tapez un ou deux mots :

collectionner des oeuvres d’art multiples ?

 

les multiples peuvent constituer une belle collection d’art !

est-ce du sous-art, cette rare lithographie, cette belle gravure d’un artiste connu, sous prétexte qu’elle est relativement abordable ? donc impropre à une "vraie" collection ?

Erreur ! il existe de prestigieuses collections d’estampes ou de multiples de tous genres.
Collectionnez donc des multiples, mais pas n’importe quoi et encore moins n’importe comment ; mode d’emploi :

Dans cette page :

Les questions techniques, pratiques et juridiques sur les oeuvres d’art multiples sont traîtées ici, sous l’onglet Artistique.

 

 

 

 

Raymond Hains, USA, 1968,
sérigraphie, 60x80, 120ex
(courtoisie Gal. Lara Vincy)
clic=zoom
 

les multiples illustrés par une exposition :

> une des fameuses expressions déformées par effet miroité, de Raymond Hains : USA, 1968, au sein d’une remarquable exposition de multiples allant des années 70 à maintenant, sous le signe de l’humour décalé
> une partie est consacrée à l’album de sérigraphies de Raymond Hains "La Biennale éclatée" (1976) édité par L’Elefante ; il s’agit d’un porte-folio de 7 de ces sérigraphies tirées à 120 exemplaires ; quelques-unes sont aussi disponibles séparément
> à l’origine Hains a développé pour la biennale de 1968 des panneaux de plexiglas reprenant des affiches de quelques pays présents, plus un absent la Chine, déformées à travers des verres cannelés ; par la suite des sérigraphies en ont été tirées
> la Biennale de Venise 2017 consacra une immense salle à Raymond Hains (1926-2005), dont plusieurs multiples viennent de chez Lara Vincy
> à voir jusqu’au 29 juillet 2017 à la Galerie Lara Vincy

Raymond Hains La Biennale éclatée
> accueil d’Almanart > sommaire de Collectionner

focus : acheter collectionner des multiples, collection de multiples estampes lithographies gravures sérigraphies street art

 

page en rééecriture, merci !

 

quelle est la question ?

est-ce possible, valable, intéressant de faire une collection de multiples ?

Car la notion de multiple s’oppose à celle de pièce unique, donc moins rare, facteur important pour une collection. En fait la question se pose autant en terme de "valeur" qu’en terme artistique ; sur ces deux critères, les médiums n’ont pas le même intérêt pour une collection :

> les estampes traditionnelles (liste des techniques d’estampes) viennent d’une longue tradition atistique, toujours vivante : lithographies, gravures, etc ; beaucoup d’artistes choisissent ces médiums pour pouvoir s’exprimer différemment, pas forcément pour accroître leur diffusion ; la lenteur du processus manuel de réalisation et parfois la nécessité de passer par un éditeur renforcent le caractère limité de la production (c’est moin sle cas pour les sérigraphies) ; elles ont leur place dans une collection

> les oeuvres issues de fichiers numériques, prisées par les artistes actuels et tous les jeunes, printées ou sérigraphiées, sont moins prisées par les collectionneurs par leur grands tirages et les risques de reproduction sauvage ; la photographie est traitée ici et les oeuvres numériques là

> les oeuvres dupliquées en grande diffusion n’intéressent pas les collectionneurs sauf pour certains artistes qui s’en sont fait une spécialité, Andy Warhol en tête, ou les artistes des rues qui maintenant entrent dans votre salon : voir collectionner le street art

> les créations graphiques : certains graphistes célèbres sont devenus plasticiens, comme Cislevictz spécialisé dans l’illutration : ses sérigraphies valent entre 1000 et 3000 € du fait de sa grande notoriété et l’originalité de son art, mais vous en trouvez dès 500 € ;
voir sa rétrospective au MAD en 2018

Cislevictz, Empreinte, 1973, 80/100, sérigraphie
(courtoisie MAMVP)

 

 

