faut-il suivre la mode ?suivre les modes, une façon de s’initier en art actuel ? risqué car, par définition, les modes se... démodent !
|
> sommaire de comprendre
|
> achat-ventes de particulier à particulier
|
comme en économie, l’art crée des bulles qui, comme le chewing-gum, vous éclatent au nez !
Il y a les bulles d’origine extérieure à l’art (la crise financière de 2008...) et celles internes au monde de l’art, dues à la spéculation entretenue par le lobby marchand ; gare à l’engouement artistiquement irrationnel, lié à une ignorance et un manque de méfiance du public : un genre artistique, un artiste belle-gueule devient à la mode, dont on ne sait pas trop l’origine mais dont on sait sûrement qui en profite... pas vous, collectionneur, sauf si vous êtes averti et savez en jouer.
Si l’art est une affaire de sentiment, ce n’est pas une raison de vous faire tirer le portefeuille bien qu’il soit situé près du coeur ! sachez quel sont les "justes prix" de vos élans, sachez vous détacher des modes, elles ne sont pas toujours formatrices en art.
Pourtant il y a de "justes" modes, qui alors perdurent ; par exemple la (re)découverte des artistes africains que de courageux marchands ou organisateurs ont pris le risque de mettre en avant et en voient aujourd’hui le retour ; l’amateur doit donc conserver son esprit critique
|
|
cette longue mode s’est développée dès les années 1990 suivie d’une surexposition (!) dans les années 2010 : la photographie est populaire car tout le monde peut la comprendre et la pratiquer sur mobiles. L’exagération qui perdure 10 ans après se traduit par des prix devenus nettement trop hauts ; on a beau rappeler que la photo produit des oeuvres multiples qui ne devraient pas être plus chères que des estampes (une lithographie d’un grand nom comme Monory ne vaut que quelques centaines d’Euros), la hauteur des prix n’est pas logique ; alors pour votre décoration, autant acheter chez Lumas ou YellowKorner où le rapport qualité-prix est raisonnable.
|
Pourquoi cela dure : la foire Paris-Photo, née en 1996, entretient la confusion en accueillant aussi bien des photos d’art contemporaines, des tirages vintage et des clichés de reportage ; de sorte que l’amateur a du mal à faire le tri > ne pas confondre, il y a de vrais artistes qui utilisent le média photo ! par exemple cette oeuvre de Cédric Delsaux inspirée de Stars War n’est évidemment pas du reportage ; cette magnifique composition imaginaire est limité à 5 exemplaire en un seul grand format, conformément aux bons usages en art plastique : Cédric Delsaux, At-Cw1base, série Back-to-the-stars, 2018
|
|
Alors l’amateur d’art s’intéressant à la photo doit pratiquer une approche prudente :
> identifier la démarche du créateur, pour différencier le plasticien du simple photographe
> veiller au tirage ; un objet de collection voit sa valeur liée à sa rareté, or les tirages photo exagérés sont fréquents.
Pour se distinguer des photographes, les plasticiens-photographes usent de normes artistiques et plafonnent leurs tirages à 3, 5 ou maxi 7 exemplaires
sachez distinguer une photo artistique d’une photo tout court
|
en 2006 la BD a explosé avec les records fulgurants de Bilal ; depuis 2010 les marchands cherchent à en tirer le max en sortant des planches originales de tous les bons dessinateurs les uns après les autres... voire les moins bons ; problème : il y a un stock énorme de ces planches puisqu’on peut multiplier pour chaque auteur les pages par les cases : attention à l’atterrissage ! En 2021 vient la mode des mangas (merci de financer le Japon par nos impôts avec les chèques culture jeunes...) ; problème : rarement de bonne qualité, ce n’est pas de l’art, d’ailleurs au Japon c’est de la BD fast-food ; mais une bulle se prépare à l’avance... |
|
en 2009 lorsque le graffitisme a vraiment décollé sur le marché de l’art, boosté par l’exposition au Grand Palais, une bulle était crainte par de nombreux professionnels ; c’est devenu carément un cas d’école, voici l’édito d’Almanart en 2011 :
"> l’art des rues ressemble à l’impressionnisme d’autrefois : comme lui il est né hors des salons, dénigré, insulté, puis est entré dans les galeries d’avant-garde et maintenant il est dans les livings bourgeois et les musées
> cet art a déjà ses artistes historiques, des mairies proposent des murs ; les prix des oeuvres sont mis en orbite et quantité de seconds couteaux émergent
> alors une bulle pointe : ça bombe à tour de bras, inondation d’oeuvres vite faites ; tout le monde en veut, même les galeries classiques en-ont-un-ou-deux-sait-on jamais ; les maisons de vente ouvrent des départements spécialisés
> résultat : des oeuvres trop dupliquées, trop vues, parfois de qualité moyenne, des prix excessifs, une pléthore d’artistes suiveurs ou copieurs...
