prix de l’art : souvent trop cher !

 

le prix des oeuvres est exorbitant !

puisque l’art s’est -parait-il- démocratisé, le prix d’une oeuvre devrait être en rapport avec le pouvoir d’achat, moins lié à un système de cote (réel ou artificiel).

Un paradoxe économique qui montre que l’art s’assimile au monde du luxe :

 

 

 

> accueil d’Almanart

 

 

 

Sophie Calle, Le Major Davel,
sérigraphie, 1994, 162x148
à la Galerie Perrotin en 2014
 

actualité du prix de l’art :

> les oeuvres de Sophie Calle, artiste célèbre chez nous, sont anormalement basses sur le marché coté (de 300 à 10’000€) ; pourquoi ?
> sa production est modérée, elle est peu sur le second marché et visible surtout en institution, comme cette belle exposition fin 2017 au Musée de la Chasse
> comme elle utilise beaucoup les textes, son public n’est que francophone : par exemple dans sa série sur les tableaux "Dérobés", chaque oeuvre assemble une photo d’un emplacement vide d’un tableau volé dans un musée, et une descriptions qu’en font de mémoire différentes personnes le connaissant ; le résultat est pittoresque... comme ce résidu de peinture brûlée où ne subsiste que ce pleureur


focus : prix vente achat oeuvre d’art, prix tableau, coût, prix cote de l’art, coût prix oeuvre art et tableau

 

page en cours de re-redaction en aout 2018

 

deux mondes

... se croisent sur une même passion artistique :

> celui des collectionneurs VIP et leurs 500 artistes mondiaux de la liste Christies, des galeries multinationales, des hautes enchères... Ce monde est utile car il est une locomotive : financière (par les ventes et le mécenat), artistique (les grands salons n’existeraient pas sans elle), didactique (bien des fondations vivent par elle) : l’art leur doit beaucoup

> celui des "amateurs normaux", collectionneurs réguliers ou occasionnels, souvent instruits, passionnés, aisés sans être fortunés... pour eux le prix d’achat se heurte à une limite et les oeuvres convoitées sont souvent trop chère ; cette page est pour eux

 

 

 

l’art n’a-t-il pas de prix ?

correct pour les uns, élevé pour les autres

l’analyse Artprice du second marché 2017 confirme cette structure en deux mondes : il y a césure entre les oeuvres à moins de 5’000$ qui font 80% des échanges (et même 50% pour celles à moins de 1’200$) et celles au-dessus ; en effet le haut de gamme (> 100.000$) ne représente 3% des oeuvres qui circulent dans le monde (structure confirmée par le Conseil des Ventes pour la France), alors que la presse s’en gargarise, donnant une idée fausse de la réalité ;

la réalité en France est que :
> fin 2016 le prix moyen avec frais d’une oeuvre aux enchères est de 13’000€ (chez Artcurial, la 3è SVV en France), soit 4 fois l’ordre de grandeur du salaire moyen brut qui est de 3’300€ (moyenne européenne : 3’000, source INSEE) et 2.5 fois celui d’un cadre qui est de 5000 € (fin 2013, La Tribune) ; ce qui a beaucoup changé en dix ans : ce prix moyen était de 2’800€ en 2005 (source : Le Figaro)

> mais c’est environ 10 fois moins qu’aux USA ; l’art bon marché en Europe ? pour les américains qui y viennent, oui ; pour les Européens, moins...

> la vérité est que si l’art ici semble cher, c’est que le Français a un niveau de vie trop bas pour se l’offrir ! et ce n’est pas la fuite des "riches" en Belgique qui améliore les choses...

> l’évolution dans le temps montre une augmentation relative des oeuvres abordables : de 2008 à 2018 leur proportion sera passé de 30% à 50% des échanges, ce que commente Artprice par " la croissance du marché tient davantage à l’intensification des échanges qu’à l’explosion des prix, sa structure évolue lentement et donne de plus en plus d’importance aux prix inférieurs"

En structure de médiums d’art, la grande proportion 50% d’oeuvres vendues en 2017 à moins de 1.200$ sont des multiples ou des pièces uniques sur papier, mais remarque le rapport Artprice : "cette gamme de prix constitue également la base du marché de la peinture (42%)", ce qui est encourageant pour l’amateur lambda qui peut se faire une belle collection à prix accessible dans ces médiums

En structure de période de création sur dix ans, Artprice montre qu’à part un incident de parcours lors de la crise de 2008, la décompositon des montants est stable depuis dix ans, en gros : 20% d’art ancien, 50% d’art moderne, 30% d’art contemporain

L’art contemporain est-il un bon investissement ? sur 20 ans, oui, c’est bien l’art contemporain qui aura le plus évolué en prix, bien que dans une proportion raisonnable : en 2017, 2,3 fois la mise de 1998 ; mais la période d’or est passée : il est devenu stable entre 2008 et 2017 ; c’est le marché haut de gamme qui est le plus rentable, celle des pièces rares et patrimoniales :
donc en moyenne l’art est une valeur refuge, mais pas du tout le jackpot spéculatif ; sauf dans le haut de gamme pour les bons connaisseurs aisés et bien conseillés ; l’amateur lambda, voulant les imiter, risque d’être déçu... bref, l’art est un terrain volatile, risqué, intéressant surtout pour les initiés fortunés