Cislevictz Empreinte,

> les livres d’artistes : les plus prisés sont les pièces uniques mais ces livres sont très rares ; généralement ils sont produits à quelques exemplaires car doivent inclure des oeuvres originales crées pour chaque livre : voir ici

les multiples ont leur foire d’art : le MAD (Multiple Art Days) à Paris en septembre

 

 

 

collectionneur : combien d’exemplaires accepter ?

les explications et chiffres concernant le tirage, le marquage, l’originalité, le vocabulaire spécifique sont présentées ici, sous l’onglet Artistique

nuancez selon les médias :

> pour les lithographies, sérigraphies, prints la reproduction peut monter jusqu’à 50 voire 300 épreuves selon le marchand, l’ambition de l’artiste, la technologie ou l’époque ; nous, nous n’achetons pas au-delà de 50

22:02 30/09/2011
  cette vidéo (extrait) de Ronald Dagonnier a été présentée par Fog Galerie à NoFound Photo Fair 2012 ; montée sur un socle, elle s’admire de haut à travers un dôme transparent qui accentue l’effet voyeur ; en fait c’est une installation qui ne serait reproduite que sur demande, de manière limitée

> pour les oeuvres numériques (vidéos, photos) le nombre d’exemplaires est difficile à contrôler puisque issus de fichiers informatiques : soyez rigoureux, demandez si c’est l’artiste lui-même qui détient les fichiers masters, qu’il ait signé et numéroté l’exemplaire et qu’un certificat de tirage limité et numéroté soit disponible

> pour les photos évitez les tirages déclinés dans plusieurs formats, sauf si le prix est vraiment bas ; normalement un artiste créer une oeuvre dans un format déterminé, ne laissant pas l’éditeur les décliner à sa guise ; mais les photographes qui ne se revendiquent pas artistes (reporters, mode...) ont plus de liberté et leur prix -sauf exception- devraient être plus bas

 
> pour les photos argentiques le débat se situe plus entre retirages versus tirage d’origine car la reproduction n’est pas aisée, c’est pourquoi certains collectionneurs préfèrent les vintages, moins élevés en nombre et difficiles à détourner : voyez cet exemple

> pour les sculptures la technique conditionne la reproduction, par exemple 8 pour un bronzes, 100 pour un plastique... ; la destruction de l’original (du plâtre ou du moule) peut en garantir l’authenticité, mais qui va vérifier ? Distinguez aussi les fontes d’origine faites sous contrôle de l’artiste de celles faites après son décès, qu’on appelle fontes d’édition, qui d’ailleurs peuvent être de bonne qualité si elles émanent des moules d’origine (qui donc n’avait pas été détruits !), mais alors elles doivent être moins chères.
Enfin, les oeuvres les plus prisées portent une double signature : celle de l’artiste et celle du fondeur (son poinçon ou l’estampille pour un imprimeur) ; très difficile de faire un faux avec certificat dans ces conditions

 

 

collectionneur, comment vous comporter ? 

méfiance...

il existe donc de mauvaises pratiques en retirage, mais il y a des tirages et retirages honnêtes et intéressants ; ce serait dommage que vous n’en profitez pas :

> si une estampe, une photo, une sculpture ou un objet design se voit demandé après épuisement du tirage d’origine, la tentation est forte de continuer : c’est anormal car la planche, le moule ou la plaque d’origine devrait être détruites ; les "oeuvres" ainsi reproduites sont de faible valeur, même si elles sont belles à voir ; alors nuancez votre raisonnement : la décision d’achat dépend de la rareté, du prix et bien sûr du plaisir que vous en attendez

> si le prix est raisonnable et que vous êtes conscient de ce qui se passe, rien donc à reprocher au vendeur ; exemple : une belle copie du Cheval marchant au pas relevé de Degas se trouve aux boutiques des Musées Nationaux pour 1500 €, prix encore acceptable car l’original est célèbre (un exemplaire vendu 31’000€ en 2013) et qu’elle est retirée en bronze et à la bonne dimension ; attention : désormais les copies sont plutôt en résine (c’est presque invisible, il faut toucher), ce qui ne vaut rien ; et il y a 10 ans, ces retirages bronzes valaient 5 fois moins...

