inside, le port-franc de Genève !Mystérieux, secret, scandaleux ? Retour à raison : le Port-Franc de Genève, le plus grand du monde, notamment pour les oeuvres d’art et le design, est aussi le mieux géré. Etude et reportage d’Almanart :
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Genève n’est pas seulement agréable pour le tourisme, le chocolat, son FCH et le jet d’eau... une activité d’art intense y règne ainsi que des échanges scientifiques et commerciaux majeurs en art
reportage en 2014, mis à jour en 2025 |
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c’est une zone portuaire à l’intérieur de laquelle les marchandises transitent sans être soumises aux droits de douane, de TVA d’importation, de paiement de cautions ("franc" signifie franchise de taxe) ; cette "zone sous douane" (comprenez contrôlée par la douane) est située juridiquement "avant" la frontière douanière du pays où elle est implantée, comme si ces marchandises ne se trouvaient pas sur son territoire.
Au sein de cette zone, elles peuvent être manipulées, transformées, revendues ; les prestations d’entreposage, contrôle, restauration, analyses, etc s’y effectuent aussi en suspension de TVA
La vocation originale d’un passage en port-franc est de faciliter les manipulations de marchandises (regroupage, transbordement, réemballage) et leur gestion administrative (formalités d’exportation et douanières) dans un but de réexpédition, d’où leur implantation sur les ports maritimes et aériens ; il n’était pas prévu d’entreposage à long terme
en fait il y a deux ports-francs à Genève, car il y a aussi celui situé dans l’aéroport, plus petit et généraliste (note : la Suisse a 10 ports-francs en tout) ; on n’évoque ici que celui du quartier de la Praille ; il comprend sous législation suisse une zone hors douane et une zone sous douane libre de toutes taxes (sauf pour les résidents suisses) ;
le port-franc de La Praille est une société anonyme d’économie mixte dont l’Etat de Genève est actionnaire majoritaire ; il est exploité comme une société commerciale par Les Ports Francs et Entrepôts de Genève SA ;
le chiffre est peu précis bien que tous les objets doivent être répertoriés, mais il y a rotation : le Port-Franc donne 1 à 2 millions "de pièces" ; Maertens [Dans le secret des Ports Francs, Connaissance des Arts 16 janvier 2013] avançait en 2013 le chiffre de 1.2 million pour les seules oeuvres ; en fait seule la douane connaît ce chiffre, confidentiel
le Port-franc ne donne pas de chiffre ; "la presse évoquait le chiffre de 82 milliards €" en 2014 ; qui sait ? le Contrôle fédéral des finances, la douane bien sûr mais c’est aussi une grande muette
2/ la discrétion : il n’y a pas d’affichage des locataires, qui ne sont pas censés se connaître ; les magasins se ressemblent tous et n’ont qu’un numéro distinctif ; une oeuvre peut être transférée physiquement d’un magasin à un autre et le locataire d’un local n’est pas nécessairement le propriétaire des oeuvres
Note : l’importation temporaire est normalement limitée à 2 ans ; elle nécessite de bloquer sur un compte l’équivalent de la TVA (ce que fait le transitaire) et le paiement du transitaire (1% par trimestre) auprès de l’administration suisse
le port attire un ensemble de compétences et services : outre sur la fiscalité (les formalités d’import-export sont complexes car la Suisse n’est pas dans l’UE), expertise, restauration d’œuvres, estimation, manipulation et déménagements… Seuls services implantés à l’intérieur : sécurité, douanes, mais deux sociétés d’analyse y demeurent aussi ; les autres compétences extérieures viennent du monde entier : le port-franc est un pôle économique !
Ainsi le Port-Franc de Genève constitue un milieu favorable aux affaires, situé au sein du milieu suisse caractérisé par la discretion, l’efficacité et la stabilité juridique, politique et administrative ; c’est ce système global qui est apprécié. A priori les ports-francs asiatiques en développement ne présentent pas le même niveau de garantie et de respect des lois internationales et parfois des risques gépolitiques.
on reproche au Port-Franc de Genève de trop développer les activités de stockage à long terme, d’être devenu "la caverne d’Ali Baba de la Suisse" [Tribune de Genève en ligne, 15 avr. 2014] :
> lundi 14 avril 2014 le CDF publie un rapport soulignant "les risques d’abus fiscaux et de contournement des embargos", éléments que reprend LeMonde.fr [21.04.2014, Roxana Azimi] : le port-franc "a une fonction de gestion de fortune et d’optimisation fiscale pour des marchandises de haute valeur, ceci ne correspond pas à la fonction première des entrepôts douaniers, ni à l’esprit de la loi"
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> "on ne peut pas ignorer que certaines personnes utilisent ces espaces pour éviter de payer leurs impôts" note à Swissinfo Eric-Serge Jeannet, Vice-directeur au CDF |
Les Echos 23/06/14 sur ArtBasel : "pourquoi Bâle conserve-t-elle sa suprématie sur les autres foires mondiales ? la proximité du gigantesque port-franc de Genève y est pour beaucoup !" |
> RTS Info, déjà le 16.09.2012 : "les biens qui sont déposés sont hors d’atteinte des Etats étrangers ; les données d’inventaire ne sont pas transmises à des autorités étrangères"
> LaTribune.ch confirmait le 19.05.2014 : "faute de contrôles efficaces, les entrepôts peuvent être utilisés pour l’optimisation fiscale, revendiquer le remboursement de la TVA ou une aide à l’exportation pour des marchandises qui n’ont pas quitté le territoire suisse ; le CDF s’inquiète que plusieurs entrepôts stockent parfois des biens pendant plusieurs dizaines d’années.
