tapez un ou deux mots :

contemporain : une définition si simple ?

 

qu’est-ce que l’art "contemporain" ?

c’est une locution si courante ! donc présumée être comprise. Eh bien non, cette définition complexe est souvent discutée, alors :
> quelle différence entre art moderne, contemporain et actuel ?
Autre curiosité : en langage courant cette locution ne désigne que l’art plastique bien qu’elle s’applique étymologiquement à tous les arts... mais au fait :
> qu’est-ce que l’art plastique ?
> qu’est-ce qu’une oeuvre plastique ?
Sujets abscons et rugueux, alors mettons-y un zeste d’humour !
Dans cette page :

 

 

> à voir jusqu’au 14 octobre
2018 au Petit Palais

 

Ito Jakuchu, Canards-mandarins
-dans-la-neige, 1759
(courtoisie Mus-collections-impériales-Tokyo)
clic=zoom

illustration par une exposition :

> s’il y a un thème intemporel, c’est bien celui des animaux ! de tous temps, depuis la préhistoire jusqu’à présent les animaux nous rendent bêtes de tendresse, peut-être parce qu’elles nous caricaturent, nous renvoient à nous-mêmes
> alors n’hésitons pas à sortir de notre créneau moderne-contemporain-actuel et portons nous à la période Edo (1603-1867)
> dans le cadre saisonnier des Japonismes voici Itō Jakuchū (1716-1800), célèbre et vénéré peintre japonais dans une exceptionnelle et trop courte exposition car cet ensemble n’a quitté le Japon qu’une fois, en 2012, pour être présenté à la National Gallery de Washington
> la beauté pure, sans commentaire

 Ito Jakuchu, Canards

> accueil d’Almanart

> sommaire de comprendre

> glossaire !


focus : définition signification art moderne, contemporain, art actuel, art d’aujourdhui ; art plastique et arts visuels

 

une définition si simple...

"Aimez-vous l’art contemporain ?" "oh non, je n’apprécie pas l’art moderne" : bug ! l’art dit moderne s’arrête à la deuxième guerre mondiale ; alors l’art contemporain commence-t-il dès la fin de cette guerre, fin 1945 ?
C’est généralement admis, mais qui pose un problème : elle n’est pas limitée en durée, elle glisse sur le calendrier... et comme les artistes sont mortels (mais si), ils ne seront plus un jour nos contemporains. Pire, pour les "vieux" artistes encore vivants le problème reste : celui qui a commencé sa carrière artistique en 1950 peut-il encore se prétendre "contemporain" en 2017, alors que les gamins qui viennent de sortir des Beaux-Arts se targuent aussi d’en être, les morveux ? qui a tort, qui a raison ?

 

 

 

 

artiste du 20è siècle, tu est décédé ? hop, dans l’trou !

le cas s’agrave encore en considérant l’histoire de l’art (contemporain) :

si notre papy artiste venait à mourir (cas assez fréquent), resterait-t-il encore à son oraison un "artiste contemporain", face à l’Académie qui veille (quand elle ne dort pas) ?
Sacrilège : on ne peut tout de même écarter des monuments comme Pollock, Rauschenberg, Hartung, Warhol, Klein, Sol LeWitt, Fontana, Basquiat et bien d’autres qui, précisément, ont provoqué la transition de l’art moderne à l’étape contemporaine *

Qu’allons-nous faire des papys artistes récemment décédés, s’il ne sont plus dans les "contemporains" et, trop "jeunes", n’ont pas été dans les "modernes" ? Horreur : ils vont tomber dans le vide de la définition, dans l’oubli !

Il va falloir tout de même prendre une décision, et vite car l’eau coule sous les ponts...

C’est alors que dans le milieu autorisé comme on dit, vient doucement, progressivement, sur la pointe des lettres, l’expression "art actuel" ; belle trouvaille, mais… "actuel" c’est tout aussi glissant ?

  artiste contemporain
  * : quelques artistes qui ont ont provoqué la transition de l’art moderne à l’art contemporain :
Pollock pour l’art gestuel, Rauschenberg par son 1er prix de Venise 1964 (marquant la fin de l’hégémonie française), Hartung pour l’abstraction lyrique, Warhol pour l’art multiple, Klein pour le Nouveau Réalisme, Sol LeWitt pour l’art conceptuel, Lucio Fontana pour l’Arte Povera, Basquiat pour le Graffitisme…

 

  concrètement, ce problème s’est posé lors d’un de nos rédactions sur l’économie de l’art. Pour trier les éléments économétriques de la base de données de ArtPrice, il a fallu en cours d’extraction retirer les artistes décédés : donc c’est la définition littéraire qui a primé, ce qui montre combien les statistiques peuvent être relatives

 

 

solution : l’art contemporain est un genre

Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, propose une approche générique pour différencier le genre moderne du genre contemporain, pour s’affranchir élégamment de la chronologie ; elle l’a exposé (avec les textes d’Almanart) dans le n° spécial "Art Contemporain" de Gestion de Fortune de décembre 2008. Voici, accrochez-vous : le genre contemporain "serait transgressif vis-à-vis des contenus avec le Minimalisme, serait transgressif vis-à-vis des contenants avec Support-Surface, serait du bon-goût avec avec le Nouveau Réalisme, serait frontière morals par la provocation ou le blasphème...", bref il n’est pas lié directement à la chronologie.

Elle conclut que "le mot contemporain n’est pas un terme chronologique, mais un terme générique qui désigne une certaine catégorie d’art ; il correspond non à une période de l’art qu’à un certain nombre de critères".

