tapez un ou deux mots :

gare aux modes !

faut-il suivre la mode ?

suivre les modes, une façon de s’initier en art actuel ? risqué car, par définition, elles se... démodent !
C’est nouveau : tout le monde en parle mais on ne sait quel marketing l’a suscité ; les pipoles l’enflent comme une troupe de canards, les goupils en profitent et gonflent les prix : en serez-vous les pigeons ?
Si la mécanique est connue, en art elle se reproduit régulièrement ; à vous de détecter tôt les vraies valeurs des éphémères qui, parfois, vont éclater comme des bulles ; sachez soit zapper à temps, soit les exploiter.
Dans cette page :

 

illustration par un exemple :

> la découverte de l’art africain par le milieu de la culture européen fut la grande mode du début du 20ème siècle
> elle fut la clé de voûte d’une rencontre : celle de l’artiste Amadeo Modigliani et du marchand d’art novateur Paul Guillaume ; tous deux furent passionnés de cet exotisme : Paul Guillaume collectionneur averti d’art africain est séduit par le style épuré de Modigliani, lequel fréquente assidûment le Musée Ethnographique
> Modigliani -qui ne peint surtout que des portraits- serait-il devenu aussi célèbre s’il n’avait été ainsi découvert ? son style serait-il resté aussi typé sans cette mode ?
> cette exposition montre la parenté évidente entre ce masque Gabonais du 18ème et cette sculpture de Modigliani (il a sculpté entre 1909 et 1914) ; parenté aussi marquée par ce portrait aux yeux vides (ci-dessous) qui déterminera définitivement son style synthétique, proche du cubisme qui se développait alors (mais que lui-même n’a jamais suivi)
> jusqu’au 15 janvier 2024 au Musée de l’Orangerie

 

 

 

<< artiste Fang Gabon 18è masque
(courtoisie collection Doucet)

 

 

 

 

<< Amadeo Modigliani Tête de Femme marbre 1914
(courtoisie MAM Pompidous)
clic=zoom

 

Amadeo Modigliani Elvire assise accoudée à une table extrait 1919
(courtoisie Saint Louis Art Museum)
clic=tableau entier

> accueil d’Almanart

> sommaire de comprendre

focus : la les modes, tendance en art contemporain, tendance et engouement, vogue et mode

 

amateur d’art : attention aux bulles !

 
comme en économie, l’art crée des bulles qui, comme le chewing-gum, vous éclatent au nez !

Il y a les bulles d’origine extérieure à l’art (la crise financière de 2008...) et celles internes au monde de l’art, dues à la spéculation entretenue par le lobby marchand ; gare à l’engouement artistiquement irrationnel, lié à une ignorance et un manque de méfiance du public : un genre artistique, un artiste belle-gueule devient à la mode, dont on ne sait pas trop l’origine mais dont on sait sûrement qui en profite... pas vous, collectionneur, sauf si vous êtes averti et savez en jouer.

Si l’art est une affaire de sentiment, ce n’est pas une raison de vous faire tirer le portefeuille bien qu’il soit situé près du coeur ! Sachez quel sont les "justes prix" de vos élans, sachez vous détacher des modes, elles ne sont pas formatrices en art

 

 

 > achat-ventes de particulier à particulier

 

> Almanart annonce des oeuvres, pièces de design ou décoration, à vendre de gré à gré directement sans intermédiaire

> vous êtes vendeur ? vous êtes acheteur ou curieux ?

 

 
le bling-bling chinois

dans les années 2000 c’était l’exemple caricatural de l’art actuel lancé comme une lessive puis retombé complètement ; crocodile en plastique rouge, voyez le genre... ; cet art gadget tape à l’oeil et monté en maillonnaise profitait de l’engouement envers la Chine ; qu’en reste-t-il ? rien, sauf le meilleur...

 

 

la photographie

 

cette mode s’est développée dès les années 1990 suivie d’une surexposition (!) dans les années 2010 : la photographie est populaire car tout le monde peut la comprendre. L’exagération qui perdure se traduit par des prix nettement trop hauts ; on a beau rappeler que la photo produit des oeuvres multiples qui ne devraient pas être plus chères que des estampes (une lithographie d’un grand nom comme Monory ne vaut que quelques centaines d’Euros), la hauteur des prix n’est pas logique ; alors pour votre décoration, autant acheter chez Lumas ou YellowKorner où le rapport qualité-prix est plus raisonnable.

