensuite sert de transfert sur papier :

> dans la gravure en relief ou taille d’épargne ou xylographie :
on taille le bois "en épargne" pour dégager une partie en relief qui, une fois encrée, permet de reproduire un dessin sur une feuille de papier ; ce procédé, en usage dès le XIVe siècle, a ses adeptes : Raoul Dufy par exemple exécuta une série de xylographies en 1910 pour illustrer des textes d’Apollinaire.

> la gravure en creux ou taille douce :
sont des techniques de gravure en creux : la plaque de métal (cuivre, zinc, acier) est creusée de sillons, dont l’empreinte encrée sera reproduite sur papier après transfert. Les travaux sur métaux sont classés par les outils ou les procédés chimiques pour creuser les sillons :
 - les techniques directes : pointe sèche, burin, manière noire
 - les techniques indirectes : eau forte, aquatinte

> la pointe sèche :
est une tige d’acier acérée ou de diamant qui griffe le métal en le repoussant sur les côtés ; la main griffe comme en dessinant ; elle laisse des barbes qui produisent un effet velouté

> le burin :
aussi en acier ou diamant, creuse le cuivre en enlevant (et non en les repoussant) les copeaux de métal ; la main pousse le burin ; il permet des tailles franches qui donneront des traits d’une très grande netteté et sans barbes

> la manière noire (ou "mezzo-tinto") :
vient du XVIIe siècle avec une apogée au XIXè ; elle permet d’obtenir des effets de veloutés proches de la photo ; la plaque est rendue noire en la striant de manière homogène avec un "berceau" composé de micro-griffes, puis on la gratte et on aplatit les micro-barbes pour blanchir et faire venir le motif en clair

> l’eau forte :
vient du XVe siècle ; elle consiste à recouvrir la plaque de métal d’un vernis sur lequel le graveur exécute son dessin à l’aide d’une pointe ; puis on la plonge dans un bain d’acide nitrique qui mord le métal là où le trait a arraché le vernis ; le reste du vernis est alors enlevé, la plaque encrée au rouleau et l’on peut imprimer ; sa particularité vient du peu d’effort qu’il y a à graver, de sorte que les traits sont aussi naturels qu’un dessin au crayon

> l’aquatinte :
vient du XVIIIe siècle ; c’est une variante de l’eau forte où la plaque de métal est saupoudrée d’une fine poussière de résine dont les grains sont fixés par cuisson ; la morsure à l’acide produit des effets de surface d’une grande finesse.

> carborundum :
plus récent ; parmi les différents vernis enrobant le support avant transfert, le carborundum est un composé de carbone et de silicium dilué dans la résine ; il durcit fortement et permet d’inclure des tracés noirs charbonneux.

Quelle que soit la technique employée, le métal une fois gravé sera encré puis essuyé pour éliminer toutes traces d’encre en dehors des tailles ; les tirages sont obtenus par pression, par un nouvel encrage pour chaque épreuve. Les tirages en couleurs sont réalisés soit à la "poupée" (on met en couleur un seul cuivre) soit en repérage (un cuivre par couleur), dans ce cas l’épreuve passe sous la presse autant de fois qu’il y a de couleurs.

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huile

utilisable sur tout type de support enduit, cette peinture est constituée de couleurs broyées liées avec de l’huile siccative additionnée de résine, diluées grâce à une essence volatile. Voir aussi l’huile acrylique.

A partir du XVe siècle en Europe, l’huile a supplanté la peinture a tempera, amenant dans son sillage un nouveau support : la toile tendue sur châssis.
Ensuite son succès a été lié à l’enrichissement constant du nombre de colorants d’origines diverses et de la passion des artistes pour l’alchimie d’élaboration de recettes propres à chaque atelier ; car la qualité finale de la peinture dépend aussi des conditions selon lesquelles les pigments sont liés et protégés, des conditions de séchage etde la texture du support ; ainsi Van Eyck (l’ancêtre de la peinture à l’huile), Rembrandt ou Matisse ont procédé de façons différentes.

