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petite histoire du paysage en peinture

une brève Histoire du paysage en peinture  :

la nature et surtout les paysages sont omniprésents dans l’histoire de la peinture occidentale, mais à des niveaux de représentation très différents : la nature paysagée passe d’un décor symbolique à un sujet autonome, du sublimé à la réalité écologique, puis augmentée

Dans cette page, un panorama rapide :

Pour l’art actuel, cette page s’appuie sur l’exposition La Nature n’est pas un Décor, à la Maison Caillebotte 2026

 

Malgorzata Paszko
Reflets 2011 env200x200 pigments et liant
(courtoisie Maison Caillebotte) ... clic=zoom

 

Ronan Barrot
ST 2015 env180x100 coll Volot
(courtoisie Maison Caillebotte) ... clic=zoom

 

 

> jusqu’au 18 octobre 2026
à la Maison Caillebotte

 

> accueil d’Almanart

pour les peintres actuels, La Nature n’est pas un Décor :

> voici la Nature en contrepoint d’un magnifique parc gratuit : l’espace contigu à la Maison Caillebotte réunit huit artistes actuels de haut niveau qui s’appuient sur les Nymphéas de Claude Monet (aussi présentes) pour porter un regard singulier sur la nature ; une vision qui dépasse le réel perçu tant leur interprétation du paysage devient désirée, exacerbée, dramatique, symbolique, fantasmée voir politique, loin donc "d’être un décor" (titre de l’exposition) mais plutôt "une présence, peinte au plus près de la sensation, pour révéler les forces invisibles à l’oeuvre dans la nature" [DP]

 Malgorzata Paszko  artiste

< ci-dessus : entre les flous notamment Richter, et ceux de Monnet situé entre impressionnisme et abstraction, Malgorzata Paszko montre la difficulté de peindre la réalité changeante et mobile de la nature par le procédé lent du peintre ; ceci par sa technique : elle superpose deux toiles, lave celle peinte et récolte sur l’autre toile la matière passée au travers ! ce moyen complexe provoque "une peinture attentive aux métamorphoses de la nature" ; une oeuvre poétique et reposante

 Ronan Barrot artiste

< ci-dessus : au contraire les tableaux de Ronan Barrot vous sautent aux yeux comme un danger imminent, par sa touche énergique, une densité de la matière et la force de ses couleurs ; des peintures qui, immédiatement, vous rappellent les scènes dramatiques de Goya ou les paysages tourmentés de Delacroix (exemple) ; sa vision d’une nature malmenée sonnent comme un cri ; l’arbre au premier plan ressemble à un humain terrorisé par l’incendie qui se profil, seul dans le chaos ; ses paysages s’imposent comme une urgence

   

 

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brève histoire de l’art, la peinture de paysages :

 

> au Moyen-Age (V–XV siècles) : la nature symbolique et spirituelle

Bouguereau-les-nymphes-et-le-satyre  

la nature est symbole de la création divine, alors les paysages sont stylisés ; rarement sujet du tableau, le paysage reste en arrière-plan des scènes religieuses, sans perspective réaliste

< les Frères de Limbourg, actifs entre 1385 et 1416 peignent ce célèbre Très Riches Heures du Duc de Berry dans la cavalcade traditionnelle du 1er mai ; le paysage n’est qu’un décor montrant la richesse de son patrimoine

 

les Frères Limbourg
Très Riches Heures du duc de Berry
v1416 miniature 23x14
(courtoisie musée Condé)
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> de la Renaissance au classicisme (XV–XVII siècles)

l’observation de la nature devient plus réaliste, bien que parfois baroque, avec une novation importante : l’invention de la perspective ; le paysage est plutôt théâtral car les artistes cherchent une nature ordonnée inspirée de l’Antiquité

> cette Vierge aux rochers de Léonard de Vinci (1452–1519), est une démonstration géniale de l’usage du paysage : voyez l’importance que prend ici l’arrière plan qui, par ce réalisme baroque et théâtral, sert à amplifier l’effet ; ici, ce paysage tourmenté et menaçant contraste avec la sérénité de la scène, renforçant la protection offerte par Marie

Da Vinci Leonardo
Vergine delle Rocce v1486 199x122
(courtoisie Louvre)
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Vierge aux rochers de Léonard de Vinci

un siècle plus tard la représentation est nettement plus libre, bien que la peinture soit très liée à l’idéal humaniste et à la mythologie ;

