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histoire de la mode (fashion), mode et art

la mode et l’art, une belle histoire

 
dans cette page :
 

 
[par Claude Léger
]

 

 

 

> accueil d’Almanart

jusqu’au 26 juin 2022

quartier de l’Alma Musée Galliera
14 €

10 av Pierre de Serbie

images : exposition Une histoire de la mode les 100 ans de Vogue au Musée Galliera (courtoisie Musée Galliera) / clic = zoom

 

L’histoire de la mode (fashion) est-elle une spirale de créations renouvelées ? On pourrait le croire par certains rapprochements, mais c’est trompeur : par exemple ci-dessous à gauche, le vêtement du 18è siècle est pour homme, celui de droite –2010- l’est pour femme.
Cette page s’appuie sur la mode et l’art au Musée Galliera, où s’exposent trois siècles d’une évolution complexe du vêtement, liée aux techniques, aux voyages, aux mœurs et beaucoup au désir de liberté des femmes. Le besoin de paraître, de parader, "d’être à la mode" (to be fashion), est aussi constant que celui de se protéger des intempéries, ce qui garantit un bel avenir aux créateurs de mode, aux artisans, ainsi qu’aux artistes qui s’y intéressent !

 

 

 

<< Casaquin homme vers 1730
fils de soie et d’argent toile de lin moyen

 

 

 

>> Alexander McQueen
Platos Atlantis 2010 façonné
en soie double sur satin et organza,
imprimé digital en anamorphose

 

clic = zoom
ALEXANDER MCQUEE

 

 

histoire de la mode

 

le 18ème siècle : charnière

s’ouvre une période charnière pour les élégantes où naturel et simplicité (relative) se font jour avec des tissus fins, des mousselines et cotonnades venus des Indes ou du Japon. Finie la monarchie et avec elle les coûteuses et lourdes étoffes brodées d’or et d’argent ; finies les silhouettes empesées, jupons à cercle d’acier et jabots rigides ! place aux coupes -un peu- plus naturelles et plus souples

 

 

 

<< robe à la française vers1760
soie et passementerie

 

>> la route des Indes apporte des motifs
orientaux dont l’originalité fait fureur mais
dont le secret de fabrication -à la fois peint
et teint- reste bien gardé...
jusqu’à ce que l’Europe sache les copier !

 

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A cette époque déjà la mode est tenue par de puissantes corporations, commerçantes et créatrices, travaillant sur mesure et coordonnant tous les corps de métiers

 
le 19ème siècle : boursouflé

de profondes modifications induisent la manière de se vêtir, mais des excès se développent : le corset commande la finesse de la taille, les arrières extravagants comme des poufs portent à son paroxysme la folie de la « tournure »... vint un compromis cape-manteau pour couvrir la fameuse « tournure »... et le tout fera naufrage en1890, victime de sa complexité, mais déjà en 1888 apparaissaient quelques lignes droites plus respectueuses de la morphologie de la femme.

 

 

<< Worth & Bobergh vers1869
soie toile de coton baleines moyen ;
devinez où se cache l’amant !

 

 

>> "visite" taillée dans un
châle de cachemire 1880

 

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l’évolution de la société affecte le vestiaire féminin : la bourgeoisie visite, reçoit, va à l’opéra, voyage ; chacun de ces moments nécessite une tenue spécifique codifiée, un vêtement portera même le nom de « visite ».

L’industrie textile se transforme avec l’impression au rouleau qui offre aux créateurs de nouvelles possibilités de reproduction de dessins ; les sciences naturelles leur font connaître les plantes et graminées, sources d’inspiration pour l’ornementation.
Si le mouvement hygiéniste apporte le « linge de corps » aux femmes soucieuses de bienséance, pantalons et cache corsets augmentent la masse déjà impressionnante de jupons et autres fichus...

 

début du 20ème siècle : exubérant

1910, voici Poiret le magnifique ! ainsi nommé par la richesse orientale de ses créations ; s’il libère le corps de la femme dans la journée par des tenues sobres dignes des arts décoratifs, il la pare le soir de fastes exubérants, lumineux, luxuriants. Il invente les accessoires : sacs, pochettes, bas brodés, souliers strassés... un vrai conte des mille et une nuits.
A cette époque, Joseph-Paul Iribe était "le" dessinateur de mode, aussi affichiste, patron de presse et décorateur :

 

 

<< extrait de l’album Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe en 1908
10 planches, 250 ex

 

>> Jean Patou rehausse ses robes de
luxuriantes broderies influencées par
le moyen-orient, en vogue,
composant de véritables tableaux

 

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Dans les années 30 les prestigieuses Madeleine Vionnet et Jeanne Lanvin lancent une mode très sophistiquée qui épouse le corps de la femme en drapés majestueux, longs comme des lianes ; elles contribuent à donner à Paris le nom de « Capitale de la mode » où l’exubérance et la liberté occultent la guerre qui pointe...

Ensuite, même pendant l’occupation, la mode ne cède pas et s’adapte avec rigueur et sobriété : la ligne, avare de tissu, se structure, la silhouette se fait droite et raccourcie sans perdre de sa fantaisie, des matériaux de récupération servent les accessoires...