Au XIXe siècle l’industrie des couleurs va se substituer au travail d’atelier entraînant une révolution dans la fabrication des produits et une modification radicale de leurs usages ; ainsi c’est l’invention des couleurs en tubes qui a permis aux impressionnistes de peindre "sur le motif" (sur place, hors l’atelier).

Aujourd’hui les émulsions à base de résines thermoplastiques, nommées acryliques, concurrencent la peinture à l’huile traditionnelle, mais bien des peintres contemporains préfèrent l’usage de l’huile pour son rendu incomparable.

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lap

désigne les émaux lapidaires ; a été beaucoup utilisé dans les panneaux "arts décos", mais aussi pour créer des sculptures murales.

Les émaux lapidaires ("qui viennent de la pierre") sont issus de la cristallisation d’alumites de chaux, après chauffage ; on constitue ainsi des panneaux semi-translucides bruns, doux d’apparence, inaltérables, permettant d’incorporer des pigments, des métaux, et d’être sculptés. Cette technique a été inventée par Mr & Mme Séailles au début des années 30 ; ils ont eu un très grands succès en décoration (Ruhlman, Martel pour le paquebot Normandie) et en art (Leyritz, Grüber, Fouquerai...).

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laque

elle était depuis longtemps une technique noble de décoration ; les procédés se sont diversifiés depuis la laque végétale d’origine vers des substances de synthèse polychromes. La terme "la laque" désigne la matière, que le langage courant a étendu aux objets ;

Née en Chine il y plusieurs millénaires, la laque s’est développée dans tout le continent asiatique, notamment au Japon vers le VIIe siècle avec une apogée à l’époque Edo du XVIII siècle ; ses variantes modernes s’utilisent de la même manière : sur un enduit, plusieurs couches de laques poncées sont appliquées (plusieurs dizaines de fois pour les objets les plus fins), suivi d’un polissage délicat ; avant finition on peut incruster des matières (or, nacres, métaux, pierres...), dessiner, graver, ce qui laisse à l’artiste une grande liberté sous condition de maîtrise de ces techniques complexes et laborieuses. > La laque de sumac, d’origine, est végétale ; elle est collectée comme le caoutchouc, raffinée par filtrage, séchée par évaporation ou chauffage avec malaxage ; sa couleur est d’ambre, mais on peut y adjoindre des pigments > Le vernis gras a été inventé en occident, après que les échanges avec l’orient au XVIIIe siècle aient découvert la laque ; cette variante est plus facile à obtenir et à travailler ; elle a des propriétés voisines de la laque végétale, elle perdure encore > Les laques de synthèse viennent de l’industrie, notamment les cellulosiques, puis glycérophtaliques et polyuréthanes, dont l’avantage est d’être livrées prêtes à l’emploi avec un choix de couleurs. L’artiste ou l’amateur pourra aussi consulter l’Association LAC


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linogravure

procédé de gravure directe sur linoléum, creusé par des gouges en acier en V ou en U (ce qui créer un master négatif) ; cette matière semi-molle est préférée à la gravure sur bois par sa facilité.

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lavis

manière de complémenter ou de colorier un dessin avec de l’encre de Chine ou autre couleur diluée dans de l’eau ; le lavis s’applique seul en larges aplats ;
Van Goyen et Van Ostade, Guardi, Canaletto, le Guerchin… ont utilisé le lavis gris ;
le lavis bistre est fréquent jusqu’au XVIIIe siècle ;
au XIXe siècle les artistes lui préfèrent le lavis sépia.

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lithographie

cette technique ancienne d’impression à plat a toujours un grand succès car elle a une noblesse par sa qualité alliée à sa difficulté : intervention manuelle par l’artiste, grande attention aux couleurs, précision de la superposition des passages...