Pourquoi cela dure : la foire Paris-Photo, née en 1996, entretient la confusion en accueillant aussi bien des photos d’art contemporaines, des tirages vintage et des clichés de reportage ; de sorte que l’amateur a du mal à faire le tri

> cette photographie de Cédric Delsaux inspirée de Stars War n’est évidemment pas du reportage ! cette magnifique composition imaginaire est limité à 5 exemplaire en grand format, conformément aux bons usages en art plastique :

 

Cédric Delsaux, At-Cw1base, série Back-to-the-stars, 2018
(courtoisie Galerie Gutknecht) / clic=zoom
 

L’amateur d’art s’intéressant à la photo, a une meilleure approche :
> il identifie la démarche du créateur, ce qui permet de différencier le plasticien du simple photographe
> il veille au tirage ; tout objet de collection voit sa valeur liée à sa rareté, or les tirages exagérés existent en photo.
Pour se distinguer des photographes, les plasticiens-photographes usent de normes artistiques et plafonnent leurs tirages à 3, 5 ou maxi 7 exemplaires

sachez distinguer une photo artistique d’une photo tout court

 

la bande dessinée

en 2006 la BD a explosé avec les records fulgurants de Bilal  ; depuis 2010 les marchands cherchent à en tirer le max en sortant des planches originales de tous les bons dessinateurs les uns après les autres... voire les moins bons ; problème : il y a un stock énorme de ces planches puisqu’on peut multiplier pour chaque auteur les pages par les cases : attention à l’atterrissage !

En 2021 vient la mode des mangas (merci de financer le Japon par nos impôts avec les chèques culture jeunes...) ; problème : rarement de bonne qualité, ce n’est pas de l’art, d’ailleurs au Japon c’est de la BD fast-food ; mais une bulle se prépare d’avance...

 

le street art

en 2009 lorsque le graffitisme a vraiment décollé sur le marché de l’art, boosté par l’exposition au Grand Palais, une bulle était crainte par de nombreux professionnels ; voici un édito d’Almanart en 2011 :

"le street art est-il en train de nous faire une bulle ?
> l’art des rues ressemble à l’impressionnisme d’autrefois : comme lui il est né hors des salons, dénigré, insulté, puis est entré dans les galeries d’avant-garde et maintenant il est dans les livings bourgeois et les musées
> cet art a déjà ses artistes historiques, des mairies proposent des murs ; les prix des oeuvres sont mis en orbite et quantité de seconds couteaux émergent
> alors des indices bullesques pointent : certains artistes ne se retiennent plus et bombent à tour de bras, d’où une inondation d’oeuvres qui se font vite ; tout le monde en veut, même les galeries classiques en-ont-un-ou-deux-sait-on jamais ; les maisons de vente ouvrent des départements spécialisés
> résultat : des oeuvres trop dupliquées, trop vues, parfois de qualité moyenne, des prix excessifs, une pléthore d’artistes suiveurs ou copieurs...

Depuis on a pris du recul ; on sait maintenant distinguer les bons artistes des suiveurs et imitateurs : la bulle s’est dégonflée car le domaine est devenu plus sélectif

> distinguez les artistes qui font du street pour galerie "sans se mouiller" et ceux qui gardent leur vocation des rues et opèrent aussi en galerie ; la différence est la spontanéité, parfois l’humour comme le montre Petite Poissone :

Petite-Poissone, Ainsi-parla-Zara,
rue Françoise Dolto Paris, 2016
(courtoisie l’artiste) / clic=zoom

petit panorama de l’évolution du street art

 

le dessin

depuis 2010, c’est le dessin contemporain qui se gonfle comme le crapaud de La Fontaine. Il était venu au premier plan en 2008 grâce à la crise (c’est une oeuvre unique présumée abordable) puis, par la multiplication déraisonnable des foires de dessin ; leur nombre a nettement diminué avec la crise du Covid en 2020-21 ; à suivre...

