la Commedia dell’Arte de Marc Chagall

 

 

l’amour de Marc Chagall pour la musique et la danse ne s’est jamais démenti, toute son oeuvre en est irradiée, ponctuée par le plafond de l’Opéra Garnier. L’univers de Chagall est baigné de musique, ce que montre majestueusement La Philarmonie de Paris au sein d’une série d’expositions-soeurs, de fin 2015 à 2017 ; elles mettent en lumière cette profonde osmose dans les tableaux, dessins, costumes de scènes, décors d’opéras et projections de ballets, ainsi que par cette huile monumentale déposée au théâtre de Frankfort, qui est notre sujet

> plus d’info 

détail du plafond de l’opéra Garnier
(image réduite en raison des droits d’auteur ;
voir l’image ici)
   

 

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image Commedia dell’Arte : avec l’aimabilité du théâtre de Frankfort / clic=zoom sur celles-ci

 

Note : cette page s’appuie sur les expositions-soeurs Marc Chagall : Le Triomphe de la Musique à la Philharmonie de Paris et Les Sources de la Musique à La Piscine de Roubaix (13/10/15 au 31/01/16), puis en versions recomposées au Musée Chagall de Nice (05/03 au 13/06/16) et au Musée des Beaux-Arts de Montréal (21/01 au 14/05/17)

 

 

une métaphore du monde de Marc Chagall

 
la Commedia dell’Arte est un des plus grand tableau (2.55 × 4 m) peint par Marc Chagall en 1958, déposé au foyer du théâtre de Frankfort par la Fondation Adolf et Luisa Haeuser Stiftung ; il présente presque tout le vocabulaire onirique de l’artiste et, de ce point de vue comme celui du style, est typique de son art :

 

Marc Chagall, la Commedia dell’Arte, 1958, huile, 2.55 × 4 m, au théâtre de Frankfort (courtoisie Fondation Adolf et Luisa Haeuser Stiftung, Frankfort)

 

un cirque théâtral

> le cirque chez Chagall est une métaphore du monde qu’il observe, ici en bas, dans l’habit d’un coq ; son iconographie est parsemée d’hybridations : "tête humaine remplacée par une tête d’animal, bêtes avec membres pour jouer de la musique, violoncelle avec bras et tête pour se jouer lui-même" [DP du Musée Chagall de Nice, 2007]

> l’élément central, le cheval, semble doux comme l’âne qui représente souvent le double de l’artiste ; il incarne l’amour qui permet d’atteindre le divin

> le violoncelle contribue à cette élévation jusqu’à l’au-delà ; d’ailleurs son musicien se tourne vers les amoureux (à droite en bas)

 

où se cache le diable ? dans les détails

> dans cette huile, où donc se cache le diable, personnage indispensable de toute comédie ? ici : dans les spectateurs à droite, celui au visage triangulaire

> le Pégase qui symbolise l’inspiration poétique, symbolise-t-il ici celle des musiciens ? car le chef d’orchestre (qui ressemble à l’artiste) le regarde ; quant au petit violoniste, il semble bercer son instrument comme un bébé

> à gauche en haut la colombe -symbole de paix- est enfermée dans une bulle, comme dans son paradis clôt : une paix intérieure ?

> en bas au milieu, cette datcha : est-ce un souvenir des origines de l’artiste ? la scène rappelle un peu sa gouache Village russe sous la lune

 

Qu’importe la justesse et les manques de cette courte analyse, elle permet d’observer tranquillement et de rêver devant cette oeuvre énigmatique dont les symboles complexes restent ouverts.

 

 

 

plus d’infos :

> minisite dédié à Chagall et la Musique
> l’exposition à La Philharmonie de Paris
> son exposition soeur à La Piscine de Roubaix
> le Musée Marc Chagall des Alpes maritimes
> le plafond de l’Opéra Garnier, synthétisé par le Google Institute
> résumé de la vie de Marc Chagall
> la Fondation Adolf et Luisa Haeuser Stiftung

 



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