|
Depuis la bulle s’est dégonflée, en 2020 le domaine est devenu sélectif, on sait distinguer les bons des suiveurs et imitateurs > amateur : distinguez les artistes qui ne font que du street pour galerie "sans se mouiller" et ceux qui gardent une vocation des rues bien qu’opèrent aussi en galerie ; la différence est la spontanéité, parfois l’humour comme le montre Petite Poissone : Petite-Poissone, Ainsi-parla-Zara,
|
|
depuis 2010, c’est le dessin contemporain qui se gonfle comme le crapaud de La Fontaine. Il était venu au premier plan en 2008 grâce à la crise car c’est une oeuvre unique présumée abordable ; puis est venue une multiplication déraisonnable des foires de dessin, qui a nettement diminué avec la crise du Covid en 2020-21 ; mais les prix sont restés exagérés.
On lui pardonne car, au moins, ce sont des pièces uniques dont certaines restent abordables : amateur soyez attentif et sachez sélectionner sans vous laisser déborder par les tarifs ; négociez dur !
voir l’évolution du dessin et la dérive vers l’outrance
les amateurs de belles choses ont diversifié leurs sources d’acquisition et le design en fait partie :
> les collectionneurs d’art et de design sont souvent les mêmes
> les artistes et les designers sont aussi confondus, ne serait-ce que par moments,
voyez cette analyse
|
En 2017-2018 c’est l’explosion : après la Paris Design Week une quantité de foires ou ventes soi-disant "de puces" ont déboulé ; les vraies Puces elles-mêmes se sont mises au goût du jour, au point qu’on se demande parfois d’où vient la marchandise... Les prix deviennent exagérés, alors méfiance, sachez distinguer les "vraies" vintage aux retirages contemporains non signés ni numérotés et vendus en grand tirage ; mais il y a de "vrais" retirages au nombre restreints > ce fauteuil icône conçu par Charles & Ray Eames en 1956, est vendu 7000€ pour des exemplaires non numérotés retirés en 2005... : une attrape gogo
|
|
en 2020-22 il y eu une explosion de l’offre d’oeuvres virtuelles NFT payables en cryptos (explication ici) ; des opérations marketing branchées geek qui, évidemment, n’ont pas duré longtemps en raison des prix injustifiés et de l’inintérêt méprisant des vrais collectionneurs d’art... (précisions ici)
dans l’actuel délire excommunicateur à tendance woke, le féminisme radical tient le fusil jusqu’à confondre féminisme et féminité (voir cette page) : il faut ab-so-lu-ment mettre au 1er plan les artistes femmes, quels que soient leurs talents, et virer les hommes ; comme Hidalgo à Paris : interdiction d’abord, ensuite on verra, peut-être... : ainsi nait une bulle à caractère soviéto-culturel ;
dans une recherche d’oeuvres encore peu apparentes, les amateurs et collectionneurs préfèrent qu’une promotion soit faite sur leur qualité, indépendamment du genre, de la nationalité ou de la politique...
|
> témoin, l’exposition Pionnières Artistes dans le Paris des Années folles -titre accrocheur- au Musée du Luxembourg 2022 où, malgré quelques merveilles, la qualité artistique est moyenne et -c’est un comble- ne montre presque que des portraits de femmes et des nues ! narcissisme ou exploitation ? Personne n’a une épingle ?
