l’histoire de l’art, clé pour comprendre !

 

le minimum que vous devez savoir :

si les références traditionnelles de l’art disparaissent, à quoi se raccrocher ?

A l’histoire de l’art, car si les changements sont profonds, ils sont progressifs ; alors l’étude de l’histoire de cette progression peut améliorer votre compréhension de l’art actuel.

Voici un panorama d’un rapide trait de plume !

voir aussi :

> la chronologie des mouvements modernes d’art
> la chronologie des mouvements contemporains d’art
> l’histoire du design artistique
> l’histoire de la photographie
> quelle différence entre modernes et contemporains ?

 

 

 

 

> à voir jusqu’au 7 janvier 2018 dans
le parc du Château de Versailles

 

 

 

Marguerite Humeau, Sphinx, 2017
(courtoisie chateauversailles) 

l’histoire de l’art illustrée par une exposition :

> voici que l’art classique et l’art contemporain se rencontrent, se renforcent visuellement, s’accordent dans leurs propos ; où ? au Château de Versailles !
> comment ? par la complicité de deux dirigeants qu’on pourrait imaginer éloignés l’un de l’autre : Catherine Pégard (Château de Versailles) et Jean de Loisy (Palais de Tokyo) ont impulsé un parcours original au sein du parc, plus précisément dans les bosquets du Château, où des artistes actuels s’appuient, commentent, renforcent les oeuvres du parc
> un parcours guidé d’environ 2 heures, une découverte des bosquets comme jamais vous vous y seriez aventuré : voir aussi dans nos Balades Culturelles
> entrée gratuite (puisqu’il suffit de parcourir les jardins, libres d’accès ; suivre les écriteaux ou demandez un plan à l’entrée)
> niché au sommet de plantations, ce Sphinx de Marguerite Humeau protège le monde de l’humanité

Marguerite Humeau artiste
> accueil d’Almanart
> accueil d’Almanart

> toutes images : clic=zoom


focus : résumé histoire de l’art, chronologie et annales d’art, époques d’art, histoire historique de l’art, histoire du design et de l’art

 

 

court résumé de l’histoire de l’art :

  "le marché de l’art ne fait pas l’histoire de l’art, il en donne une image déformée, éphémère"
(Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo, Les Echos 24/10/13, Martine Robert)

 

> jusqu’en fin du 19è siècle :

jusqu’au 19è siècle l’art se caractérise par une prépondérance du portrait, du paysage, de la chronique, de la glorification nationale, du symbolisme philosophique ou religieux..., presque seul, le dessin trouve un rôle concret ou critique du réel et sert aussi d’étude "sur le motif" (sur le lieu même à représenter) pour une peinture faite à l’époque en atelier ;

Bouguereau-les-nymphes-et-le-satyre

 

en Angleterre quelques audacieux comme William Turner tentent d’approcher la lumière et la nature réellement perçues ; en France les impressionnistes sortent de leurs ateliers et révèlent la lumière réelle et ses effets naturels, qu’ils interprètent de manière exacerbée ; une invention facilite leur démarche : la couleur en tube

 

> ces Nymphes et satyre de Bouguereau, 1873 sont typiques de l’art pompier en fin du 19ème : belle technique pour que les bourgeois se rincent l’oeil sous couvert de mythologie ! mais cette même année, Monet, Renoir, Sisley, et Pissarro créent la Société Anonyme Coopérative des Artistes pour court-circuiter l’Académie et ses salons officiels ; ainsi le premier (petit) Salon des Impressionnistes s’ouvre en 1874

 

 

 

> début du 20è :

cette période fabuleusement riche invente les bases de l’art contemporain ; c’est la découverte du monde par les colonies, la confrontation des techniques et des arts de tous pays (expositions universelles...), de nouveaux médias d’art (photo, film...) ;
une innovation extraordinaire bouleverse le monde de l’art : l’abstraction, une aventure européenne datant des années 10 ;

d’un côté codifiée et sûre d’elle, cette époque se voit contestée de toutes parts (début des révolutions socialistes, etc). Qu’on en juge : naissance d’un art social réaliste (die Brücke, expressionnisme allemand), de l’abstraction donc, du cubisme, et mouvements de libération du classicisme dans toute l’Europe (fauvisme, nabis, blaue Reiter, rayonnisme) dont certains se placent dans la perspective d’une société renouvelée (futurisme) et machiniste ; la Sécession à Vienne touche tous les arts ; la Russie est un creuset d’innovations (constructivisme et suprématisme)

 

> cette égérie est Judith qui incarne la passion fatale,
par Gustav Klimt en 1901, une oeuvre typique de la
Sécession viennoise (courtoisie Belvedere Vienne)

art Klimt-gustav_Judith

 

