les installations artistiques

 

la vogue des installations

les installations d’art pullulent ; ce genre relativement récent permet aux artistes de s’exprimer en grandeur nature, dans une dimension 3D où ils collent au plus près de la réalité.

Cet art environnemental convient bien aux institutions et aux grands collectionneurs, mais présente certains inconvénients au commun des mortels !

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Sophie Larger, vagabondes
(courtoisie l’artiste) / clic=zoom

l’actualité des installations par une exposition :

> avec des noeuds, Sophie Larger fait des sculptures et installations (différence ? l’une est autonome, l’autre in-situ par exemple autour d’un pilier) colorées de grandes dimensions
> il est toujours intéressant de découvrir une artiste qui fait des oeuvres innovantes et belles avec des matériaux extrêmement simples
> cette simplicité, alliée à des matériaux souvent naturels, est une spécialité de l’Estonie, petit pays récent aux idées universelles
> pour son centième anniversaire de l’Estonie la petite exposition Loov Kultuur ("Culture Créative", ne pas confondre !) , est un concentré rafraîchissant de la créativité estonienne : design, art, mode, graf...
> à voir jusqu’au 21 janvier 2018 à la Cité de la Mode et du Design (les Docks)

Sophie Larger artiste

 

> accueil d’Almanart

> sommaire thèmes

focus : installation en art, art environnemental, installations environnementales, art total, artiste installateur, sculpture pénétrable

 

qu’est-ce qu’une installation en art ?

comment définir ce medium artistique : l’installation ?

> les oeuvres d’art sont pratiquement toutes des images ou objets à contempler depuis leur extérieur, comme une sculpture où vous pouvez tourner autour mais pas entrer dedans ; pouvoir pénétrer dans l’oeuvre est donc la première définition de l’installation

> une installation artistique est souvent in-situ, conçue pour l’endroit où elle est destinée, et donc pièce unique ; autant la sculpture reste indépendante de son environnement (preuve en est, ses originaux sont édités en 8ex), autant l’installation doit s’adapter à l’endroit, quitte à être légèrement modifiée dans sa disposition, voire même la modifier : c’est tout l’espace qui forme oeuvre, alors on parle d’art environnemental

> conséquence de ces deux caractères : l’installation est souvent de grande taille, voire monumentale ; elle est parfois éphémère surtout lorsqu’elle est en extérieur, en ville par exemple ; si elle est amovible, elle comporte un mode de montage ; ne pas la confondre toutefois avec les décors de performances, dont le rôle est secondaire par rapport à l’événement lui-même

> parfois une installation réunit des pièces qui pourraient -dans d’autres circonstances- être autonomes :

   

... ainsi celle-ci réalisée par le couple Nikki de Saint-Phalle et Jean Tinguely en 1983 ; elle n’est pas "dégroupable" car réalisée in-situ et nommée : "La Fontaine Stravinski " (à côté du musée Pompidou et face à l’IRCAM) ;
"cette fontaine offerte aux Parisiens est la plus importante créée dans la capitale depuis celle du Trocadéro en 1937" [Libération, mars 83]
> en savoir plus

clic=zoom (courttoisie Office Tourisme Paris)

> en règle générale une installation est un oeuvre cohérente qui forme un tout, non divisible en parties qui deviendraient autonomes... Certains artistes trichent avec eux-mêmes et la signification de leur oeuvre, en présentant un ensemble qu’ils n’hésitent pas à vendre en appartement : collectionneurs méfiez-vous

Souvent, la frontière entre installation et sculpture est difficile à déterminer, comme par exemple ces oeuvres d’Anselm Kiefer

 

les installations artistiques sont récentes

la première installation reconnue est celle de Kurt Schwitters dans sa maison de Hanovre entre environ 1920 et 1937 : le Merzbau, qui est une construction ("Bau") reflétant sa démarche "Mertz" (intraduisible, inventé par lui), mais c’est une exception.

La deuxième célébrité est de Marcel Duchamp : "Etant donnés : 1° la chute d’eau 2° le gaz d’éclairage...", installation très personnelle élaborée en secret entre 1946 et 1966 à New York, mais révélée après sa mort en 1969 ; en voici une analyse surprenante par Gorik Lindemans.

Puis les installations se sont développées dans les années 1960, notamment par le groupe Fluxus dont Benjamin Gautier (Ben) était membre.

