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la BD artistique

 

La BD*, un art qui peut être plastique !

Bande Dessinée : une appellation trop vaste pour trancher clairement la question "est-ce de l’art plastique ou non ?" ; d’ailleurs les américains déclinent plusieurs genres bien distincts.

Prenons l’affaire sous le seul angle des qualités esthétiques d’une création bédé, ce qui élimine du domaine de l’art nombre d’auteurs (4000 publications/an en 2014) souvent médiocres qui surfent sur une vague qui se développe plus sur la simplicité de lecture que sur la qualité, sans parler des scénarios bêtifiants : dans cette discipline plus les autres, il y a une échelle de qualité brutale.

Nous nous concentrons donc sur le meilleur du graphisme, en prenant pour exemples quelques "grands". Et nous étendons le "mode bédé" sur l’art plastique narratif qui s’inspire de la succession d’états qui forme son fondement

* BD : attention, abréviation dangereuse ! Elle est peu appréciée des connaisseurs qui lui préfèrent "Bande Dessinée" en toutes lettres ; mais c’est un peu long pour nous...

 

 

 

Le Diable à Paris et les Parisiens,
Moeurs et coutumes...
1846, Ed.Hetzel, 2 volumes
(courtoisie Maison de Balzac)
... clic = zoom
 

le style BD illustré par une exposition :

> découvert dans un petit coin de l’exposition Romantisme au Grand Palais, cette curiosité qui pourrait, elle aussi, revendiquer la paternité très partagée de la Bande Dessinée !
> elle moque les moeurs des parisiens de la Belle Epoque qui, Paris étant un centre du monde de l’art, ne se prenaient pas pour la queue de la poire
> mais quelle idée novatrice de décomposer la narration en cases formées par les appartements d’un immeuble hausmanien
> ce genre littéraire s’appelait "littérature panoramique" explorait les moeurs et décrivait les types, particularités et mondanités de la cité
> se reporter sur l’article sur cette exposition (en ligne fin mai ; merci

 

 
> accueil d’Almanart
> sommaire thèmes

focus : BD, bande dessinée, comics, histoire de la BD, Enki Bilal, Mangas, dessinateur de BD, le 9ème art la BD

 

 

la BD vient de loin

sans vouloir refaire l’histoire de la BD, remarquons simplement que les dessins en forme de bande dessinée, ou racontant une histoire par épisodes, remontent à un siècle et demi ; et la dispute de son origine reste vive :

> des spécialistes désignent précurseur l’allemand Wilhelm Busch qui commença en 1859, par le fait qu’il s’éloigne de la caricature pour conter une petite histoire

de Wilhelm Busch ? Max & Moritz, 1865

 

> or il y a plus ancien ; à Genève les Suisses brandissent l’Histoire de monsieur Jabot, 1831, de Rodolphe Töpffer, qualifiée de "littérature en estampes"

  Max et Moritz Wilhelm Busch

> et comment ignorer les américains, ces rois des "comics" ? ils rappellent que la vraie première BD, celle-avec-mots-qui-sortent-de-la-bouche (des phylactères) est The Yellow Kid (Le gamin en jaune) de Richard Outcault, publié en masse dès 1896 dans le journal New York World de Joseph Pulitzer, l’homme à l’origine du Prix du Journalisme

 

Richard Outcault, The Yellow Kid
(Le gamin en jaune), 1896
clic=zoom
  Richard Outcault Yellow kid

 

 

 

Bilal le Grand

les connaisseurs ont depuis longtemps reconnu comme "artistes" (et pas seulement illustrateurs) des dessinateurs comme Hergé qui a promu la "ligne claire", ou récemment Hermann Huppen (dans le genre western) et Stewart Cowley (dans le genre sciences-fiction), parmi d’autres ; mais auprès du grand public, l’artiste qui a fortement élevé la BD comme un véritable art graphique, est Enki Bilal

Enki Bilal est devenu une star très médiatisée : interviews, expositions en galeries d’art : on s’arrache ses planches originales dans les ventes aux enchères ! on est moins dans l’édition que dans l’art contemporain ; l’album devient presque un sous-produit...
Né à Belgrade et installé à Paris dès 1960, Enki Bilal crée des albums depuis 1972 ; il a reçu le Grand Prix du Festival de la BD d’Angoulême en 1987. La création de la Tétralogie du Monstre remonte à plus de 10 ans… entrecoupés d’un long métrage qu’il a réalisé lui-même : sa passion pour le cinéma se ressent bien dans ses oeuvres graphiques qui utilisent certains de ses procédés, quelques compositions pourraient être vues à travers une caméra ; ce long délai de création plastique montre aussi combien il s’attache à la soigner.

