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collectionner de l’art numérique

 

collectionner de l’art numérique, une gageure ?

de plus en plus d’artistes actuels utilisent le numérique pour créer, simplement parce que les plus jeunes sont nés dedans ; cela leur est aussi naturel que de peindre.
Mais les collectionneurs suivent-ils ? rarement : contrairement aux genres relativement récents comme la vidéo ou le street art, l’art numérique (ou art digital) est peu présent sur le marché ; pourquoi ?
Dans cette page :
 

 

 

 

 

Mike Winkelmann
Everyday : the First 5.000 Days, 2020
(courtoisie l’artiste)
clic=zoom

actualité de l’art numérique : les NFT débarquent :

> ce collage "Everyday : the First 5.000 Days" réunit 5000 images numériques, postées chaque jour sur Instagram par Beeple (Mike Winkelmann, né en 1981), ceci pendant 13 ans depuis 2007 ; chaque image peut être agrandie
> en avril 2021 Christie’s l’a vendu 70 millions de dollars, un événement qui a fait le tour du monde
 > pour nous, cet assemblage d’images fait durant 5000 jours n’est qu’une compilation journalistique, une performance mais au résultat artistique modéré ; plus un coup spéculo-médiatique qu’un "nouveau chapitre dans l’histoire de l’art" que prétend l’artiste dont les chevilles ont dépassé ses chausses...
> ce qui est intéressant, est que cette oeuvre s’inscrit dans un nouvel espace du marché de l’art : les NFT (voir ci-dessous)

 Mike Winkelmann Beeple

> accueil d’Almanart

> sommaire collectionner  


focus : collectionner l’art numérique ou l’art digital ; digital art et collections numériques

 

 

 

un boom d’événements

 
installations mixtes et créations numériques abondent, surtout dès 2017 et 2018 avec les méga démonstrations 1,2,3 Data à la Fondation EDF, TeamLab à La Villette, l’Atelier des Lumières ainsi que des foires spécialisées dans le Grand Paris : Variation, la Biennale Némo, la Semaine Numérique, la plus grande étant Loop à Barcelone.

 
Miguel Chevalier, Fractal Flower,
sculpture-3D, vers 2012
(courtoisie l’artiste)

Ces manifestations sont des foires ou des spectacles grand public, seules quelques rares galeries occupent ce terrain qui reste spécialisé, comme la Galerie Charlot qui défend cet art depuis plusieurs années avec succès.

Par ailleurs plusieurs studios de création développent ces techniques mais les appliquent plutôt dans le domaine publicitaire, cinématographique ou événementiel (défilés de mode, commémorations...), qui revêtent un caractère artistique prononcé sans être forcément de l’art

> cette délicate sculpture en impression 3D de l’artiste Miguel Chevalier est présentable en appartement ; c’est une sculpture imprimée par ajouts microscopiques de matière résineuse en volume, par une "imprimante 3D" pilotée par ordinateur, à partir d’un logiciel 3D de conception

La lenteur du marché est aussi une question de génération ; par comparaison le street art a mis un demi-siècle pour devenir un must sur le marché : il faut du temps pour que la génération des acheteurs rejoigne celle des créateurs, lesquels étaient très jeunes à l’époque où cet art était encore d’avant-garde ; l’avant-garde se vend peu, elle doit devenir commune pour s’imposer sur le marché

 

...mais un flop du marché

 
car en effet, les créations artistiques numériques sont quasi absentes des lieux où l’on achète de l’art : ni dans les foires généralistes, ni dans les enchères, ni dans les galeries ; elles sont achetées principalement par les institutions et sur commande ; car le marché ouvert admet surtout les réalisations accrochables ou présentables et rechigne aux dispositifs électroniques compliqués à mettre en oeuvre chez soi. Revue des freins, qui ne sont pas prêts d’être levés

 les risques techniques

> la facilité de reproduction des fichiers fait craindre la reproduction sauvage et les faux ;
sauf pour la photo numérique, car un cliché est matérialisé lorsqu’il est printé sur un support et signé, ce qui n’est pas le cas d’une oeuvre virtuelle devant être projetée sur écran

> l’obsolescence : vous aviez acheté dans les années 80 une oeuvre livrée sur cassette analogiques VHS voire sur Super8 ou 16mm : le lecteur préhistorique compatible livré -parfois- avec l’oeuvre est-il encore opérationnel ? quand aux DVD ils sont déjà supplantés par les clés USB, qui le seront par un accès au Cloud (le nuage délocalisé) : cette course incessante et rapide terrorise les collectionneurs ;
quant aux normes techniques, elles ne cessent de changer voire disparaissent ; raison qui fait que les vidéos sont peu nombreuses sur les sites internet pérennes (les blogs et réseaux sociaux sont éphèmères) : les formats y sont plétoriques et peuvent disparaître (comme Flash par exemple)

> la durée de vie de l’oeuvre dématérialisée ; on doute de la fiabilité à long-terme des supports numériques : les DVD se dégradent au bout de quelques dizaines d’années, les clés USB et les disques durs ne sont pas à l’abri d’un effacement... réalité : les vieux supports analogiques sont plus fiables, ils ne se dégradent que partiellement et sont réparables ; conservez vos vieilles K7 et VHS !