> si vous êtes tenté par une gravure d’un artiste décédé, veillez à ce que les ayant-droits n’aient pas exploité le filon en repoussant la limite du tirage en partant de la gravure d’origine encore existante ; cela se voit par la signature de l’artiste qui n’est pas sur le tirage mais sur la plaque, donc elle-même reproduite

  > si une photo dite originale vous est proposée à Nx100 exemplaires dans X formats différents, ce n’est acceptable qu’à deux conditions réunies : 1° un prix très bas (moins de 100 €), 2° l’artiste l’a signée ; sinon aucun vrai collectionneur n’en voudra... elle est devenue un poster...  

Myriam et Aimaury de Solages, fondateurs de la Maison Particulière à Bruxelles : "nous attachons de l’importance à ce que les photos de nos collections soient numérotées et tirées en nombre le plus restreint possible" [interview Techninkart, oct 2012]

> les jeunes semblent peu s’intéresser à la problématique du tirage, l’offre disponible sur internet by-passant -évidemment- la problématique... ceci renforcé par le numérique gratuit, le streaming piraté, qui leur donnent l’illusion que voler est la nouvelle norme. Tant qu’ils se contentent d’images privées, peut-être belles mais sans valeur, tant mieux pour eux ; mais le jour où ils auront envie de collectionner des oeuvres authentiques, ils s’apercevront que ce qu’ils ont ne vaut rien... qu’ils ne s’étonnent pas

 

nos conseils pratiques :

 
si votre coeur bat à gauche, votre porte-monnaie veille à droite ; alors ayez quelques réflexes :

 > vérifiez le marquage de l’oeuvre :
 - un original doit comporter la signature de l’artiste, la date, son numéro au sein du tirage : 4/8 par exemple, ou pour une épreuve d’artiste : III/IV EA (et non pas seulement EA comme nombre d’artistes font)
 - une copie aussi doit être signée ou comporter le sceau de l’éditeur, et si possible datée
 - dans certains cas où la technique demande des compétences exceptionnelles (tapisserie, fonte...) il est préférable que l’atelier soit mentionné et que son estampille ou poinçon y figure ; s’il est célèbre, c’est un "plus"
 - il arrive qu’une reproduction en nombre par une technique automatisée (offset...) soit signée par l’artiste, par amitié ; une telle "oeuvre" aura une petite survaleur, mais pas si elle est dédicacée car la revente peut être plus difficile
 - obtenez un certificat donnant l’origine, le nombre et la date du tirage

 
ce vase Art Nouveau est numéroté (66) mais le tirage n’est pas mentionné ; il est signé par son éditeur et son créateur est mentionné : il a ainsi une petite valeur (environ 500€) où joue aussi son ancienneté / clic=zoom sur le cul (!)

> donnez plus de valeurs aux oeuvres faites par des procédés impliquant de la main d’oeuvre que ceux techniquement faciles et moins chers

> préférez les tirages respectant la définition juridique du terme "original" ; bien que contestée, cette définition impose une limite basse ; si le tirage dépasse, veillez à ce qu’il soit faible (jamais plus de 50)

> ne pas payer cher une photo numérique en fort tirage, sans que le format soir précisé et sans garantie écrite ; ce marché est parfois surcoté ; dès lors que vous prenez ces précautions vous pouvez trouver des oeuvres tout à fait intéressantes

> sachez que le prix du façonnage est élevé : un Diasec de 40x60 monté sur alu coûte près 300 € HT de fabrication, donc un tirage photo bien présenté est forcément un peu cher ; or la qualité de l’oeuvre tirée dépend de l’outil d’impression ou de façonnage, comme de la qualité du support

 
> une lithographie qui reproduit un tableau n’a rien d’un original, même signée, c’est une "reproduction"

> vous pouvez faire une "copie privée" d’une oeuvre si vous en avez les moyens techniques, mais évidemment elle ne sera pas signée ; et si vous la vendez sans l’autorisation de l’artiste c’est un faux !