Des sites consacrés à Enki Bilal : clic, clic et reclic

Enki Bilal

Enki Bilal
clic=zoom
  Enki Bilal Tétralogie du Monstre
estampe créée pour la sortie de la Tétralogie du Monstre

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"Bilal est une passerelle entre la BD et l’art contemporain" (2009, Eric Leroy, expert chez Artcurial)

 

La sortie de l’intégrale du Monstre en novembre 2007 fut un événement mis en scène par Agnès-b (mécène d’art contemporain) et Christian Desbois (galeriste d’Enki, décédé), qui ont présenté cinquante gouaches originales dans un florilège d’événements.
Ses héros, vous les connaissez ! Pour l’événement, Bilal a créé spécialement cette estampe numérotée, signée et tirée à 300 exemplaires ou disponible sous forme d’affiche à 1000 exemplaires.

  Enki Bilal Le Vaisseau de Pierre
Le Vaisseau de Pierre, 1976, encre de Chine, gouache, 32x26

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Déjà en novembre 2007 Artcurial a mis aux enchères plus de 600 documents de BD, dont quelques Bilal absolument craquants ; l’estimation d’un acrylique de Bilal tournait alors autour de 3’000€, montant explosé depuis... cette pièce exceptionnelle, ancienne et très rare, était estimée à 35’000€ ;
en avril 2019 chez Artcurial, ses planche (acrylique, gouache et pastel) sont parties entre 40 et 100’000 €...

 

 


publi-information partenaire . la BD chez les Atamanes :

Dick Higgins  

> Les Atamanes rappellent comment se conçoit une BD et vous proposent quelques planches originales à petits prix

Akira Toriyama, celluloid

 

 

clés de compréhension :

utilisons le succès d’Enki Bilal comme modèle de compréhension de ce qui le différencie des bdéistes tout-venants :

auprès des collectionneurs d’art, c’est la qualité de la case qui prime (une fois la qualité de l’album étant établie par ailleurs)

  Enki Bilal Tétralogie du Monstre
travail effectué
pour la page 56 du Sommeil du Monstre,
2007, Casterman

clic=zoom

or Enki Bilal réalise ses albums case par case, comme un tableau (et non planche par planche), utilisant encre, pastel, acrylique... sans bulle textuelle. La plupart des cases est d’un esthétisme fouillé, comme celle-ci : dessin à l’encre rehaussé, gouache…
Cet original peut-être considéré comme une oeuvre d’art à part entière par un amateur d’art plastique

 

Courtoisie des images Bilal : Enki Bilal chez agnès b. © 2007 Enki Bilal, Casterman et Almanart.

côté grand public (qui s’intéresse à l’album plutôt qu’aux cases) c’est la qualité de ses scénarios ; ils sont intelligents, évitent la mièvrerie et ont souvent une racine historique presque documentaire ; c’est assez rare dans l’énorme production BD produite quasi-industriellement ; pour être un bon artiste en ce domaine, il faut des capacités littéraires et plastiques, une raison pour laquelle les albums sont parfois réalisés en équipe

Enki Bilal (ou d’autres) risque-t-il d’en fait-il trop ?
depuis l’explosion de sa cote, l’original d’une case d’un album Bilal est susceptible d’être vendu comme un tableau signé, ceci entre 10 et 50’000 € la case-tableau ; c’est bien tentant, les marchands poussant dans ce sens... c’est aussi un risque pour le collectionneur, surtout en cette période de... bulle (voir ci-dessous)

la technique de production de BD évolue en se rapprochant du cinéma ; des artistes qui travaillent en partie sur ordinateur (on les compend) se coupent alors de la possibilité de vendre une case comme un tableau (fait à la main et pièce unique) puisque le médium est un fichier ; ils se situent dans le domaine des multiples ;
quant aux auteurs qui travaillent en équipe et/ou opèrent comme salariés d’un éditeur, ils sont liés par le droit d’auteur et le droit du travail qui ne leur donnent pas liberté d’agir à leur guise si un jour ils sont assez connus pour vendre des "tableaux" issus de leur production chez l’éditeur

la bulle va-t-elle faire "pchitt" ?
les ventes aux enchères, surtout depuis 2014, montrent une inflation stratosphérique en nombre comme en cote des planches originales... c’est fou de ce qu’on trouve dans les archives... On n’est plus du tout dans le cercle nostalgique des souvenirs d’enfance, mais dans la spéculation et le mimétisme irraisonné : "à suivre..." comme disent les auteurs

 

 

 

Marjane Satrapi : ciné, BD et peinture

autre type d’approche, la peintre-bédéiste : Marjane Satrapi est une artistes multidisciplinaire : cinéaste et dessinatrice BD connue, mais aussi peintre ce qui explique son gaphisme dépouillé très soigné comme sorti des années 30

> elle expose ses peintures pour la première fois en janvier 2013 à Paris et chez de Noirmont !

