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Alain Lamaignère : l’art chez les gens

 

 

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Alain Lamaignère

un parcours varié l’aura amené à soutenir les plasticiens de manière constante : de la pub, il est passé galeriste, co-fondateur de Découvertes au Grand Palais, découvreur de talents en Afrique, Directeur Artistique de la Foire de Strasbourg, co-fondateur d’Art-Paris ; puis de 2005 à 2008 Commissaire du Salon d’Art Contemporain de 92-Montrouge (connu pour ses découvertes de jeunes européens), éditeur d’art et en 2013 fondateur de Saga (Salon des éditions multiples)

 

 

Almanart : le grand public s’intéresse désormais beaucoup à l’art contemporain, pourquoi ?
Alain Lamaignère : il y a sans doute un effet d’entraînement mutuel ; transposons : en 2005 lorsque je m’étais demandé que faire pour le 50ème anniversaire du salon de Montrouge, j’ai regardé ce qui s’était fait il y a 50 ans : il y avait eu notamment une grande exposition comprenant Vasarely qui, alors, avait publié le "Manifeste Jeune" ; qui disait que l’ancien, c’est ce que les gens ont l’habitude de voir tôt dans leur vie, alors ils le comprennent !
Conclusion : il ne sert à rien d’expliquer, il faut montrer, créer des événements, faire appel aux medias, communiquer, montrer, communiquer sans relâche pour que l’art entre dans la vie des gens, qu’il devienne quelque chose de quotidien, de normal. Donc plutôt par la presse grand public car la presse spécialisée touche les initiés : la philosophie de Vasarely reste valable.

 

At : la transversalité de l’art contemporain peut-elle contribuer ?
AL : elle peut aider à joindre ce grand public, mais il faut se méfier des phénomènes de mode ; par exemple il fut un moment où la peinture n’intéressait plus beaucoup, sauf les peintres, depuis elle est revenue ; on parle plus volontiers de quelque chose de branché : actuellement la photo, les installations... il y a un moment pour tout.

 

At : danns cet esprit dans quels lieux montrer ?
AL : partout ! Voyez le long des grilles du jardin du Luxembourg : on peut montrer dans la ville, par des projections, par de l’événementiel.
Dans les galeries bien sûr aussi, mais certaines ont eu une mauvaise image, car inscrites dans la mémoire du public comme partenaires du marché et pas du regard ; mais les galeries communiquent souvent très bien : des événements comme les nuits de Saint Germain sont très positifs ; ainsi, lorsqu’elles retrouvent leur fonction, les gens se sentent plus libres d’entrer, de regarder sans obligation d’achat, sans que cela empêche leur vocation de marchands d’art.

 

At : vous avez piloté pendant 4 ans le Salon de Montrouge, consacré aux jeunes plasticiens européens, c’est l’avant-garde...
AL : ... oui, avec plus de 12’000 visiteurs en 2008 dans une ville de 40’000 habitants, c’est quand même fantastique ! (ndlr : voir notre reportage sur le Salon 2009) Et c’est devenu un lieu connu où les galeries viennent chercher des poulains.
At : à ce propos, pourquoi confond-on en France salon et foire ?
AL : un salon est une chose où l’on montre, une foire commerciale en est une autre : on les mélange car ici on a peur de parler d’argent ; il ne faut pas avoir honte de vendre de l’art, de peindre pour vendre... l’artiste vit dans la société, doit avoir les moyens d’y vivre !

 

At : merci de cette vue optimiste !

 

Interview réalisée en 2007 par Alessandra Quaglia, remis à jour en 2009

 



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