 

> cette boutique grandeur nature, exposée en 2003 au
Centre Pompidou, est une reconstitution de celle
où il vendait des disques d’occasion dans les 60’s ;
elle permet à Ben de rassembler quantité de ses
citations humoristiques anti-système

Ben, Bizart Bazar, 550x550x400, 2003
(courtoisie l’artiste) ... clic=zoom
  Benjamin Gautier Ben Bizart Bazar

Les installations artistiques ont été très utilisées dans les années 80 où vint le gigantisme en art. Enfin, elles ont explosé avec la génération actuelle d’artistes, car elles sont bien adaptées à leur culture : celle du cinéma grand format puis 3D, des jeux vidéo 2D1/2 (reconstitution 3D par effets spéciaux, comme le surround en sono), de la vie virtuelle, bref de ces formes où le spectateur devient acteur au sein d’un environnement imaginaire où il pénètre et se meut par alias interposé

 

 

 

l’installation flatte l’ego de l’artiste

dans une société où chacun ou presque a soif de se montrer (les réseaux sociaux le démontrent), où l’artiste doit être visible pour vivre, où la communication joue un rôle important, où la concurrence entre artistes est forte, créer de petites oeuvres accrochables semble pour certains réservé aux puristes surannés.

Alors l’installation réunit des qualités qui sont adaptées à cette société : elle est visible (pour ne pas dire incontournable), elle fait à la fois office de pièce d’art et d’emblème de communication. Elle flatte l’ego de l’artiste qui se voit photographié et placé dans les médias plus facilement ; il a l’impression de faire quelque chose de grand (évidemment), il a le sentiment d’exister davantage.

> une des classiques installations pénétrables de Kusama
qui traduisent l’obsession des pois qui aura traversé sa vie
(ici à MP13, Marseille-Provence ville culturelle européenne)
Yayoi Kusama, Dots Obsession Day, 2009
(courtoisie WellingtonGall) ... clic=zoom
  Kusama

Et vous, spectateur, reconnaissez que l’installation d’art est souvent ludique, spectaculaire et amuse vos enfants, si difficiles à traîner au musée.
Résultat : dans les foires prestigieuses comme dans le Salon de Montrouge pour artistes émergents, dans les Prix (notamment le prestigieux Marcel Duchamp de l’Adiaf), se succède chaque année une majorité d’artistes installateurs, complets ou partiels.

Que des avantages, donc ?

 

difficile de vivre en produisant des installations

en pleine crise économique, période de retour à l’art vendable, est-ce bien raisonnable de créer autant d’installations ?

Certainement pas, car qui peut les acheter ? hors des collectionneurs VIP qui sont une petite minorité, et les commandes d’Etat qui deviennent rares, qui donc a la place et les moyens de s’offrir de telles oeuvres -même relativement petites- presqu’absentes du deuxième marché et munies d’une cote aléatoire, quand elle existe ? Seuls peuvent en vivre les artistes déjà reconnus internationalement, ou boostés par un lobby ou un réseau...

Ce n’est pas un bien pour les artistes français en général : le marché international leur reproche déjà d’être trop conceptuels, croit-on vraiment que construire des installations va améliorer les choses ?
Almanart n’est pas seul à tirer l’alarme :
> déjà en 2009 Connaissance des Arts de mai p.62 abordait ce sujet "de la difficulté pour les jeunes artistes de se montrer au grand public" car (en substance) ils sont trop dans les Frac et Cie où les gens ne vont pas, ajoutant que "beaucoup vendent peu ou mal et vivent chichement" ; et le Point du 30 avril déplorait que les installateurs ne semblent ni avoir "entendu parler de peinture ou de sculptures" ni de la crise
> et en 2013 le PDG de Sotheby’s déclarait [Les Echos, 18 mars] : "beaucoup d’artistes français, la critique et les institutions, se sont tournés vers des créations conceptuelles ou sophistiquées (installations et vidéos) qui ne trouvent pas facilement le chemin du marché" ; un des maux français persistant...

   

...car rien n’a changé dans certaines mentalités qui nient cette réalité : les amateurs veulent des oeuvres vendables et si possible accrochables !

Ceci a même des répercussions économiques dans tout le monde de l’art, car nous savons tous qu’un artiste qui vend bien fait vivre nombre d’acteurs de ce monde.

 

< par exemple celui-ci aura du mal à vendre "Trou",
2009, dimensions variables, technique mixte :)
clic=zoom

 

  plus d’informations :

> l’installation, extension de la sculpture
> les techniques artistiques

 



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