une brève Histoire du paysage en peinture :la nature et surtout les paysages sont omniprésents dans l’histoire de la peinture occidentale, mais à des niveaux de représentation très différents : la nature paysagée passe d’un décor symbolique à un sujet autonome, du sublimé à la réalité écologique, puis augmentéeDans cette page, un panorama rapide :
Pour l’art actuel, cette page s’appuie sur l’exposition La Nature n’est pas un Décor, à la Maison Caillebotte 2026
Malgorzata Paszko
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pour les peintres actuels, La Nature n’est pas un Décor :> voici la Nature en contrepoint d’un magnifique parc gratuit : l’espace contigu à la Maison Caillebotte réunit huit artistes actuels de haut niveau qui s’appuient sur les Nymphéas de Claude Monet (aussi présentes) pour porter un regard singulier sur la nature ; une vision qui dépasse le réel perçu tant leur interprétation du paysage devient désirée, exacerbée, dramatique, symbolique, fantasmée voir politique, loin donc "d’être un décor" (titre de l’exposition) mais plutôt "une présence, peinte au plus près de la sensation, pour révéler les forces invisibles à l’oeuvre dans la nature" [DP]
< ci-dessus : entre les flous notamment Richter, et ceux de Monnet situé entre impressionnisme et abstraction, Malgorzata Paszko montre la difficulté de peindre la réalité changeante et mobile de la nature par le procédé lent du peintre ; ceci par sa technique : elle superpose deux toiles, lave celle peinte et récolte sur l’autre toile la matière passée au travers ! ce moyen complexe provoque "une peinture attentive aux métamorphoses de la nature" ; une oeuvre poétique et reposante
< ci-dessus : au contraire les tableaux de Ronan Barrot vous sautent aux yeux comme un danger imminent, par sa touche énergique, une densité de la matière et la force de ses couleurs ; des peintures qui, immédiatement, vous rappellent les scènes dramatiques de Goya ou les paysages tourmentés de Delacroix (exemple) ; sa vision d’une nature malmenée sonnent comme un cri ; l’arbre au premier plan ressemble à un humain terrorisé par l’incendie qui se profil, seul dans le chaos ; ses paysages s’imposent comme une urgence |
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la nature est symbole de la création divine, alors les paysages sont stylisés ; rarement sujet du tableau, le paysage reste en arrière-plan des scènes religieuses, sans perspective réaliste < les Frères de Limbourg, actifs entre 1385 et 1416 peignent ce célèbre Très Riches Heures du Duc de Berry dans la cavalcade traditionnelle du 1er mai ; le paysage n’est qu’un décor montrant la richesse de son patrimoine
les Frères Limbourg
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l’observation de la nature devient plus réaliste, bien que parfois baroque, avec une novation importante : l’invention de la perspective ; le paysage est plutôt théâtral car les artistes cherchent une nature ordonnée inspirée de l’Antiquité > cette Vierge aux rochers de Léonard de Vinci (1452–1519), est une démonstration géniale de l’usage du paysage : voyez l’importance que prend ici l’arrière plan qui, par ce réalisme baroque et théâtral, sert à amplifier l’effet ; ici, ce paysage tourmenté et menaçant contraste avec la sérénité de la scène, renforçant la protection offerte par Marie Da Vinci Leonardo
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un siècle plus tard la représentation est nettement plus libre, bien que la peinture soit très liée à l’idéal humaniste et à la mythologie ; > presque tous les tableaux pastoraux de Claude Gellée, dit le Lorrain ou Claude Lorrain, contiennent des scènes ou/et des bâtiments mythologiques ; mais ses paysages sont minutieux, très accomplis, vraissemblables et d’une grande beauté ; ainsi ils viennent au centre de plusieurs de ses peintures : Claude Lorrain
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c’est début de l’engouement pour la nature elle-même ; le paysage devient l’expression des émotions humaines, en réaction à l’industrialisation < cette Charrette de Foin de John Constable montre un paysage très réaliste, mais l’émotion est exacerbée par le ciel menaçant sur un chemin déjà inondé : si la nature est belle, le travail des paysants reste dur John Constable
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avec un demi-siècle d’avance, certaines dernières peintures de William Turner annoncent l’impressionnisme , bien que par une technique plus simple de dilution de la matière qui donne la sensation d’une ambiance humide < et ici le paysage est au centre du motif : cette montagne suisse est le vrai sujet de ce petit tableau dont il existe 3 exemplaires, révélant l’importance de cette perception diffuse que veut capter l’artiste William Turner Le Rig Bleu 1842 30x45