les principaux ports-francs
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> le premier est Genève (2025), avec son extension à La Praille soit un total de 100’000 m2 ! |
des services de haut niveau sont implantés au sein du Port-Franc de Genève, soit hors soit sous douane, notamment des experts et laboratoires d’analyse ; à tire d’exemple lors de notre visite nous y avons rencontré :
opérateur du second marché haut de gamme, le Simon Studer Art jouit d’une réputation d’expertise notamment dans l’art moderne ; ses services sont conseil en art, courtage, recherche, estimation et certification, relations avec assurance, fiduciaires et douanes, logistique et stockage ; il a réuni une importante bibliothèque d’art ; il a choisi d’être implanté dans la zone hors douane du port-franc pour des raisons pratiques et logistiques, dans un confortable local accessible en toute sécurité depuis les couloirs banalisés du port
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Simon Studer, au centre
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égaillant l’austère entrée du Studio : |
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autre opérateur connu (non rencontré lors du reportage car installé en 2016) : Aubert Jansem, experts indépendants en art et aussi mobilier et design, également basés au Port Franc et inscrits sur la liste officielle des douanes ; a publié un intéressant article sur les pièges à éviter lors d’achats d’art
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le GFAA est spécialisé dans l’étude scientifique d’oeuvres d’art. ; il est équipé notamment en réflectographie, transmitographie infrarouge et microfluorescence de rayons X, qui permet d’identifier les pigments non organiques (pour la datation et l’authentification d’une oeuvre) ; il est situé au sein de la zone sous douane, pour des raisons logistiques et commerciales une analyse d’identification
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le LTMI élabore des scans multispectraux de tableaux ; il propose un check-up d’oeuvres pour les experts et historiens de l’art et les collectionneurs, fondé sur la technologie LT de Paris (qui a analysé La Joconde). mise en place d’une analyse multispectrale
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l’examen Xray et Infrarouge de la couche picturale permet de découper la matière en 1500 couches sur un spectre de 13 longueurs d’ondes, avec une définition moyenne 800 pixels au mm2. L’imagerie infrarouge révèle ce qui est sous la couche de peinture, et l’infrarouge multispectral prend des images à différentes profondeurs de la couche picturale ; elle permet aussi de simuler les couleurs d’origine d’une oeuvre ancienne.
> dès 2008 l’Europe a commencé à lutter contre le secret bancaire et le détournement fiscal ; même la Suisse a dû baisser (lentement...) ses barrières opaques. Mais l’effet fut pervers : les ports-francs d’Europe sont devenus les refuges légaux des grandes fortunes en art, ce qui explique en partie l’inflation des prix... [Marie Amelie Baudry : "La lutte contre le blanchiment d’argent au sein du marché de l’art" 2021] ;
> en 2016 suite aux ennuis judiciaires du patron de Natural-le-Coultre et de sa filiale Fine Art, vient un renforcement européen de la lutte contre les refuges fiscaux et la loi sur le blanchiment ; cela n’a pas aidé les affaires du Port Franc de Genève ;
> en 2018 le Parlement européen harmonise les pratiques de surveillance des États membres ; dès 2020 en France : les professionnels de l’art sont tenus à des obligations de vérification pour toute vente d’art dès 10.000€, sauf pour le mobilier (ce qui explique en partie l’inflation des prix du design, nouveau terrain spéculatif...). Bien difficile à vérifier, et quasi-impossible au sein des ports-francs, en effet :
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la loi impose bien aux locataires de dévoiler les noms de leurs sous-locataires, mais elle n’exige pas de ces derniers qu’ils communiquent le nom du propriétaire bénéficiaire... C’est le signe que la transparence s’améliore, la surveillance s’accroît avec la mise en place d’un système biométrique d’identification et traçage des visiteurs au sein de la zone franche ; des vérifications seront faites du trafic illégal d’antiquités ; les sociétés écrans sont en principe refusées.
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En 2025 par exemple Mediapart rappelle la continuité de certains problèmes sur lopacité fiscale, l’économie gris, le blanchiment et que les réformes engagées en 2015 non pas obtenu une rupture totale ; mais cela progresse.
les ports-francs sont pour l’art un outil indispensable pour la conservation, l’expertise, la certification, la restauration, le commerce des oeuvres d’art et antiquités ; un outil qui n’a aucune de solution de substitution, hormis les musées et fondations pour la part patrimoniale. Les ports-francs ont aussi une importance économique régionale, par la synergie des compétences et prestations qu’ils induisent. Suite aux opérations d’assainissement et de clarification de leurs activités, il faut en distinguer deux types : les ports-francs sains et relativement bien contrôlés, dont celui de Genève, et les relativement douteux.
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> le Port-Franc de Genève |
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