 

fin du 20ème siècle : révolutionnaire

... puis l’industrie de la mode se relève au début des années 50 avec Christian Dior : foin des privations ! il veut de l’opulence et de la féminité : des épaules rondes, des jupes qui tourbillonnent… bientôt c’est le New Look qui chasse la morosité avec un faste appuyé ; mais ses modèles un peu trop corsetés sont bientôt balayés par une plus forte envie de liberté : le tailleur est popularisé

 

 

<< Jacques Fath tailleur-corset 1954
natté de laine

 

>> Robert Doisneau photographie la
robe Jeanne Lafaurie, chapeau Paulette
sur les tours de Notre-Dame
pour Vogue-Paris, juin 1951 ;
les bibis sont à la mode distinguée

 

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revue Vogue

Les années 60 vivent une vraie révolution avec l’invention du Prêt à Porter ! C’est un tournant majeur car si les couturiers ont libéré le corps de la femme avec le pantalon, les jupes courtes, le short, ils sont restés exclusifs à une clientèle choisie. L’arrivée des USA d’une production standardisée et accessible à tous bouleverse le monde de la couture. Certains comprennent les enjeux tel Yves Saint-Laurent qui commence par décliner ses modèles haute couture en prêt à porter, puis crée de véritables lignes parallèles. De nombreux créateurs déposent leur propre griffe.

Cet élan est amplifié par les revues de mode : un premier numéro de Elle sort en 1945 (date du droit de vote des femmes en France) ; la déclinaison parisienne de Vogue s’éloigne de plus en plus de sa version américaine et impose l’appendice "Paris" sur la vesrion française, qui ne sautera en couverture qu’en... 2021, pour son centenaire !
La ville de Paris, elle, est et reste bien au centre du monde de la couture et toutes les audaces vont devenir possibles

 

 

<< Thierry Mugler :
gauche : Prêt à porter, robe-manteau 1986 velours brodé de strass en verre et cristal sertis
droite : Haute Couture, veste du soir 1984

 

>> Prêt à porter décontracté,
typique de la mode populaire des années 80,
jean, pull ample, baskets
(source inconnue)

 

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mode actuelle : bouleversée

au nouveau millénaire, toujours entraînées par la haute couture qui perdure, les recherches s’activent sur le rôle du vêtement, sa construction, la fluidité obtenue par des matières très techniques.

Les accessoires prennent une importance jamais vue, business oblige, et il faut bien leur trouver un écrin... :

 

<< Mario Testino shoote Réjouissances
pour Vogue février 2007
avec Patricia Schmid qui porte parfum et maquillage Chanel et ceinture Dolce & Gabbana ;
inspiré par Marilyn Monroe déclarant ne coucher qu’avec une goutte du parfum Chanel N°5 en 1952

>> Junya Watanabe prêt-à-porter
Comme des Garçons 2015
gaze polyester simili cuir jersey nylon cuir

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Bientôt s’ajoute un engagement écologique : les collections de haute couture comme de prêt à porter interrogent la société, son environnement et la durabilité de la mode.

 

Dès le nouveau millénaire, internet pousse à la mondialisation de la mode, désormais pensée à l’échelle planétaire. Les mannequins deviennent des stars et réciproquement :

<< Inez & Vinoodh shootent Gisèle Bundchen pour Vogue
juin 2012, une photo qui a fait le tour du monde sur les réseaux
sociaux (et pas seulement pour le maillot de bain Eres...)

 

(courtoisie Vogue Paris)
clic = zoom

Mais dans le passé aurait-on oublié les hommes ? en effet l’habillement masculin avait perdu les somptueuses fantaisies des siècles anciens ; il est resté cantonné depuis 100 ans à l’uniforme du costume sombre ; mais en 2010, le costard se rebiffe et fait sa révolution : foin du 3 pièces, c’est l’éclosion du casual, coloré, souple, confortable. Timidement la mode homme devient aussi recherchée et spectaculaire que la mode féminine et défile avec... ou sans les femmes ; le retour des Dandies !
A quand les enfants puis les animaux de compagnie ?

 

l’art séduit la mode, et réciproquement

mode et art plastique sont complices depuis le début ; notamment pour communiquer, diffuser et vendre, le dessin de mode a été suivi par la photographie puis la vidéo. Mais la collaboration va dans l’autre sens : des oeuvres d’art inspirent des vêtements (comme l’inévitable robe Mondrian de Saint-Laurent en 1965) et des plasticiens créent des oeuvres spécifiques :

  Georges Lepape

 

<< Georges Lepape La loge de Françoise
pour Vogue Paris novembre 1922
robe Chéruit

 

>> Antonio Lopez dessine Et pourquoi
pas St-Trop pour Vogue juin 1970
gauche : ensemble Cacharel
droite : robe Tan Guidicelli Micmac

 

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revue Vogue
 

 

 

<< carton d’invitation du
défiléde Sonia Rykiel 1998

 

 

>> Mario Sorrenti shoote Paris mon amour
une création d’Alexander McQueen 2012

 

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des expositions

> Une histoire de la mode au Musée Galliera en 2022
> Les 100 ans du magazine Vogue au Musée Galliera en 2022
> la mode et le textile au MAD (cliquez sur "mode et textile" dans la page)

 

 

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