> après la 1ère guerre mondiale :

de nombreux artistes de tous pays européens manifestent leur révolte par des oeuvres violentes

Marcel Duchamp LHOOQ Joconde à moustache

 

ou caricaturales (dadaïsme, nouvelle objectivité) ; d’autres artistes développent leur imaginaire aussi bien sur la désillusion que sur l’espoir d’un monde différent (de Stijl, constructivisme) ; cette quête débouche aussi sur un mouvement fort : le surréalisme qui, d’une certaine façon, est aussi déjanté que le mouvement Dada, autant de manières de traduire la folie du monde traditionnel

 

 

> plus aucun respect : le surréaliste dadaïste Marcel Duchamp désacralise la Joconde en l’affublant d’une moustache et la nommant LHOOQ (soit "look" en anglais, et en français il faut prononcer chaque lettre)

 

 

> l’entre deux guerres :

voit continuement se déplier de multiples évolutions : l’ode au machinisme et à la science, qui va jusqu’au cinétisme  ; la libération du sujet qui ayant passé par l’abstraction vient à l’art informel ; parallèllement le post-cubisme s’impose à presque tous ; ces développements viennent d’étrangers émigrés à Paris qui devient -juste avant la crise de fin 1929- le centre du monde des arts : "Paris est une fête" écrit Ernest Hemingway dans son carnet de notes qui devient un livre ;

le cubisme a la vie dure : s’il a été inventé par Picasso et Gris avant même la 1ère guerre (les Demoiselles d’Avignon datent de 1907), il s’est beaucoup développé entre les deux ; un autre célèbre tableau étant Guernica qui date de 1937 ;

de même si les prémisses du surréalisme sont d’avant la 1ère guerre, son réel développement se situe entre les deux guerres : ce n’est qn’en 1924 qu’est publié le Manifeste du Surréalisme ; c’est aussi dans cet intervalle que s’impose au monde Salvator Dali ; puis l’esprit du surréalisme reste fort encore actuellement

 

> le surréalisme prend les formes les plus diverses
et, fondé sur l’inconscient, est forcément le récipient
des fantasmes érotiques de nombre d’artistes comme ces
célèbres Poupées désarticulées de Hans Bellmer, 1934-36

 

 

> lors de la 2è guerre mondiale :

en Europe en fin de la guerre, l’art tente de revenir sur ses nouveautés d’il y a cinq ans ; par exemple si l’abstraction est née vers 1910, le premiers Salon Réalités Nouvelles dédié à l’art abstrait ne s’est tenu qu’en 1947 à Lille ; l’innovation n’est désormais plus de ce côté de l’Atlantique :

art moderne Willem De Kooning, tableau Marilyn Monroe

 

notamment car les artistes européens ont fuit les nazis pour les USA ; ce vide et le choc qu’ils ressentent une fois confrontés à la civilisation yankee stimule leur imagination et favorise le développement de l’art nord-américain : l’école de New-York (appellation pour les années 50) vient remplacer celle de Paris, l’art contemporain de tous domaines (littérature, danse, musique, art plastique) sera américain !

 

> exemple typique : le hollandais Willem De Kooning arrive à New York en 1927 et y découvre le modernisme... européen ! comme bien d’autres artistes il bénéficie en 1935 des commandes publiques qui sauvent les artistes du krack (le Works Progress Administration Art Project) et y travaille sous la direction de... Fernand Léger !
dans les années 50 De Kooning développe un art curieux, provocateur, qui hésite entre abstraction et figuration, comme cette Marilyn

 

 

 

 

> les 50 confisquées (20-70 en Russie)

"dans la Russie du Siècle d’Argent (en fait 1890 à 1920), une foi étrange dans l’art était censé apporter à chaque humain l’occasion de progresser vers l’accomplissement ; dans cette perspective la révolution de 1917 a été accueillie par les artistes comme une occasion de prolonger leurs expériences novatrices : l’art libérateur devait guider la Révolution et le peuple : trains et affiches constructivistes, trottoirs peints géométriques, premières installations (tel le monument de l’Internationale socialiste de Tatline)" [Catherine Duhamel, historienne de l’art, co-fondactrice des Atamanes]

En effet en Russie au début du 20è siècle, la créativité en art, graphisme, architecture était exceptionnelle, marquant l’histoire de l’art : dès 1908 avec le suprématisme (tête de file le designer, peintre et photographe El Lissintzky) qui donne naissance à l’abstraction grâce à Malevitch et Kandinsky, puis vers 1920 le constructivisme avec encore Malevitch et Rodchenko (image en haut de cette page)