> pour les vidéos : un moyen tirage non signé ne devrait être vendu qu’au prix d’un DVD cinéma (qui lui est à grand tirage) ; pour être une oeuvre originale la copie DVD doit être limitée selon la liste ci-avant, proposée en coffret avec une documentation et un certificat numéroté signé de l’artiste

> l’achat est aussi une question de confiance : préférez un vendeur connu, la présence d’un certificat d’authenticité ou une facture détaillée, ne payez pas en liquide et soyez extrêmement prudent avec les ventes en ligne sans un bon professionnel de l’art derrière, sans autre intermédiaire que le fournisseur de données sur internet (surtout situé hors de la juridiction française) ; acheter sur le net : prudence les arnaques volent (sic) en escadrilles, du simple abus aux faux

> pour les multiples de haute valeur, faites signer par le vendeur un certificat portant : auteur, titre, date, origine, technique et médium, tirage, numéro dans le tirage, dimensions, nom de l’atelier de reproduction, date de la vente ; demandez son histoire : expositions faites, précédentes ventes, précédents possesseurs, anecdotes qui y sont liées, demandez de voir le catalogue raisonné sinon le catalogue d’une exposition ou une revue la mentionnant.

C’est pour ces raisons difficiles à concrétiser que les grands collectionneurs font confiance à un marchand d’art dont la "signature" est reconnue ; si vous n’avez pas une telle relation, n’achetez pas une oeuvre multiple importante sans obtenir ces éléments sinon faites très fortement baisser le prix afin de compenser cette prise de risque : à vous de juger !

 

en résumé :

 

1/ tirer une oeuvre au-delà de 100 exemplaires n’est pas raisonnable, on sort de l’art pour entrer dans la décoration voire le "collector", au-delà de 1000 on est au supermarché...

2/ certains avancent que la duplication non contrôlée est un concept "moderne" bien accepté par les jeunes : oui si la baisse des prix suit en proportion, or c’est rarement le cas en art...

3/ gardez ces règles de bon sens :
> ceux qui ne résistent pas à faire de grands tirages, s’imaginant vendre plus, oublient que les ventes ne dépendent pas du nombre d’exemplaires mais du nombre d’acheteurs !
> inversement, plus le tirage est faible, plus la valeur unitaire est grande car l’oeuvre d’un bon artiste ayant des chances de s’épuiser, sa cote augmentera par rareté
 

 

 

l’alternative du prix

le prix d’achat est le premier avantage si les oeuvres uniques sont trop chères pour vous : un multiple coûte au plus le dixième du prix d’une pièce unique, bien que toutes les situations existent car c’est beaucoup la rareté qui conduit le marché de l’art. Comme une collection suppose un nombre important d’oeuvres, alors une réunion de multiples devient accessible à tous ; sous cet angle le choix est péremptoire.

Certains l'Aiment Chaud Billy Wilder
affiche de Certains l’Aiment Chaud, de Billy Wilder, 1959

Illustration : Mimo Rotella ; cet affichiste aussi connu que Villeglé a produit quantité de "Marylin’s" sérigraphiées ; certes l’appétit commercial est évident, mais certaines pièces sont très réussies :

> une Marylin en format "pièce unique" s’est vendue 60’000 € en 2012 ; pas à votre portée ? tournez-vous vers les Marylin’s multiples, à condition de bien savoir choisir

> celle-ci par exemple est très réussie ; elle est tirée de l’affiche du célèbre Certains l’Aiment Chaud, film de Billy Wilder ; de grande taille, cette litho comporte une surcouche collée qui la rend proche d’une pièce unique, sans l’être vraiment ; bien qu’assez récente, elle est estimée à 2000 €

  Mimo Rotella Ritmo
Mimo Rotella, Ritmo2, 2003, double sérigraphie contre-collée

 

 

 

explorez ce vaste marché

du principe même de la multiplicité, trouver une oeuvre sur le marché est relativement facile ; il y a des galeries et des ventes aux enchères spécialisées, diverses occasions aux puces, antiquités, ventes de particuliers...
Le problème est un manque d’information et de garantie dès lors que vous vous éloignez des bons professionnels ; sur internet le risque est grand de faux, de pièces dégradées ou non accompagnée d’un certificat correct ; n’oubliez pas que la valeur d’une collection réside dans l’authenticité, le pedigree et l’état des pièces :