Amrita Sher-Gil
|
|
il y a aussi des modes inverses, suscitant des mises au placard, et qui parfois rebondissent ; deux exemples :
> le célèbre artiste Georges Mathieu, autrefois mal coté et invisible car boycoté pour des raisons politiques ! mais envers qui le Jeu de Paume a déjà en 2002 démontré l’injustice artistique ; il a dès lors remonté son audience et sa cote : "après trente ans d’absence, retour triomphal de Mathieu à New York" (à la galerie Nahmad, Figaro janvier 2019) ; mais son grand retour à Paris n’a été qu’en 2025 où La Monnaie de Paris s’est associé au Centre Pompidou pour une magnifique et large rétrospective (voir l’analyse de deux oeuvres)
> idem pour la Figuration narrative ; peu connue à l’étranger, elle a été réhabilitée en 2008 au Grand Palais ; puis Gérard Fromanger (co-fondateur) a eu une rétrospecrtive à Pompidou en 2016 : bravo aux amateurs qui ont été patients
Lorsque des artistes de très bonne qualité voient leur visiblité diminuer car ils ne sont plus dans le coup et que, partant, leur cote diminue, voila une occasion pour l’amateur éclairé et patient d’acheter ; à condition d’être en bonne santé et pas trop vieux... car il est possible d’attendre quelques dizaines d’années pour voir une remontée
un truc de pro : veiller aux grandes expositions internationales avant qu’elles soient dans les agendas publiques, elle sont capables de faire remonter les cotes
une bulle se manifeste par des prix en hausse forte par rapport à la moyenne du marché ; elle est bornée par un commencement et une fin, de sorte que sa détection précoce est difficile puisque la preuve de son existence s’établit à... sa mort ! La bulle forme des cotes en montagnes russes et, à terme, des investissements périlleux ; elle entraîne un risque de faux ; en fin de compte elle place les amateurs d’art en victimes.
pour détecter l’émergence d’une mode, posez-vous ces quelques questions :
> parmi tous les sujets, genres, techniques, médiums d’art, l’un d’entre eux est-il en train d’occulter les autres ?
> toutes les revues parlent de ce jeune artiste-star : mais quel est son parcours, sa démarche, ses idées... son style est-il réellement novateur et surtout, surtout, par qui est-il soutenu ?
> telle oeuvre déjantée vous tente, mais quel sera votre regard dans 2, 5 ans ?
Gardons bon sens : l’important n’est pas le médium, c’est ce qu’en fait l’artiste ; son travail, sa qualité, la constance de sa démarche, sa sincérité, sont des bases qui prévalent à long-terme. Ne soyez pas timides : parler avec l’artiste ou lire les articles le concernant permet d’apprécier son histoire, s’il a quelque chose à dire, bref : voyez s’il n’est pas bidon.
L’histoire de l’art moderne est une bonne antidote aux excès : savoir que Malevitch a conçu l’oeuvre abstraite ultime en 1915 (le carré noir sur fond blanc) peut relativiser votre ardeur sur une peinture minimaliste récente et soit disant innovante ; connaître le mouvement pop vous permet de mieux peser une découverte qui peut être plutôt une simple réadaptation (on dit "réinterprétation" dans le langage policé de l’art).
annonces d'événements :
![]() |
le grand Salon international |
pour les JEMA (Journées Européennes des Métiers d’Art) :
|
le Printemps des Manufactures ouvre ses ateliers de dentelle, porcelaine, savonnerie et tapisserie... à la Manufacture de Sèvres et au Mobilier national du 10 au 12 avril |
![]() |
pour les JEMA (Journées Européennes des Métiers d’Art) :
|
les métiers d’art au MAD : événements et parcours pédagogiques au Musée |
![]() |
| |
bien que très internationale, Art Paris préserve une présence française forte et un secteur dédié aux jeunes galeries et à la création émergente |
|
rencontres, expos, événements, dans l’ancien Atelier Brancusi juste en face, ouverte à tous ... 1ères expositions : |
![]() |
| |
achetez art, design, décoration |
(Almanart est annonceur, pas place de marché)
utilisez ces fonctions : Plan du site
|
Imprimer
|
Contact
|
Favoris
|
Aide
|
Lien coupé
|
Envoyer à un ami
|
RSS 2.0 
Copie ou utilisation non autorisée contenu ou style, est contrefaçon ; site déposé à l'APP ; Almanart est une marque déposée, lire la suite... Réalisation Jmtconseils