Mais cette libération artistique innovante a été contrariée suite à la Révolution de novembre* 1917, confisquée par la politique, incarcérée par Lénine puis Staline, puis étouffée par 50 ans de diktat communiste jusqu’en 1985 qui verra le début de la perestroïka de Gorbatchev :

 
> dès la 2è révolution le carcan marxiste verrouille cette avant-garde et pousse les élites artistiques à l’exil : le premier a être nationalisé en 1919 est le cinéma, outil de propagande ; l’art plastique sera contrôlé dix ans plus tard, par exemple le Ginkhuk (structure de recherche picturale fondée en 1919 par Malevitch, Tatline, Matiouchine, Mansouroff) est liquidé en 1926 pour "prêche anti-révolutionnaire" ; vers 1932 le black-out total commence : dès les années 40 plus aucune oeuvre datant de ces artistes novateurs n’est exposée dans une institution en Russie

Lazar Markovich Lissitzky, alias El Lissitzy
affiche du style Proun, vers 1925

> une "deuxième avant-garde" naît dans les années 60, discrète, souterraine ; elle débute par la découverte d’oeuvres occidentales lors du dégel de la fin des années 50 ; mais Nikita Krouchtchev visite en 1962 une exposition d’avant-gardistes russes au Manège, invective les peintres et réactive la répression, remettant au goulag ou en exil artistes et intellectuels ; cette partie a été rappelée au Centre Pompidou par l’exposition "Kollektsia Art contemporain en Russie 1950-2000", en l’hiver 2016-17 ; ces dissidents se sont manifestés dans les années 70 dans le mouvement Sots-Art

*  : révolution d’octobre ou de novembre ? octobre car l’église orthodoxe russe conserve le calendrier julien (introduit par Jules César), qui comporte un écart de 13 jours par rapport à notre calendrier grégorien (institué par le pape Grégoire XIII au 16è siècle) ; ainsi la révolution du 25 octobre 1917 (celle de Lénine) se situe pour nous le 7 novembre<

Ernst Neizvestny, Composition, 1979
collection Victor Scherrer
(courtoisie Centre Orthodoxe Russe)

 

 

> les 30 glorieuses (50-70 en occident)

cette période de reconstruction européenne et de restructuration du monde est une fantastique époque de développement artistique mondiale en toutes disciplines, riche en mouvements et genres éclectiques comme jamais vus, manifestatoins de joie de vivre : abstraction lyrique, action painting, art conceptuel, expressionnisme abstrait, hyperréalisme... ; les arts s’alimentent de la vie sociale par le pop-art américain, s’intègrent aux autres disciplines (design, mode, architecture...) et devient un objet de consommation ; ainsi la scène internationale devient figurative et concrète, rejette l’abstraction et l’art conceptuel qu’à développé l’Europe et surtout la France (un problème qui subsiste de nos jours).

Dans la création et sur le marché des cotations, l’Europe se voit rapidement distancée par les USA, la puissance économique sortie de guerre plus forte ; la France réagit envers la prépondérance de l’art américain par des mouvements comme le nouveau réalisme, support-surface, la figuration narrative... mais qui n’ont pas l’aura internationale : déjà, c’est l’économie qui dirige le monde et l’Europe, sans moyens suffisants, ne peut plus diffuser son art mondialement ;

le basculement de l’art entre l’Europe et les USA est "officialisé" en 1964 par l’attribution du Prix de la Biennale de Venise à Robert Rauschenberg (avec l’appui en sous-main de l’ambassade US), alors qu’il aura toujours été donné à un européen, notamment français ; les réactions ulcérées en France montrent combien ses élites n’ont pas compris ce que devient le monde

 

> ce Black Market de Robert Rauschenberg, 1961, est un de ses
Combine Painting, où se mèlent huile, aquarelle, crayon, papier imprimé,
reproductions imprimées, bois, métal, boîte en fer blanc, écritoires,
corde, tampon encreur, etc, ; l’œuvre accrochée se prolonge par une ficelle
reliée à une valise marquée Open et contenant divers objets

tableau Combine Painting Rauschenberg Robert

 

> fin du 20è siècle :

un foisonnement de développements vient enrichir les domaines d’intervention de l’art au quotidien, notamment son rôle social voire politique qui deviennent prépondérants. L’art des rues se généralise (graffitisme) par des moyens populaires (bombes aérosols, prints) ; l’art numérique multimédia nait ;

street art des rues MissTic 1985

 

la BD est reconnue comme art plastique ; le mélange des genres, la transversalité, la pluridisciplinarité artistique apparaîssent aussi bien dans les installations visuelles et sonores que les premières oeuvres véritablement multimédia.