> Charles Lapicque était très prolixe, notamment en lithographies ; celle ci-contre a été achetée en galerie et répertoriée ; elle est superbe, typique de l’artiste mais son tirage est un trop fort pour justifier un prix supérieur à 500 €

 

Charles Lapicque , Crépuscule à la lisière d’un bois
EA/150, 1970, 50x41 (courtoisie BnF)
 
Charles Lapicque

 
> il y a aussi des raretés à retrouver : par exemple le célèbre Pierre Soulages est très productif en peintures mais a réalisé peu d’estampes, qui sont donc très recherchées ; elles ont toutes été réunies lors d’une belle exposition dédiée à la BnF en 2003 ; celle-ci devrait atteindre 3000€

 

Pierre Soulages, litho produite pour une action envers le Sida
dans les années 90, en 100 ex (courtoisie BnF)
 
 
Pierre Soulages

 

la 1ère vacation de multiples haut de gamme

début 2014 Artcurial (3è auctioneer en France) innove et ouvre son département Limited Edition : un signe de l’intérêt que peuvent susciter les multiples.
Le 20 mai 2016 il inaugure sa 1ère vacation spécialisée, centrée sur les années 70-90 et les grands artistes ; un succès : 254 lots, 72 invendus (28%), prix médian 4000€, 27 lots à moins de 1000 et 22 au dessus de 10’000 (beaux vases de Picasso à plus de 25’000€), seules 3-4 aberrations artistiques comme cette boà®te à champagne en résine de Jeff Koons estimé à 70’000€ pour... 650 exemplaires (!), ces quelques pièces isolées car extraites de la Valise des NR (ci-dessous), ou les nains de jardin (ou presque) de Kaws ou enfin ce dinosaure rouge en plastoc de Jiango (qu’on pensait disparu du marché aux gogos). Mais la grande majorité des lots fut de très bon niveau avec un choix ouvert, de sorte que cette vente est un marqueur.

Donc, premières observations qui seront à suivre : le haut de gamme est déjà cher, surtout les petites sculptures (céramiques, résine...) ; si les estampes de célébrités sont autour de 2000-4000€, des pièces très tentantes sont autour de 1000€ chez les artistes actuels moins connus : dans ce domaine aussi, il faut savoir anticiper ; quelques belles occasions ne sont étonnamment pas parties, comme une triple photogravure et aquateinte de Baldessari à 45ex (5000€), une litho de Xiaogang à 100ex (2000€), 6 sérigraphies-album de Messac à 85ex (1000€) : le public était-il trop classique ? Pour vous amateur, cela signifie qu’il vaut la peine de fréqeunter les prochaines ventes. Notons que logiquement, les pièces correspondant à nos avertissements (ci-après) partent mal.

 

 

les multiples donnent du sens à votre collection

une collection prendre plus de sens si elle est cohérente, bien que ce ne soit pas l’unique critère. Alors réunir des multiples est une façon de la rendre homogène par le medium ; c’est par exemple comme ceux qui collectionnent les pochettes artistiques de vinyles : ils peuvent les exposer, s’en séparer en bloc, trouver facilement à échanger des oeuvres ou partager avec d’autres connaisseurs

 

ok, mais alors quels multiples ?

sélectionnez un type de médium ou excluez quelques autres, ou alors concentrez vous sur une période, en évitant évidemment d’être trop sectaire.
Exemples : excluez les oeuvres issues de fichiers ou au contraire vous y spécialiser, réunissez des affiches pop, intéressez-vous aux gravures surréalistes, aux photographies vintage, collectionnez les objets céramiques de Vallauris, les luminaires modernes, ou celles d’un designer précis...