C’est un regard intéressant car il permet de comprendre pourquoi certaines oeuvres créées aujourd’hui n’apparaissent pas contemporaines (mais modernes ou classiques) et que des artistes chronologiquement modernes seraient contemporains lorsqu’on analyse leurs démarches

> Gérard Garouste est souvent comparé au Greco ;
mais l’allusion à Tintin en Chine permet au fin
connaisseur que vous êtes, de ne pas confondre !

 

Gérard Garouste,
Le-Centaure-et-le-nid-d’oiseau, 2013
(courtoisie Galerie Templon )
clic=zoom 

C’est donc une histoire de ressenti ; illustrons cela par la "grande" musique : la musique moderne ou contemporaine sont des genres perceptibles de la musique classique, la première se distinguant d’abord par le dodécaphonisme puis une libération totale par les instruments électroniques, alors que la classique répond à des codes précis et fermés

 

 

l’art échelonné dans le temps

  pour illustrer les époques couvertes par l’art plastique,
adoptez donc cette convention pratique :
  (Tom Newman, artiste) :
"l’art contemporain est à notre époque ce qu’était le rock’n’roll aux années 60"

 

> art classique : ce qui est antérieur à 1848, en se référant au Musée d’Orsay (qui couvre 1848-1914) ; 1848 est hors limite basse pour Almanart

> Belle Epoque : intervalle 1880-1907, correspondant à peu près au Musée d’Orsay

> art moderne : l’entre deux guerres ; plus précisément 1907 (premiers cubistes) -1945, l’apanage du Musée National au Centre Pompidou

> art contemporain : celui qui a révolutionné, popularisé et étendu l’art plastique hors la peinture (dessin...) et la sculpture ; démarre à la fin de la 2ème guerre mais reste sans limite précise... même si l’artiste est décédé

> art actuel  : l’art des artistes vivants d’aujourd’hui dont le style et le propos s’affranchissent des précédentes définitions ; spécialité du Palais de Tokyo

> avant-garde : notion relative et éphémère utilisée pour les artistes actuels en pointe d’innovation

et puis :

> art contemporain (autre définition) : appellation convenue qui couvre tout ce qui est perceptible en tant que genre, selon Nathalie Heinich

> art contemporain (dernière définition) : à utiliser sans modération dans les dîners parisiens

 

 

l’art n’est pas si plastique

contrairement au "tout est art" proclamé dans la fougue 68’tarde, l’art plastique n’est pas étirable dans tous les sens, même à chaud... certes, l’art d’aujourd’hui a un côté spectaculaire limite clinquant, ce n’est pas une raison pour y mettre n’importe quoi pour attirer le chaland ;

ainsi les performances : d’accord lors des vernissage, mais en allant voir une exposition, je ne veux pas aller au cirque... Or, cirque : quelle différence avec performance ? chaud débat : le populisme ambiant pousse l’acteur des rues dans les musées mais jamais, oh jamais, le soi-disant plasticien se verrait au cirque !

> toutefois, nuançons : lorsque Mona Hatoum en 1985 traîne ces lourdes
godasses enchaînes à ses pieds, cela a du sens, c’est un geste
artistique ; mais telle action n’appartient pas à l’art plastique

 

Mona Hatoum, Roadworks, 1985
(courtoisie Centre Pompidou) / clic=zoom 

 

 

donc, une oeuvre dite plastique...

...doit être dans le domaine des images et objets qui peuvent entrer dans un patrimoine artistique, collectif ou privé ; ce qui implique qu’il faut :

1/ qu’elle soit pérenne (notez que la photo d’une performance n’est pas une oeuvre, c’est un document sur l’événement)
2/ qu’elle soit exceptionnelle, se dénote par sa qualité, son esthétique, sa créativité, le message qu’elle porte, son pouvoir émotionnel et culturel… ce qui discerne le dessin d’enfant et celui d’un artiste
3/ qu’elle soit conservable ou collectionnable
4/ qu’elle soit matérielle (notez qu’une vidéo l’est puisqu’elle repose sur un support, comme un tableau sur une toile)
5/ qu’elle ait une valeur marchande, sinon le marché de l’art n’existerait pas et l’on se demande comment les plasticiens vivraient

 en résumé l’art plastique c’est la peinture, la sculpture, le dessin, les estampes (au sens large), les installations, la vidéo, la photographie artistique et tous les mixes de ces techniques, qu’elles soient analogiques ou numériques, si elles sont sur un support pérenne ; point-barre !

 

 

et les arts visuels, c’est quoi ?

les "arts visuels" concernent tout ce qui est perceptible à l’oeil… c’est-à-dire presque tout ; tout dans le sens : rien de précis ;
le terme "arts visuels" est un débarras ouvert à tous excès : publicité, performance, cirque (sport et défilé militaire ?)… le hic : ce ne sont pas forcément des activités artistiques, on n’y différencie peu distraction et culture ; ne pas confondre TF1 et Arte…

 

 

 

 



 

annonces d'événements :


 

MacParis c’est bientôt !

le Cahier d’Automne de MacParis sera
au Bastille Design Center
du 13 au 18 novembre


à MacParis, une des plus ancienne foire d’art actuel de Paris, les artistes vous vendent en direct 

vous pouvez déjà télécharger vos invitations


 

le beau Noël du Géant des Beaux -Arts :

 => n’attendez pas : promo jusqu’au 17 décembre !

> qui est Géant des Beaux-Arts ?


 

un animal entre air et eau

André Margat est un artiste animalier marquant des années 30, dont la bio est très riche

 

ce Cormoran plongeant est une aquarelle disponible chez les Atamanes

 ? qui sont les Atamanes ?


 

Alfons Mucha, affichiste et peintre

les Editions Larousse proposent un livre très didactique, abordable, abondamment illustré

 

à l’occasion de la
rétrospective Alphonse Mucha
au Musée du Luxembourg


 

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Plans et itinéraires du Grand Paris :
Où sont les quartiers d'art ?

 

 

 

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