> les premiers artistes du street art se voient reconnus et l’art des rues commence à les quitter pour les cimaises et les salles des ventes, début d’un un phénomène qui va dans les années 2000 entraîner l’engouement de jeunes artistes qui se bousculent au portillon alors que le public peine à distinguer les bons des copieurs ;
par exemple la maintenant célèbre Misstic a commencé dans les rues dans les années 1985, comme ce pochoir dont vous reconnaissez déjà le style

 

 

> 2000 et suivantes... :

la vague high-tech génère de nouveaux médias et moyens de large diffusion d’œuvres (réseaux sociaux, smartphones, multimédia interactif, réalité augmentée...) ; le numérique démultiplie la diffusion de la création et accentue le mélange des genres ; certains artistes sont à la fois musiciens, plasticiens et metteurs en scène ; la photo voit un développement exagéré (mais populaire), proche de la bulle.

La mondialisation accélère le mélange des cultures et permet la découverte de territoires nouveaux (Chine, Afrique, Orient...), accentuant leur intégration dans le monde de l’art, comme elle l’a fait autrefois pour les styles et les supports.

L’écologie et la nature influencent fortement les artistes :

> la préhistoire revient-elle ? cet animal y semble droit sorti ; il se meut tout seul, sans énergie autre que le vent capté dans ses voiles dorsales ; troublant de vérité, il est même capable de s’arrêter s’il se dirige dans l’eau, de se rétracter s’il rencontre un obstacle...
> heureusement il ne mange personne : cet Animaris Umerus est une créature (2009) du néerlandais Theo Jansen, un sculpteur cinétique nouvelle... espèce

  22:02 30/09/2011

Le business et l’art se mêlent, parfois à outrance : les entreprises l’utilisent comme vecteur de communication, le mécénat se développe, de nouveaux riches l’utilisent comme faire-valoir, la cotation prend un caractère boursier et, dans les années de crise économique (2008-2016), l’art devient refuge ; de grands acteurs internationaux pilotent l’art (auctioners, grands collectionneurs, spéculateurs...) provoquant sur le marché : 1/ une dérive vers l’art démonstratif typique d’une société "bling-bling" (qui a abouti à une bulle qui a éclaté vers 2008), 2/ le développement du gigantisme, 3/ en réaction : un retour aux fondamentaux par exemple à la peinture figurative et au dessin

La contrepartie de ce foisonnement éclectique à 360 degrés se traduit pour le néophyte par une perte des repères, allant jusqu’à la remise en cause de la notion d’art ; d’autant plus qu’un contexte commercial exacerbé pousse à des prétentions artistiques d’activités qui, propulsées par le marketing, sont connexes à l’art plastique : photo engagée, performances, produits dérivés, collectors...

 

A partir de 2015, la crise économique aura provoqué : 1/ un retour relatif au raisonnable par un art de qualité, surtout figuratif, 2/ une déconnection du marché VIP qui, stratosphérique, s’éloigne de considérations artistiques.

  "le classisisme est un contexte de mémoire, de continuité, de stabilité, pour accueillir l’art contemporain"
(Bustamante, interview par Almanart)

Toutes les faces du paysage artistique se transforment : épuration des foires trop nombreuses, prépondérance des enchères et des méga-galeries, petites et moyennes galeries en difficulté, progression impressionnante des offres en ligne, porosité des arts, du design et de l’artisanat, nouvel intérêt pour les classiques et l’histoire de l’art...

 

et l’histoire du design ?

actuellement l’art plastique et le design voient leurs frontières s’estomper ; les collectionneurs de l’un sont aussi ceux de l’autre : de plus en plus d’expositions sont consacrées aux deux en même temps. Ainsi l’histoire du design éclaire-t-elle celle de l’art : Almanart a concacré plusieurs pages à l’histoire du design artistique

 

et l’histoire de la photo ?

la photographie a surgi assez brutalement dans l’art et a eu de la peine à se faire reconnaître comme médium artistique. On distingue d’ailleurs la photo "tout court" de la photo plasticienne.

Voir ici l’histoire de la photographie.

 

 

petit test :

  où vous situez-vous en art ?   Amateur des "beaux-arts", si vous ne trouvez plus les repères que vous avait donné une éducation centrée sur le passé, ne rejetez pas en bloc votre époque ! D’autant que vos classiques sont un atout pour comprendre l’art d’aujourd’hui : il vous permettent de situer l’art
  dans l’Histoire : dans l’histoire sociale d’abord où nombre d’artistes s’affirment, et dans l’histoire de la création (architecture, mode, littérature, musique…) car l’art plastique y est en interaction forte.

 

 



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