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Der Blaue Reiter, ou Le Cavalier Bleu : qu’est-ce ?

 

jusqu’au 17/06/19 quartier de
la Concorde
Musée de l’Orangerie 9 €

place de la Concorde

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toutes images exposition Der Blaue Reiter (Le Cavalier Bleu) courtoisie Musée de l’Orangerie © RMN-Grand Palais / clic = zoom

 

cette belle réunion au Musée de l’Orangerie, rare (la dernière date de 1978) laisse croire par son titre que le Blaue Reiter fut aussi fondé par Macke, alors qu’il l’a été par Franz Marc et Kandinsky, Macke y étant invité et s’en est désisté à mi-parcours ; en fait cette exposition offre surtout une intéressante plongée dans le 1er Expressionnisme allemand (voir note).
Nous nous intéressons ici à la nature de la réunion Le Cavalier Bleu, sur la base du dossier de presse et extraits du catalogue

 

comment s’est fondé le groupe Cavalier Bleu

 
l’initiative du Blaue Reiter ne repose sur aucune théorie, elle n’est pas un mouvement, ni un style, ni une association ni un groupe d’artistes comme l’a répété Kandinsky ; pourtant le titre est significatif et éveille la curiosité.

Qu’à cela ne tienne, avec les recul, il s’agit bien d’un groupe d’artistes qui s’insurgent du peu de place que les anciens donnent aux recherches esthétiques qui se font partout en Europe, car début 1911 une protestation d’artistes classiques dénonce l’influence de l’art étranger sur la création allemande.

 > dans cette oeuvre typique dy style de Franz Marc, l’homme est montré sous forme idéalisée d’un rêveur, entouré d’animaux paisibles, dont les fameux chevaux bleus ; Marc est le mystique du Blaue Reiter

Franz Marc
Le-Rêve, 1912, huile, 101x136
(courtoisie Musée Thyssen)
clic = zoom
  Franz Marc peintre

 
Alors 49 artistes d’avant-garde répliquent par écrit, dont Kandinsky, Macke et Marc, pour affirmer leur désir de modernité : le terrain est mûr pour la fondation l’été 1911 du Blaue Reiter puis de son Almanach : "l’art prend aujourd’hui des directions que nos pères étaient loin de rêver ; devant les œuvres nouvelles, on est comme plongé dans un rêve où l’on entend les cavaliers de l’Apocalypse fendre les airs ; on sent une tension artistique gagner toute l’Europe" (Franz Marc, Almanach du Blaue Reiter, janvier 1912)

le contexte

cette fin de la Belle Epoque voit l’explosion de la science, de la technologie et de tous les arts ; pour la peinture, les avant-gardes sont le futurisme, cubisme, expressionnisme, fauvisme, orphisme, abstraction… avec des échanges fructueux dans toute l’Europe ; les artistes voyagent beaucoup et subissent les influences de leurs ainés européens

Munich début 1910. August Macke découvre le travail de Franz Marc, de 7 ans son aîné, et une longue amitié débute. Puis en septembre Macke rencontre Kandinsky, déjà installé à Munich, dans une exposition d’artistes internationaux (Braque, Derain, Van Dongen, Le Fauconnier, Picasso, Rouault, Vlaminck…).
Mais tout le monde artistique n’est pas sur cette lancée, la vieille garde conteste ces avancées dont l’influence française.

 > cette estampe de Vassily Kandinsky a, déjà en 1911, un pied dans l’abstraction, les cavaliers (bleus) étant réduits à quelques traits, comme il est expliqué dans l’encart jaune ci-après

Vassily Kandinsky
Trois-Cavaliers, 1911, xylographie
(courtoisie MNAM)
clic = zoom
  Vassily Kandinsky peintre

pourquoi ce nom curieux

l’effervescence est grande ; en 1911 Marc exprime son enthousiasme de fonder formellement une avant-garde européenne et y associer ses amis : le Russe Vassily Kandinsky, le Français Robert Delaunay, le Suisse Paul Klee, et bien sûr August Macke ; tous se fréquentent et voyagent assidûment. Kandinsky relate : "nous avons trouvé le nom Der Blaue Reiter en prenant le café ; nous aimions tous les deux le bleu, Marc les chevaux, moi les cavaliers".