> la maintenance : tous les dispositifs numériques sont conditionnés par leur maintenance techniques qui implique outils et compétences, alors qu’un tableau contemporain pourra toujours être restauré ; le domaine de l’art n’a pas de service après-vente, l’accès même à de la maintenance est douteux (remplacer les pièces du support, convertir l’oeuvre sur un support plus récent...)

> l’intégration dans une installation : les vidéos et effets interactifs sont parfois inclus dans des installations physiques ; par exemple lorsque Tony Oursler projette ses têtes sur des boules, un réglage précis de la géométrie est nécessaire, ainsi que celui du son ; même si un mode d’emploi est livré avec l’oeuvre, cette complexité est hors portée du collectionneur particulier

 

Les créations numériques qui s’affranchissent de ces inconvénients sont des oeuvres, certes produites par des outils numériques, mais qui auront pris une forme traditionnelle comme la photo ou la sculpture 3D

> un artiste célèbre et pourtant âgé : David Hockney, a été précurseur d’oeuvres peintes sur smarphone ou sur tablettes puis printées ; elles ont un charme particulier dû bien sûr à son talent mais aussi au procédé ; c’est ce type d’oeuvre d’origine numérique mais accrochable intéresse les collectionneurs

 

David Hockney, The Arrival of Spring in Woldgate,
East Yorkshire, 19 May 2011
(courtoisie Galerie Lelong)

 

les freins psychologiques

> le temps de contemplation : si vous pouvez admirer un tableau en plusieurs coups d’oeil, une oeuvre numérique en mouvement nécessite que vous lui consacriez le temps incompressible décidé par son créateur, pas celle de votre disponibilité ; d’où l’impatience fréquente devant une vidéo

> l’indiscrétion : un tableau, une photo, reste bien sage dans son coin, attendant votre bon vouloir ; une vidéo en boucle vient se rappeler à vous du coin de l’oeil, quelle que soit votre disponibilité ; si pour éviter ce trouble vous coupez le support, une manipulation sera nécessaire pour le rallumer ce qui peut couper l’envie spontanée de le faire ; de plus une oeuvre numérique est généralement sonore...

> la reconnaissance sociale : votre visiteur, par un coup d’oeil sur le tableau derrière vous, saura que vous êtes un collectionneur avisé, personne de goût et d’art :)
alors qu’il vous faudra l’immobiliser fermement pour qu’il accepte que vous mettiez votre projection en route et le colliez devant un écran la durée nécessaire...

> la phobie technique : l’art c’est aussi la contemplation sereine, un havre de paix ; or l’envahissement technologique est tout le contraire : lorsque vous aurez fini de vous battre contre votre ordinateur, votre smartphone, votre monstrueuse TV et ses 5 télécommandes, votre voiture ou votre lave-vaisselle connectés, votre chien robotisé, aurez-vous encore envie de vous bagarrer pour "consommer" de l’art ? moi pas.

Oui, et bien, ce n’est pas gagné...

 

un marché virtuel ?

 

Mike Winkelmann Beeple

Mike Winkelmann (Beeple)
Everyday the First 5.000 Days, 2020
(courtoisie l’artiste) clic=zoom
 

> après qu’en avril 2021 Christie’s ait vendu 70 millions de dollars cette oeuvre virtuelle de Beeple, on se demande s’il y a vraiment un avenir radieux aux oeuvres virtuelles, pour un collectionneur.

Ces créations numériques dématérialisées, sans aucun support physique, ne sont visibles que par un outil numérique connecté sur le web.
Deux avantages : vous pouvez la voir depuis n’importe où ; et théoriquement sa "propriété" peut être partagée entre plusieurs amateurs, ce qui suppose un changement de mentalité qu’on est pas prêt de voir se généraliser...

> "Everyday : the First 5.000 Days" réunit 5000 images numériques, postées chaque jour sur Instagram par Beeple (Mike Winkelmann, né en 1981), ceci pendant 13 ans depuis 2007 ; chaque image peut être agrandie

Cette vente record dévoile une évolution sur le marché de l’art, où la technologie numérique vient s’imposer (au marché plus qu’à l’art lui-même car la création numérique n’est plus une nouveauté) ; deux éléments l’expliquent, qui sont assez peu artistiques : l’arrivée de la technologie de la blockchain et la mode :

> en 2020 des montagnes de liquidités cherchent à se fixer quelque part : l’art est un refuge, mais à condition qu’il soit sûr ; or dans le haut de gamme les faux abondent, notamment en oeuvres numériques (un fichier jpg ou mp4 se copie à l’infini sans dégradation) ; ce pourquoi le marché ancien se porte bien, les oeuvres rares étant toutes inventoriées ; pour les oeuvres récentes se pose donc ce problème aïgu...
et là, la nouvelle technologie de la blockchain intervient : elle permet de marquer une oeuvre d’art (numérique ou physique) et de la documenter de manière inviolable : un nouveau marché de la sécurité s’ouvre