C’est un procédé à plat qui utilisait à son origine (1796) les propriétés chimiques d’une pierre calcaire qui, traitée par un mordant (solution de gomme et d’acide nitrique), fixe le dessin exécuté à l’envers et à la craie grasse ; la pierre humidifiée ne va retenir l’encre que sur les parties où l’artiste a déposé la craie grasse ; il faut dessiner autant de pierres que de couleurs et réencrer la pierre pour chaque épreuve.

Aujourd’hui on remplace les pierres par des plaques de zinc ou d’aluminium, plus malléables.
Une anecdote illustre la difficulté du procédé face aux exigences de certains artistes : en étroite collaboration du célèbre imprimeur Mourlot, Matisse avait en 1947 créé le fameux livre "Jazz" chez l’éditeur Tériade, qui a pour thème le cirque mais dont les couleurs jaillissaient comme la "musique de jazz" ; en 2005 une réédition limitée a été effectuée et confiée au successeur de Mourlot dans le même atelier, car il a toujours conservé les mêmes machines et qu’un travail considérable de recherche des couleurs d’origine a été entrepris ; cet exemple montre que vous devez faire attention aux différentes catégories de lithographies : celles qui reproduisent des oeuvres créées sur d’autres supports, celles des grands tirages mal cadrés (les couleurs sont mal superposées), celles qui sont des créations spécifiques par les artistes et non des reproductions d’oeuvres

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(création) numérique

les procédés numériques ont fortement amplifié les possibilités de création ; d’une part les artistes créent des images originales sur ordinateur qui sont impossibles à produire autrement, d’autre part ils y traitent leurs photos ou leurs vidéos soit par transformation soit simplement par retouches.

En sculpture les plasticiens peuvent concoire des oeuvres en virtuel par des logiciels 3D puis les concrétisent en pilotant par ordinateur la taille directe de ces sculptures en plastique par des "imprimantes 3D" (ci-dessous).

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(impression) numérique

Pour les images en 2D (accrochables) :
en sortie d’ordinateur l’impression jet d’encre ou
laser permet l’exécution rapide et bon marché d’études, mais ces procédés sont impropres à la réalisation des oeuvres finales qui, elle, utilisent des imprimantes à jets de pigments, souvent chez des prestataires spécialisés du fait de leurs prix élevés.
Ces impressions numériques viennent
en concurrence de la sérigraphie ou des procédés quadri des grands imprimeurs, à condition que l’oeuvre soit créée pour cela : les logiciels de conception sont aussi des logiciels intégrés de pilotage et de réglage de l’impression, car respecter les couleurs est encore difficile.

Pour les oeuvres en 3 dimensions (sculptures...) :
les "imprimantes 3D" sont des machines à produire un volume par addition progressive de matière par couches très fines)
.

De nombreuses marques d’imprimantes et d’encres et pigments ont mis au point des procédés concurrents, dont une difficulté est qu’ils évoluent ou changent souvent de sorte qu’il est devenu difficile de faire une comparaison de leurs avantages et inconvénients.

Un problème est la stabilité à long-terme des oeuvres : les "prints" informatiques ne se sont pas toujours très fiables, non vérifiables sans long recul (rappelons qu’il aura fallu attendre notre époque pour constater les ravages des fonds de goudrons sur les peintures du 16-17è siècles).
Une fâcheuse contrepartie de cette heureuse vulgarisation sont les maladresses voire les abus qui sont devenus faciles : faire passer un print pour une oeuvre de même qualité qu’une estampe, ne pas respecter les dimensions de l’oeuvre originale, cadrer au pif, faire des copies frauduleuses...

 > haut > et aussi : impression des photos
 

pastel

technique de dessin ou de peinture ? les deux sans doute...
Le pastel est issu de plusieurs éléments broyés et mélangés : couleurs pures, blanc, colle, plomb, talc, gomme arabique… ; il est préparé sous forme de bâtonnets dans une large gamme de coloris ; utilisé en France puis en Italie durant le XVIe siècle, il atteint son apogée au XVIIIe siècle, puis Degas, Toulouse-Lautrec, Odilon Redon... l’ont utilisé avec bonheur. Il demande beaucoup de doigté (le doigt servant à estomper).
Attention : il est fragile et se détériore à la lumière vive, craint les attouchements mais, bien conservé, garde toujours sa fraîcheur.