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les artistes quittent l’atelier pour peindre la nature en plein air, "sur le motif", seul moyen d’observation directe sans devoir repeindre en mileu clot et en différé ce qu’il auront sur place esquissé sur papier ; ceci grâce à l’invention de la couleur en tube et du chevalet mobile (bien qu’assez lourd), ce qui explique aussi que leurs tableaux soient relativement petits ; > parfois les artistes bravent les conditions météo : ce Barbizon sous la neige de Eugène Lavieille est à la fois d’un réalisme évident et d’un romantisme engendré par la scène elle-même ; le Musée des Peintres de Barbizon rassemble des oeuvres de cette "école" Eugène Lavieille
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stimulés par l’élaboration de modèles scientifiques des couleurs par Chevreuil, Newton, Young, Goethe, Hering, Maxwell, les peintres aussi cherchent à capter ces variations de lumière, cette décomposition de la couleur et inventent le divisionnisme, le pointillisme, et s’intéressent aux mouvements et les impressions visuelles avec l’impressionnisme ou la simplification par les Nabis) > van Gogh poussa plus loin que ses collègues les effets impressionnistes, une folie qui lui coûta d’être considéré comme tel et de ne rien vendre... ; l’éblouissement de cette toile l’est dans tous les sens du terme, mais incompris à l’époque : trop... moderne |
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ce siècle de révolution culturelle casse tout ; alors il ne suffit plus de sublimer la perfection de la nature ni de témoigner des sentiments qu’elle suscite : le paysage est décomposé, réinterprété, torturé ou sert de support de réflexions... le voici ainsi transformé par l’abstraction, le cubisme et le surréalisme, l’art optique... ; de physique la nature devient théorique < Nicolas de Stael construit cet espace par des couleurs posées au couteau autour d’un point de fuite central ; cette Sicile est simplifiée à l’extrême limite, mais pas celle de l’abstraction car on reconnait clairement un terrain réel... > ...tandis que dans cette Jeune fille sautant à la Corde de 1936, Salvador Dalí imagine ce paysage, qu’il utilise en décor pour accentuer la solitude ; mais la grande dimension de ce tryptique dissimule le vrai tout petit sujet sujet : il faut s’approcher pour comprendre que l’ombre de la jeune fille traduit sa frayeur (image ici) Nicolas de Stael, Sicile 1954 114x146
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l’art dit "contemporain" (voir sa définition) renverse la table : la révolution culturelle sociale et politique crée une libération et émulation jamais vue entre artistes, qui réinventent l’art plastiqueet ses moyens (vidéo, installation, numérisation...) dans une géopolitique mondialisée ; parallèllement l’art haut de gamme devient un terrain de jeu économique qui compte sur l’emploi, le tourisme et déborde sur la spéculation ; le paysage devient presqu’auxiliaire ou moyen d’exprimer autre chose et pour cela peut être représenté très librement > ainsi Anselm Kiefer exprime dans cette installation l’origine de la vie organique : elle jaillit de membres et ossements (en plâtre) ; le titre Sursum Corda est un message optimiste d’harmonie |
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Anselm Kiefer Sursum Corda
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quelle différence entre "art contemporain" et "art actuel" ?
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tout en continuant de travailler les médiums traditionnels, plusieurs artistes actuels utilisent la technologie pour imaginer de nouveaux paysages < Jacques Perconte (soutenu par la Galerie Charlot) sillonne monts et forêts pour capturer des images, changées en tableaux ou vidéos numériques impressionnistes ; une sorte de rappel du pointillisme du 19è siècle mâtiné d’abstraction qui exhale une sensation poétique reposante |
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ci-dessus : Jacques Perconte
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attention à ne pas confondre : certaines plateformes proposent de vrais outils pour les artistes et graphistes, d’autres pour le grand public ; pour le moment les images générées non contrôlées par l’artiste, sont reconnaissables par leur aspect artificiel, fantasmagoriques, aux couleurs bling-bling... on sort du domaine de l’art < image par Openart, générateur semi-gratuit de paysages fantastiques par IA Openart image générée IA
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dans les difficiles années 30 allemandes, ce n’est qu’en 2025 qu’on la redécouvre dans une exposition d’envergure au Museum für Neue Kunst de Freiburg Les Atamanes lui consacrent une exposition virtuelle bien documentée |
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