 

quel prix est-il raisonnable ?

le marché de l’art est de plus en plus démocratique mais est bloqué en France par la stagnation du pouvoir d’achat

alors dans le contexte français 2018, il n’est pas raisonnable de proposer 2000 € une oeuvre d’un jeune bon artiste, pas inconnu mais ayant un parcours en province (car les cotes se font dans les grandes métropoles), ou 4000 € celle d’un autre plus agé, plus connu, ayant exposé à Paris mais pas sur la scène internationale

 

amusant : cette oeuvre de Pascal Maljette a été achetée par
une banque chinoise qui l’a placée dans sa salle VIP ;
elle représente un Yen incrusté autour duquel tournent
une quantité de petits poissons, signe de chance (clic=zoom)
 

l’inadaptation

l’inflation artificielle des prix de l’art contemporain, par rapport à l’art antérieur, est un paradoxe : des artistes ou des marchands proposent des prix élevés pour des oeuvres qui ne le méritent pas toujours, et qui n’ont pas -évidemment- le recul pour juger de leur intérêt sur l’histoire de l’art, s’imaginant que si un prix est élevé des acheteurs vont juger que c’est mérité... un raisonnement basé sur l’industrie du luxe mais qui est déconnecté des réalités économiques exposées ci-avant.

L’augmentation forte de l’offre d’art sur internet, essentiellement des oeuvre à moins de 1’000€, tend à démocratiser le marché en augmentant fortement l’offre et, surtout, sa visiblité. Ainsi sur ce média il y a actuellement un déséquilibre global de l’offre et de la demande (Almanart a posé des marqueurs sur plusieurs sites). Sur ce média très souple on peut trouver des oeuvres moins chères que dans les circuits habituels de vente d’art, avec toutefois des inconvénients graves.
Alors contrairement aux attentes, internet n’est que peu un instrument de démocratisation du marché de l’art.

 

l’aspect patrimonial

le raisonnement patrimonial est important : un amateur qui fait un effort financier pour une oeuvre qui le fait craquer, désormais évalue à priori sa potentialité à conserver de la valeur au cas où, voire même qu’elle gagne un peu.

Concrètement, en qualité de conseillers, nous voyons que les collectionneurs aisés préfèrent dès 2000 ou 5000 €, dépenser pour une oeuvre qui soit crédible sur le plan patrimonial plutôt qu’une autre, c’est-à-dire revendable un jour, bien que sans but proprement spéculatif.
Peu d’amateurs envisagent (même s’ils ne le l’avouent pas) une telle somme sans se poser la question de la valeur ; s’ils consentent à un sacrifice plus élevé, c’est pour un artiste coté et ascendant, situé dans un genre reconnu ; ces collectionneurs feront cet effort une ou deux fois par an, ce qui est insuffisant pour dynamiser le marché.

Et il faut mentalement résister à l’influence du marché très haut de gamme spéculatif, boosté par les liquidités qui ne savent plus trop où se placer dans ce monde instable, et trop répercuté par des médias en mal de sensationnel

 

un marché clone du luxe :

dans n’importe quel secteur marchand, un bien rare donc demandé, voit son prix augmenter ; il en est ainsi de quelques artistes connus ou disparus ; c’est normal. Mais il y a une contrepartie économique naturelle : s’il y a surabondance de l’offre, les prix diminuent et il y a braderies ou soldes ; un raisonnement économique normal.
Mais non ! l’art plastique semble prisonnier d’un principe spécifique : on ne baisse ja-mais les prix ! (du moins en facade, car en période de crise on peut négocier).

Pourquoi ? le marché de l’art est calqué sur celui du luxe : les artistes stars sont des devenus marques qui influencent ceux qui cherchent à le devenir, poussés par des influenceurs (agents, SVV, galeries...) et couverts complaisemment par des médias en mal de sensationnel ; puis cela ruisselle sur le public, de manière similaire au marché automobile où une "BM" vaut plus qu’un autre véhicule similaire uniquement par son logo ; alors les prix sont artificiellement élevés et jamais à la baisse (Vuitton entre autres n’a jamais fait de soldes)

Alors une majorité d’artistes croulent sous des stocks énormes d’invendus et collectionner reste l’apanage des amateurs relativement aisés.
Alors marchands, galeries et artistes doivent se posent cette question : qui sont leurs clients aujourd’hui, y sont-ils bien adaptés ? Et s’ils ne vendent "presque rien" (ce que nous ne cessons d’entendre) : que doivent-ils en conclure ?

 

  > acheter, oui mais alors... combien ?  

 

 

 

 



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las, on n’est plus dans les 70’s, la plage n’est plus ce qu’elle était...

par contre le bien connu artiste suisse Luciano Castelli vous rappelle ces bons moments avec cette lithographie

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