En fait ce titre est bien plus réfléchi :
> la couleur découle d’une symbolique formulée par Kandinsky et Marc : "le bleu profond attire l’homme vers l’infini, il éveille en lui le désir de pureté et une soif de surnaturel ; c’est la couleur du ciel" (tout sur la couleur bleue)
> le cavalier hante Kandinsky depuis 1903 (première occurrence du motif dans son œuvre), se référant à saint Georges, à saint Martin ou à l’Apocalypse et donc il se prête à symboliser la lutte contre l’arrière-garde réactionnaire, il incarne la quête de la perfection artistique.

 

 > cette oeuvre de August Macke montre un style très différent de ses deux comparses : simplification jusqu’à la naïveté (mais cette huile a la virtuosité d’une aquarelle), importance du bleu ; Macke tend vers une représentation naturaliste, il y a du Rousseau la-dedans !

 

August Macke
Géraniums-devant-une-montagne-bleue
1911, huile, 52x65
(courtoisie Milwaukee Museum)
clic = zoom
  August Macke peintre

 

 

Dès le départ l’abstration pointe, bien que peu présente dans le Blaue Reiter :

en effet les dessins de Kandinsky préparant la gravure sur bois pour la couverture de l’Almanach, montrent qu’il part d’un cavalier avec lance terrassant un dragon ; il s’applique à styliser son motif jusqu’à l’élimination ultime du monstre et de l’attribut guerrier ; pour la quatrième de couverture, Kandinsky s’éloigne encore plus du naturalisme : le cavalier sur sa monture ne forme plus qu’un réseau de lignes enserrées par un trait circulaire

 

pourquoi un Almanach

pour défendre leur position ! cet Almanach est en quelque sorte un outil marketing adressé à un public large, pour incarner la lutte engagée contre l’arrière-garde artistique ;

  Almanach du Cavalier Bleu  

l’Almanach du Der Blaue Reiter fait référence à ces fascicules populaires artisanaux colorés par xylographie ; il veut tisser des liens entre art, objets décoratifs et populaires, littérature et musique, annulant la hiérarchie traditionnelle entre les genres, intégrant l’art européen et extra-occidental ; il est rédigé et illustré par les artistes eux-mêmes (c’est l’un des premiers "livre d’artistes").

 

 

Almanach du Blaue Reiter
1ère édition
(courtoisie MNAM)
clic=zoom

L’été 1911 Marc et Kandinsky entreprennent sa réalisation et mettent en place un comité de rédaction ; Macke y sera vite associé ; la 1ère édition de l’Almanach est publiée en mai 1912 à Munich, mais il n’y aura que deux éditions du fait de la guerre

 

les différences de styles

 
le Blaue Reiter n’est ni doctrinaire ni révélateur d’un style particulier : ses expositions ou celles des artistes adhérents montrent leurs différentes sensibilités : le spiritualisme de Kandinsky, de Münter et d’Arnold Schönberg, le symbolisme mystique de Marc et le primitivisme naturaliste de Macke y figurent, comme Henri Rousseau et Robert Delaunay (dont l’influence sur Marc et Macke est importante).

Toutefois Macke prend plusieurs fois ses distances avec le Blaue Reiter, sans que ne flétrisse son amitié avec Marc : "j’ai été déçu par tes œuvres … l’héroïsme pantouflard et l’aveuglement jouent un grand rôle au Blaue Reiter" ose-t-il. Des divergences s’accentuent notamment par l’influence de l’abstraction : à la fin de sa vie Macke l’expérimente ; même Marc opère une réduction où l’homme n’a plus sa place, seuls les animaux étant dignes d’être dépeints, garants de la pureté originelle. Quant à Kandinsky, il a déjà pris bien des longueurs d’avance en la matière.

La guerre mettra un terme définitif au mythique Cavalier Bleu.

 

 

Notez que :
il y eu deux
Expressionnismes
allemands :

> l’un avant la Guerre de 14-18, inventif, varié, chaleureux, romantique voire mystique, influencé par la révolution artistique européenne et japonaise, avec deux mouvements opposés : Der Blaue Reiter et Die Brücke ; cette faste période internationale fut cassée par le nationalisme belliqueux en Europe
> l’autre, la Nouvelle Objectivité, vient après la guerre ; cynique, descriptive, réaliste, circonscrite à l’Allemagne, elle témoigne de la haine éprouvée par les atrocités de la guerre (Ludwig Kirchner, Otto Dix, George Grosz, Max Beckmann…) ; que les nationalistes actuels y réfléchissent…

 

 

 

 

 

plus d’infos :

> l’exposition Musée de l’Orangerie
> Die Brücke, Der Blaue Reiter, deux concurrents
> Emil Nolde, expressionniste allemand
> mythologie de la couleur bleue dans l’art

 

 



 

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