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(impression)
à plat (et print)

"à plat" signifie sans gravure en relief ni en creux ; on distingue les procédés :
- demandant une intervention manuelle, comme la lithographie
- d’impresssion automatisée, comme la sérigraphie ou les prints informatiques.

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peintures mixtes

les premiers contemporains (1945...) n’hésitaient pas à obtenir des effets en mixtant toutes sortes de procédés : ajout d’objets sur le tableau, projection de matière (sable, paillettes...), etc ; depuis l’on recherche moins à étonner qu’à trouver des matériaux exactement adaptés à l’expression recherchée : par exemple certaines "huiles" de Philippe Cognée sont en fait constituées de "pigments purs, cire d’abeille, résine de carnoba" ; certains artistes restent discrets sur leur procédé : comment donc sont constituées les toiles mystérieuses de Roland Cat ? il ne vous le dira pas !

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photo

les techniques photo sont trop vastes pour être résumées ici, svp reportez-vous par exemple ici ou pour les débutants !

> voiraussi les supports des oeuvres photographiques

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pierre noire

concurrent du fusain issu d’une pierre d’Italie (son autre nom) qui a une densité plus forte et par conséquent est moins facilement effaçable ; il permet différents effets associé à de la craie blanche ; abondamment utilisé dès le 16è siècle, ce type de crayon permet de faire non seulement des esquisses mais des croquis rapides et des modelés, selon sa taille fine ou large.
Le crayon pierre noire est encore utilisé par des artistes dessinateurs qui recherchent des effets classiques, comme Ernest Pignon-Ernest par exemple.

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pochoir

c’est la plus ancienne technique : rappelons-nous les mains servant de masque aux hommes des cavernes et autres africains ; c’est aussi une très ancienne façon de mettre en couleur, par des masques découpés successifs appliqués sur l’épreuve en repérage manuel.
La couleur (aquarelle, lavis, gouache) est posée par une brosse ronde, et ensuite adoucie ou tamponnée suivant l’effet recherché ; on découpe autant de pochoirs que de nuances, jusqu’à 25 ou 50 pochoirs.
Le pochoir est actuellement très utilisés par les artistes des rues, qui appliquent les couleurs par des bombes aérosols.

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haut et bas
reliefs

c’est un genre particulier de sculpture datant de l’antiquité ; peu de chose les distinguent :
> le bas-relief est taillé en creux sur une surface plane (un mur, un panneau...) et le volume des motifs se détache assez peu du fond ; on peut ainsi réaliser des frises décoratives de grande surface ; les monuments antiques grecs ou romains en sont largement pourvus
> le haut relief relève de la même technique mais les motifs se détachent nettement du fond, n’y étant lié que par un minimum de matière pour qu’ils s’y raccrochent ;
les cathédrales en sont garnies.
En fait ce qui distingue ces reliefs de la sculpture habituelle est qu’on ne peut tourner autour.

> haut

sanguine

utilisation en dessin d’un argile rouge qui doit sa couleur à un oxyde de fer ;
la sanguine était déjà utilisée au paléolithique par les hommes des cavernes ; elle eut un immense succès du XVIe au XVIIIe siècle, en Italie en France et dans les pays nordiques (Vinci, Watteau, Boucher…) ; à l’exception de Renoir, les artistes du XIXe siècle l’employèrent peu ; elle est a presque inutilisée maintenant.

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sérigraphie

procédé d’impression à plat plus récent que la lithographie, simple à mettre en oeuvre, aussi utilisé pour faire des transferts sur des supports variés (bois, verre, tissu...) ; moins noble que la lithographie, la sérigraphie sert aux reproductions nombreuses mais de qualité ou faire des livres d’artistes.