 

le design

les amateurs de belles choses ont diversifié leurs sources d’acquisition et le design en fait partie :
> les collectionneurs d’art et de design sont souvent les mêmes
> les artistes et les designers sont aussi confondus, ne serait-ce que par moments, voyez cette analyse

En 2017-2018 c’est l’explosion : après la Paris Design Week une quantité de foires ou ventes soi-disant "de puces" ont déboulé ; les vraies Puces elles-mêmes se sont mises au goût du jour... au point qu’on se demande parfois d’où vient la marchandise... Les prix deviennent exagérés, alors méfiance, sachez distinguer les "vraies" vintage, les retirages contemporains non signés ni numérotés et vendus en grand tirage

> ce fauteuil icône conçu par Charles & Ray Eames en 1956, est vendu 7000€ pour des exemplaires non numérotés retirés en 2005... :

 

 

le féminisme

dans l’actuel délire excommunicateur à tendance woke, le féminisme radical tient le fusil jusqu’à confondre féminisme et féminité (voir cette page) : il faut absolument mettre au 1er plan les artistes femmes, quels que soient leurs talents, et virer les hommes ; comme Hidalgo à Paris : interdiction d’abord, ensuite on verra, peut-être... une bulle à caractère soviéto-culturel qui fait plus de mal car concerne tout le monde, pas seulement les collectionneurs

 

> témoin, l’exposition Pionnières Artistes dans le Paris des Années folles -titre accrocheur- au Musée du Luxembourg 2022 où, malgré quelques merveilles, la qualité artistique est moyenne et -c’est un comble- ne montre presque que des portraits de femmes et des nues ! Narcissisme ou exploitation ?

Personne n’a une épingle ?

 

Amrita Sher-Gil
Autoportrait en Tahitienne 1934 90x56
(courtoisie Kiran Nadar Museum)
clic=zoom
 

vrilles et rebonds :

il y a aussi des modes inverses, suscitant des mises au placard, et qui parfois rebondissent ; deux exemples :

> le célèbre artiste Georges Mathieu, mal coté, invisible car boycoté pour des raisons politiques ! mais à qui le Jeu de Paume a su en 2002 démontrer l’injustice faite ; il a dès lors remonté son audience et sa cote ; "après trente ans d’absence, retour triomphal de Georges Mathieu à New York" (à la galerie Nahmad) titrait le Figaro de janvier 2019

> idem pour la Figuration narrative, peu connue à l’étranger, qui a étéréhabilitée en 2008 par l’exposition au Grand Palais.

Lorsque des artistes de très bonne qualité voient leur visiblité diminuer car ils ne sont plus dans le coup et que, partant, leur cote diminue, voila une occasion pour l’amateur éclairé et patient d’acheter (s’il aime l’artiste) ; à condition d’être en bonne santé et pas trop vieux... car il est possible d’attendre quelques dizaines d’années pour voir une remontée !

un truc de pro : veiller aux grandes expositions internationales avant qu’elles soient dans les agendas publiques, elle sont capables de faire remonter les cotes

 

comment détecter une bulle ?

une bulle se manifeste par des prix en hausse forte par rapport à la moyenne du marché ; elle est bornée par un commencement et une fin, de sorte que sa détection précoce est difficile puisque la preuve de son existence s’établit à... sa mort ! La bulle forme des cotes en montagnes russes et, à terme, des investissements périlleux ; elle entraîne un risque de faux  ; en fin de compte elle place les amateurs d’art en victimes.

Pour détecter l’émergence d’une mode, posez-vous ces quelques questions :

> parmi tous les sujets, genres, techniques, médiums d’art, l’un d’entre eux est-il en train d’occulter les autres ?
> toutes les revues parlent de ce jeune artiste-star : mais quel est son parcours, sa démarche, ses idées... son style est-il réellement novateur et surtout, surtout, par qui est-il soutenu ?
> telle oeuvre déjantée nous tente, mais quel sera notre regard dans 2, 5 ans ?

Gardons bon sens : l’important n’est pas le médium, c’est ce qu’en fait l’artiste ; son travail, sa qualité, la constance de sa démarche, sa sincérité, sont des bases qui prévalent à long-terme. Ne soyez pas timides : parler avec l’artiste ou lire les articles le concernant permet d’apprécier son histoire, s’il a quelque chose à dire, bref : voyez s’il n’est pas bidon.

L’histoire de l’art moderne est une bonne antidote aux excès : savoir que Malevitch a conçu l’oeuvre abstraite ultime en 1915 (le carré noir sur fond blanc) peut relativiser votre ardeur sur une peinture minimaliste récente et soit disant innovante ; connaître le mouvement pop vous permet de mieux peser une découverte qui peut être plutôt une simple réadaptation (on dit "réinterprétation" dans le langage poli de l’art).

 



 

 

 

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