> de nombreux aventuriers geek se sont enrichis sur le marché financier du tocken (jeton virtuel), que ce soit en bitcoins ou ethereum (d’autres ont beaucoup perdu...) ; comment convertir cette fortune virtuelle en monnaie trébuchante ? mais sur le marché de l’art ! où de nouvelles plateformes proposent des transactions en monnaie numérique pour des oeuvres numériques, comme Nifty Gateway ; mais là, on est dans la spéculation à 360° : Nifty concerne toutes sortes de créations, artistiques, celles des marques de la mode et... du sport (voyez leur argumentaire) !

Ainsi c’est la conjugaison de la sécurisation du marché de l’art et de la disponibilité d’argent, plus un zeste de fascination techno, qui créent cet engouement pour les transactions numériques ; une mode qui pourra un jour constituer une bulle, et une belle...

 

 

quel avenir pour les NFT ?

si nous sommes sceptiques sur la pérennité de l’art virtuel en tant que collection artistique, nous adhérons à l’usage des NFT comme système inviolable de documentation et titre de propriété :

le NFT (Non Fongible Token) appelé aussi Nifty est un jeton virtuel formant un titre de propriété, fonctionnant (comme une cryptomonnaie) sur la blockchain, donc unique, sécurisé et inviolable ;
il peut être rattaché à n’importe quel élément ou objet, de préférence virtuel, donc à une oeuvre d’art, qu’il authentifie ; seul le propriétaire anonyme connaît la clé d’accès (s’il l’a perd, aucun autre moyen d’y accéder !).

  CryptoPunks  

Par contre des utilisations liant l’art et le luxe émergent ; par exemple la start-up française Coinception (bien trouvé !) réalise des oeuvres pour des grandes marques afin de les caractériser visuellement de façon sécurisée, les accompagnant dans leur communication sur le web, le milieu naturel de ce marketing ; on est plus dans l’art publicitaire que l’art pur (bien que des pubs artistiques soient sublimes, mais les meilleurs vont au MAD, pas au MAMVP !)

> la 1ère initiative de ce genre ont été les CryptoPunks en 2017, petits objets crypto collectors ; la créativité de ces "illustrateurs 3.0" est remarquable, la folie des collectionneurs fait le reste (il y a bien des gens qui spéculent sur les pompes - pardon : les baskets, pardon : les sneakers...)

 

l’art numérique sera peut-être un succès populaire lorsqu’il sera proposé sous forme d’un service ; par exemple distribué à partir du Cloud (le nuage numérique), sous forme de streaming comme la musique, accessible sur n’importe quel appareil nomade (tablette, smartphone) ou fixe (ordinateur, TV) ; mais cette forme est d’usage, et non possessive, non transmissible, impossible à inclure dans un patrimoine, ce qui l’exclut du marché spéculatif de l’art et rend caduque la notion de collection privée.

 

 

 > achat-ventes de particulier à particulier

 

> Almanart annonce des oeuvres, pièces de design ou décoration, à vendre de gré à gré directement sans intermédiaire

> vous êtes vendeur ? vous êtes acheteur ou curieux ?

 

 



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lundi 28 : la grande vente à Drouot

enfin ! sans doute la plus vaste vente d’art et design contemporain à Drouot 
de la réouverture ; en live et en salle !

des pièces abordables, entre 100€ et 10’000€
voyez le catalogue
 


 

une KONSTellation d’art

dans le Marais, un parcours guidé dans 11 lieux d’art, à l’occasion du 50è anniversaire de l’Institut Suédois

 

du 29 juin au 4 juillet 2021

 


 

dévoilées !

 


Almanart cite souvent Les Atamanes, notre partenaire qui fait un formidable travail pour faire connaitre des artistes qui passent dans les mailles du filet de la mode

voici leurs jolis sourires, révélés par le dernier Marie Claire Maison.

 


 

inauguration des Sources de Paris !

mardi 15 juin 2021, inauguration de la restauration des deux fontaines de la place de la Porte de Saint-Cloud

dont les reliefs de Paul Landowski
sont typiques Art Déco

à voir ici


 

le Sm’art, ce sera en septembre

 

pas de risque ! elle est la rare grande foire d’art en plein air, dans un parc !

Sm’art à Aix en Provence se tiendra du 23 au 27 septembre 2021

artistes et galeries :
inscrivez-vous ici

 


 

retour à une nouvelle adresse

la Fondation Pernod Ricard réouvre côté St-Lazare, avec salle d’exposition, café, bibliothèque et auditorium

avec une exposition "joyeuse, baroque et jubilatoire", tout ce qu’il nous faut !

entrée libre

 


 

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(Almanart est annonceur, pas place de marché)


 

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