L’image est créée ou reproduite (autrefois par pochoir ou gouache, maintenant par flashage d’une photo ou d’une image informatique) à travers un écran de soie (à l’origine du mot) maintenant de nylon, à raison d’un écran par couleur, que des aplats d’encre obturent selon l’image.

Un écran est tendu sur un cadre sur lequel on préserve, à l’aide d’un vernis, les parties où la couleur ne doit pas s’appliquer, en laissant libres les parties de l’écran correspondant au dessin ; l’encre est appliquée à travers les parties perméables de l’écran à l’aide d’une raclette ; chaque couleur nécessite la préparation d’un nouvel écran. Les écrans peuvent soit être préparés à la main par l’artiste, soit par un procédé photochimique qui permet de reproduire à plus grande échelle.

Andy Warhol a utilisé ce procédé photochimique pour exécuter des sérigraphies originales assez nombreuses ; une sérigraphie peut avoir une valeur proche d’une lithographie lorsqu’elle est faite directement par l’artiste. Les artistes contemporains utilisent aussi la sérigraphie pour faire un fond (par exemple à partir d’une photo) qu’ils traîtent ensuite pour créer une oeuvre particulière, comme Tony Soulié qui projette par sérigraphie une photo sur une toile, y balaye de la peinture comme un voile puis rajoute par endroits une couche de plastic semi-transparent ; alors l’oeuvre n’est plus un simple multiple.

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tempera

désigne uniquement le procédé de détrempe à l’œuf qu’on dit "à tempera" ; c’est une couleur délayée à l’eau additionnée d’un liant à base d’œuf ou de colle, un procédé médiéval toujours utilisé.

Le liant utilisé était une émulsion aqueuse et huileuse à base d’œuf ou de lait de figue, jusqu’au XVIe siècle).

Au XIXe siècle, on s’est servi d’émulsions artificielles : huile de gomme ou de colle ; avantage : un pouvoir couvrant qui permet de pratiquer des glacis, mais si elle se conserve parfaitement dans une atmosphère sèche, elle est très fragile à l’humidité.

D’une pratique peu commode elle sera peu à peu abandonnée à partir du XVe siècle sauf par les peintres qui l’utilisèrent conjointement à l’huile pour les sous-couches.

Actuellement certains peintres la préfère à l’huile ou l’acrylique car seule la tempera permet ces tons sobres, assez mystérieux, mats, un peu sombres ; ainsi, contrairement à l’acrylique qui permet une peinture rayonnante, la tempera donne une peinture absorbante : elle inverse le flux, elle apaise, reste discrète.

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transferts

 

plusieurs moyens sont utilisés, par exemple :
> Seurat pour ses dessins double-faces transparents et flous, couvre une 1ère feuille encrée par une 2è feuille translucide ; par la pression du crayon qui dessine, il y a transfert de l’encre sur le dos de cette 2è feuille ; cela accentue la ligne et y apporte un aléa, du flou et des petits parasites (voir l’image)

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vitraux

la création d’un vitrail traditionnel comprend toujours les mêmes étapes : maquette, calque, tracé des motifs, découpe ou calibrage, peinture ou coloration (la grisaille est une peinture délayable comprenant un oxyde métallique), traitement, coupe, cuisson, sertissage ou montage, pose.
Les contemporains utilisent des techniques variées : inclusion de matières, traitements du verre, assemblage par collage, etc.

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xylographie

procédé d’estampe à partir d’une pièce plate de bois qui est creusée par brûlure, au moyen d’un fer chaud soit directement en creusant des sillons (ce qui créer un master négatif), soit à l’épargne c’est-à-dire autour du motif (ce qui créer un master positif) ; peu utilisé actuellement.
Cette dénomination concerne aussi la technique d’impression par planche de bois supportant l’image gravée

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