Bernar Venet

 

> ce beau tirage restreint de Bernar Venet, série Objets Mathématiques, a été produit en collaboration de l’éditeur Linard, lors d’une résidence en ses locaux ; le tirage est faible

Bernar Venet, 2001, 40/60, print sur papier aluminisé, 80x80
(courtoisie Linard Editions)

 

En définitive, c’est votre goût, votre passion qui est le premier critère, sinon collectionner n’a pas de sens artistique ; nos conseils ne sont valables qu’au sein de votre choix, on n’entame pas une collection de multiples dans la seule intention de la revendre avec profit ; mais rien ne vous empêche d’optimiser vos acquisitions

Comment apprécier le "bon" nombre de tirages ? si vous voulez donner à votre collection une certaine valeur, choisissez des oeuvres rares et de tirages très limités ; faites un compromis entre votre désir d’acquisition, vos moyens financiers (la rareté se paie !) et soyez méfiant envers les pièces un peu trop répandues ; prenez garde aux dérives commerciales mais tenez compte des cas particuliers.

Il y a un demi-siècle les tirages étaient très limités, techniquement et éthiquement ; un médium traditionnel comme un moule, une plaque d’estampe ou un négatif argentique ne peuvent être reproduits facilement ; mais actuellement la technique et le commerce poussent à la sur-reproduction, avec, forcément, des dérives.

 

ne faites pas...

un prix abordable n’est pas prétexte à négligence :

> écartez les multiples chers, pour deux raisons : il y a des abus, un des plus scandaleux sont les oeuvres d’Andy Warhol non signés sans provenance certifiée ou carrément fausses dont un trafic vient des USA : laissez cela aux vrais connaisseurs qui savent différencier, sinon aux fans prêts à être plumés

> gare aux tirages : soyez réaliste, au-delà de 50 c’est beaucoup : si vous voulez vous faire plaisir avec un grand tirage de belle qualité artistique, très bien, mais sachez qu’il aura valeur de documentation, c’est tout ; c’est expliqué ici

> si vous souhaitez rester intransigeant sur la notion d’original, bien malmenée, votre collection s’en portera mieux mais votre chasse sera nettement plus difficile ; c’est expliqué là

 
Bernard Pras
 

> tenez compte des exceptions : par exemple Bernard Pras ne propose pratiquement que des vues de ses installations, sous forme photographique ou sérigraphique ; car sa démarche consiste à créer un montage éphémère en disposant des objets de telle sorte qu’un point de vue précis donne une apparence unique, par anamorphose ; son Mao est très prisé ;
autre exemple : les Christo qui emballent des objets ou monuments, oeuvres éphémèes non vendables mais financées en partie par la vente en nombre des dessins, études préparatoires et photos des installations

Bernard Pras, Mao, sérigraphie 88/99., signée, 69x74
(courtoisie Centre Pompidou)

> excluez les reproductions même signées d’oeuvres uniques, c’est sans intérêt artistique et sans valeur de collection ; par exemple les lithographies de Bram van Weld qu’on trouve presque partout et trop chères

> évitez évidemment les "oeuvres" non signées ou munies que d’un cachet... (Banksy en abuse)

> méfiez-vous des mentions "d’après" ou "certificat de l’ayant-droit", etc, généralement des éditions non signées, tirées post-mortem par des ayant-droits à dents longues, voire même des collectors ; pour du design cela passe, mais pas pour de l’art.

 

encadrez !

un bel encadrement valorise un multiple qui pourrait paraître plat au mur ; mais c’est un paradoxe à gérer :
 - vous risquez de dépenser autant que pour l’oeuvre, le prix du cadre devenant proportionnellement élevé
 - il apportera un peu à une revente ; mais... sans cadre l’oeuvre trouvera moins d’acheteurs et fera moins envie

Notre conseil est donc d’encadrer bien ; surtout si vous envisagez une relativement grande collection :
> si le cadre déjà en place vous déplait, changez-le sans état d’âme
> pour les oeuvres anciennes et/ou rares, utilisez de très bons matériaux et/ou faites faire leurs cadres
> pour les oeuvres plus courantes, faites-le vous-même à partir de cadres tout prêts faciles à monter puis démonter ; n’hésitez pas à ajouter (c’est rarement proposé avec) un passe-partout, cela valorise pour un prix dérisoire
> développez votre propre style d’encadrement, et (compromis à trouver) :
> ...adaptez chaque cadre à l’endroit d’accrochage ; pensez-y lors de l’achat du cadre, pas après
> prenez garde à la cohérence des encadrements des oeuvres entre elles, cela valorisera votre collection.