Marjane Satrapi, ST, 2012
acrylique, 150 x 100
(courtoisie Gal. de Noirmont) clic=zoom
Marjane Satrapi

 

.
la critique de l’humoriste Philippe Bouvard [Figaro Mag du 19/07] :
"BD : régression littéraire érigée en phénomène artistique" ... "les onomatopées et borborygmes traduisent les soubresauts de l’âme quand ils atteignent les lèvres" ... "si Flaubert avait travaillé avec un dessinateur, Mme Bovary serait morte en faisant ’gloup !’"
.

 

 

 

les cousins

BD et art des rues :

l’art des rues et l’art de la BD sont très proches : les points communs ? Les bulles de paroles, les personnages mis en situation dans un recoin de mur servant de case, la cinématique obtenue par déclinaison de dessins successifs, les formats de certaines lettres (exclamations, bruits...)… graffitistes et bédéistes sont dans un même monde !

> question : sur l’image de droite, 3 artistes sont intervenus : qui donc ?
réponse et plus d’infos sur ce cousinage : clic !

 

nemo, jef aérosol et mosko
rue d’Ulm
.
clic=zoom

 

BD et Figuration Narrative :

la figuration pratiquée par des artistes de haut niveau peut aboutir à raconter une histoire en une seule case, pardon : un seul tableau...

> ici le cousinage se révèle par la situation, qui est directement compréhensible, par la modernité des tenues des personnages et par l’aspect artificiel (au sens bédé) des visages...

Kosta
Kkulundzic,
huile, 07
(courtoisie
gal.Danysz)
.
clic=zoo
Kosta
Kkulundzic

> la Figuration Narrative, elle, emprunte à la BD de manière très marquée pour certains de ses représentants, comme Erro par exemple :

 

 

 

 

 

techniques des BD artistiques

 

Erro, Honk, huile
(courtosie gal.Carré)
Erro Honk

Bernard Desbois, éditeur et galeriste passionné de BD artistique (décédé en 2010) a montré la fabrication des oeuvres et des albums de Bernar Yslaire lors de sa rétrospective décembre 07 :

  Bernar Yslaire La Guerre des Sambre
Bernar Yslaire,
série La Guerre des Sambre, 07
(courtoisie gal.Desbois)
clic=zoom

> nous dirions volontiers, voyant ces deux images :
La belle dame enlevée,
De nue s’est enfin habillée

mais ce n’est pas le sujet de cet album !

> remarquez que la couleur rouge apporte à l’image finale un surcroît d’intensité dramatique et l’équilibre remarquablement.

 

 

 

l’apport des Mangas

en japonais ce terme désigne depuis le XVIIIè tous les dessins populaires, puis au XXè il s’est étendu aux dessins japonais traités en bandes, genre apporté par les américains ; maintenant par le succès du style au Japon puis partout, il désigne par extension toutes les BD qui respectent plus ou moins les codes des productions japonaises ;
bien qu’elles soient généralement de piètre qualité, sur supports jetables, en noir et blanc (notamment au Japon où le terme signifie à peu près "dessin rapide et divertissant"), on ne peut ignorer leur apport artistique

> exemple d’influence du style manga sur l’art actuel : l’artiste japonais le plus connu, Takashi Murakami, défendu en France par la galerie Perrotin, qui a eu une grandes exposition à la Fondation Cartier en 2002 et a investi le Château de Versailles en 2010 ;

il s’inspire de la culture manga pour créer des oeuvres qui n’ont rien de BD : dessins, prints, sculptures qui touchent tous les sujets que ce soient les mais vénéneuses fleurs de printemps (devenues son emblème), petits bonhommes enfantins, jeunes érotiques aux grands yeux, ou au contraire science-fiction ou macabres comme les champignons nucléaires ; le tout avec un sens du commerce avancé et des usines de (re)production qui déclinent ses oeuvres en posters, ballons, livres et autres objets populaires comme c’est le cas de tous les éditeurs de BD à succès...

  Takashi Murakami
Takashi Murakami
(courtoisie gal. Perrotin) ... clic=zoom

 

 

 

 

en savoir plus :

> le Festival international de la bande dessinée à Angoulême
> chronologie de la BD
> des planches chez Les Atamanes

 



 

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