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l’artiste professionnel et son argent

 

artiste, vis-tu de ton art ?

les succès démesurés des artistes-stars et maintenant des designers-stars est un leurre : hors des circuits VIP et de l’art-finance, les rémunérations des artistes deviennent plus ordinaires si ce n’est faibles, aussi quantité d’artistes ne vivent pas de leur art ; peut-on alors les considérer comme des "artistes professionnels" ?
Cette situation existe depuis toujours ; ce qui est nouveau est l’écart croissant entre la masse et le monde VIP, lequel magnétise l’attention et occulte les réalités
Dans cette page :

 

 

 

 

 

 

 

David LaChapelle
a-New-World, 2017,
147x229, 5ex,
hand-painted-negative
(courtoisie Galerie Templon)
clic=zoom

l’argent des artistes illustré par une exposition :

> David reviens, reviens !
> et le revoilà : très croyant, pas mal mystique et tout à fait réfugié dans la jungle... de Haïti, David LaChapelle revient chez Templon et condamne le monde par des "mises en scène de notre civilisation au bord de l’effondrement"
> ses oeuvres photographiques, parfois peintes à la main, sont des allégories de la culture du 20è siècle montrant "notre aspiration à la beauté et la jeunesse éternelle, notre désir complice d’un bien être matérialiste toujours insatisfait" [DP] ; Hollywood n’est jamais loin (il est de Los Angeles) comme en témoignent ses couleurs éclatantes façon cinéma (ou Hare Krishna ?) ; tout de même, c’est un travail magnifique
> mais le Salut est très cher, comptez 5 à 6 décimales le tirage sur 5 à 8 exemplaires... le paradis des vahinées nues est hors de prix
> à voir jusqu’au 29 décembre 2018 à la Galerie Templon

David LaChapelle artiste
 > accueil d’Almanart

sommaire fiches pratiques


 

artiste, vis-tu de ton art ?

 
cette question : "peut-on encore vivre de son art ?" ne concerne pas seulement les artistes, elle intéresse aussi les amateurs d’art qui estiment que même si l’oeuvre d’art est chère, elle ne fait pas forcément vivre son auteur, alors va-t-il continuer son métier d’artiste ou disparaître progressivement de la scène, ainsi que son oeuvre (et l’investissement du collectionneur) ?

 

 

Statistiquement le plasticien professionnel moyen français n’est pas riche : sa rémunération nette en régime libéral est de l’ordre de 1900€ [source : 2012, UNASA : Union Nationale des Associations Agréées] : insuffisant pour vivre en famille. Or pour qu’il garde sa liberté de création, l’idéal est qu’il ne vive que de son art.

Alors l’artiste doit souvent faire un autre métier, même temporairement ou partiellement, à moins d’être soutenu par un tiers ; l’exemple de John Salter est frappant : voir sa bibliographie, lien en bas de page ;

 

ce n’est pas du tout l’opinion de David Hockney, qui dit sur Francis Bacon à ses débuts : "quand j’ai l’ai rencontré la première fois, de tous les peintres dont j’avais entendu parler, c’était le seul qui n’enseignait pas : c’était donc un véritable artiste !" [Yasmine Youssi, Télérama du 02/06/2012] ; propos extrême...

> on peut être artiste et aussi leur conseillère : telles sont les activités complémentaires et oh combien compatibles de Brigitte Camus, qui intervient chez ArtVitam

 
Brigitte Camus, Amour fou 3, 2012
(courtoisie l’artiste) / clic=zoom

 

> François Boisrond représente un cas fréquent : enseigner, métier peu chronophage : peintre prometteur dès sa sortie des Arts-Décos en 1981, il est la même année co-fondateur de la Figuration Libre ; 18 ans après il devient professeur aux Beaux-Arts de Paris.
Sa cote est correcte (entre 1’000 et 10’000€), il expose en Europe parfois dans des lieux prestigieux, est représenté par la Galerie Louis Carré : une carrière stable lui permettant un style original lentement et sûrement évolutif et pensé. Un bon exemple d’un professionnel talentueux qui réussit

> cette oeuvre de 1996 est représentative de son style intermédiaire entre celui des débuts, volontairement simpliste, et l’actuel plus élaboré

  François Boisrond
François Boisrond, La mort de Narcisse, 1996,
acrylique sur papier, 34x48 (courtoisie Galerie Couturier)

 

 

 

 

qu’est-ce qu’un artiste professionnel ?

 
souvent se pose cette question, par exemple :
 - lors d’une sélection d’artistes pour un concours, une subvention, une résidence
 - lors d’un achat par un collectionneur, qui veut s’assurer de la pérennité de l’oeuvre qui le tente

> vivre de son art de son art implique de vendre ses oeuvres, c’est plus qu’une vérité : un axiome...

Pourtant bien des écoles non seulement n’enseignent rien ou presque de la vie concrète qui attend l’artiste promu, mais se plaisent à leur faire réaliser des installations invendables, alors même que la conjoncture n’est plus à subventionner des artistes pour des institutions

 
> ces instruments ont certainement une
signification passionnante, au moins
caustique, mais qui achètera celà ?

 nous taisons par charité l’auteur
et l’école qui en sont l’origine
  François Boisrond

en France, où l’on aime le tampon du fonctionnaire, est reconnu "officiellement" :
> celui ou celle qui s’inscrit à un organisme de couverture sociale (Maison des Artistes...) ou/et un organisme de protection des droits (liste ici)
> ou/et qui prouve sa compétence en ayant suivi une formation d’art et obtenu un diplôme reconnu
> ...et qui paie ses impôts, cotisations et taxes dans ce cadre professionnel

 chez les anglo-saxons le statut compte moins, c’est la réussite qui montre la compétence et le talent ; c’est donc le marché privé et public qui prouve la "valeur" de l’artiste, reconnu si :
> sa cote est établie, celle aux enchères comme celle constatée sur le marché libre
> son cursus matérialisé par son Curriculum Vitae est bien garni en expositions en galeries, musées, etc, et en collectionneurs (ceux-ci sont moins réticents à se faire nominativement connaître qu’en France, où l’on se méfie du fisc).
On rejoint ici le thème de l’argent : celui qui est un vrai professionnel est celui qui peut faire de son art sa profession, sous-entendu en vivre.

Cela cerne la question mais n’est pas suffisant ; on oublie les nombreux vrais artistes, diplômés ou autodidactes, qui n’ont pas (encore) un revenu leur permettant d’exercer leur art pour en vivre, même si de nombreux ne passeront jamais "artiste professionnel à plein temps"

ainsi à l’activité il faut adjoindre la motivation : le véritable artiste est celui qui ne peut rien faire d’autre, sinon une activité d’appoint : cet artiste professionnel vit pour son art.

 

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