 

 

 

 

il y a des modes

 
 

les variations de prix sont très fortes dans les multiples selon le moment ; deux exemples :

> le street art a remis à la mode les sérigraphies, ce qui ne signifie pas qu’il faut s’y précipiter, l’offre devenant pléthorique ;
les événements publiques relayés par le street art utilisé comme média, provoquent des bouffées de succès, comme l’a été l’aide à la campagne électorale de Barack Obama par Shepard Fairey (alias Giant ou Obey), affiches qui ont fait sa célébrité ; ces oeuvres ont envahi les collections bien qu’elles aient été tirées à de très nombreux exemplaires non signés, par utilité ; mais en 2014 Obama a moins la cote : soit ces tirages sortiront de l’actualité, soit ils entreront dans l’histoire de l’art, qui sait ?

Shepard Fairey, Hope, 20O8, sérigraphie

> les multiples des maîtres modernes sont vendues de manière plutôt irrationnelle :
 - vous pouvez aussi bien trouver une grande lthographie de Bram van Welde à 75 exemplaires pour 2000€, prix élevé car il en a fait beaucoup, pire : des Zao-Wou-Ki à 5000€, prix délirant (il en a fait énormément et il y a en a à 500€...)
 - que de petites lithographies de Estève, de Vera da Silva, Bazaine... à moins de 100€, tous ces modernes tirant à quantités raisonnables

 

 

et des multiples d’exception

si vous collectionnez les multiples traditionnels (sérigraphies, lithographies, estampes, photographies...), vous pouvez élargir votre réunion d’oeuvres ou créer une rupture par une pièce exceptionnelle et originale, restant dans l’esprit multiples ; exemples :

> cette Valise réunit une pièce originale et documentée de chacun des Nouveaux Réalistes ; elle a été éditée en 1973 avec 600 exemplaires potentiels, en fait le tirage semble n’avoir pas dépassé quelques dizaines ; elle est difficile à dénicher complète, quelques opportunistes ayant dispersé des oeuvres (par exemple le "doigt" de César en fonte, vendu seul au prix de la valise...) ; c’est une pièce peu facile à exposer mais une curiosité sujette à débats intéressants !

la Valise des Nouveaux Réalistes, 1973, 13 pièces,
documentation, texte de Pierre Restany, 53x14x60
(courtoisie Galerie Smaggh)
 
Valise des Nouveaux Réalistes

>> une valise complète est à vendre ici ! 

 

> imaginez votre plaisir et l’éclairage apporté au lieu où se déploie votre collection, lorsqu’il s’agrémente d’un tapis d’un artiste ! L’artiste imagine un "carton", par exemple un dessin aquarellé en dimension réelle, qu’il confie à un atelier de tissage dont il veille à la réalisation ; sa signature et le tirage sont tissés mais à l’envers un cartel précise l’artiste, le nom de l’oeuvre, sa signature, la date d’achèvement, l’atelier, les dimensions et le tirage (souvent inférieur à 20).
La démarche est la même pour les tapisseries, mais elles sont destinées au mur ; voici quelques exemples.

Yves Millecamps, Phyllade, tap.d’Aubusson, 1965, 190x206
(courtoisie galerie Chevalier)
 
Yves Millecamps

 

> dans le même esprit de cohabitation harmonieuse, le design propose des éditions limitées et numérotées soit de meubles soit d’objets qui ne sont pas vraiment utiles (voire inutilisables) pour décorer l’exposition de votre collection.

 

L’intérêt de ces démarches est de valoriser votre collection de multiples (qu’on suppose bien consolidée) ; si vous souhaitez qu’elle reste la raison centrale de votre quête, il faut limiter les exceptions à une ou deux pièces.

 

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...que sont ces petites chaussures chinoises !

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l’art naïf a des ailes : il revient, tel ce.. Teck’ailes de Nicolette Palotay, une huile sur isorel

disponible chez les Atamanes

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