> presque tous les tableaux pastoraux de Claude Gellée, dit le Lorrain ou Claude Lorrain, contiennent des scènes ou/et des bâtiments mythologiques ; mais ses paysages sont minutieux, très accomplis, vraissemblables et d’une grande beauté ; ainsi ils viennent au centre de plusieurs de ses peintures :

Claude Lorrain
Ascagne abattant le cerf de Silvia 1682
(courtoisie Ashmolean Museum)
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Claude Lorrain peintre

 

> le romantisme (XVIII et début XIX siècles) : sublime la nature

  John Constable peintre  

c’est début de l’engouement pour la nature elle-même ; le paysage devient l’expression des émotions humaines, en réaction à l’industrialisation

< cette Charrette de Foin de John Constable montre un paysage très réaliste, mais l’émotion est exacerbée par le ciel menaçant sur un chemin déjà inondé : si la nature est belle, le travail des paysants reste dur

John Constable
La Charrette de foin 1821 130x185
(courtoisie National Gallery) ... clic=zoom
  William Turner Le Rig Bleu  

avec un demi-siècle d’avance, certaines dernières peintures de William Turner annoncent l’impressionnisme , bien que par une technique plus simple de dilution de la matière qui donne la sensation d’une ambiance humide

< et ici le paysage est au centre du motif : cette montagne suisse est le vrai sujet de ce petit tableau dont il existe 3 exemplaires, révélant l’importance de cette perception diffuse que veut capter l’artiste

William Turner Le Rig Bleu 1842 30x45
(courtoisie Tate Gallery) ... clic=zoom

 

> le réalisme (milieu XIX siècle) veut peindre la vraie nature

les artistes quittent l’atelier pour peindre la nature en plein air, "sur le motif", seul moyen d’observation directe sans devoir repeindre en mileu clot et en différé ce qu’il auront sur place esquissé sur papier ; ceci grâce à l’invention de la couleur en tube et du chevalet mobile (bien qu’assez lourd), ce qui explique aussi que leurs tableaux soient relativement petits ;
alors ils se retrouvent (et se concurencent) dans quelques lieux comme Barbizon, Trouville, Pont-Aven...

> parfois les artistes bravent les conditions météo : ce Barbizon sous la neige de Eugène Lavieille est à la fois d’un réalisme évident et d’un romantisme engendré par la scène elle-même ; le Musée des Peintres de Barbizon rassemble des oeuvres de cette "école"

Eugène Lavieille
Barbizon sous la neige durant l’hiver 1855
(courtoisie Musée de Barbizon)
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Eugène Lavieille 
Barbizon sous la neige

 

> impressionnisme, pointillisme (fin XIX siècle) : le tournant vers la modernité

stimulés par l’élaboration de modèles scientifiques des couleurs par Chevreuil, Newton, Young, Goethe, Hering, Maxwell, les peintres aussi cherchent à capter ces variations de lumière, cette décomposition de la couleur et inventent le divisionnisme, le pointillisme, et s’intéressent aux mouvements et les impressions visuelles avec l’impressionnisme ou la simplification par les Nabis)

> van Gogh poussa plus loin que ses collègues les effets impressionnistes, une folie qui lui coûta d’être considéré comme tel et de ne rien vendre... ; l’éblouissement de cette toile l’est dans tous les sens du terme, mais incompris à l’époque : trop... moderne

Vincent van Gogh Moisson en Provence
Vincent van Gogh
Moisson en Provence 1888 50x60
(courtoisie Israel Museum)
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> les Nabis examinent sous un autre angle l’impression lumineuse : celui de la simplification (à-plats, langues de couleurs sans dégradé) qui va jusqu’à l’anti-chambre de l’abstraction (qui fut inventée presque la même année que ce tableau) ; Félix Vallotton fut le plus audacieux d’entre-eux :

Félix Vallotton
Coucher de soleil 1913 collpart
(courtoisie)
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Félix Vallotton Coucher de soleil

 

> l’art moderne (début du XX siècle) réinvente la nature

  Nicolas de Stael Sicile  

ce siècle de révolution culturelle casse tout ; alors il ne suffit plus de sublimer la perfection de la nature ni de témoigner des sentiments qu’elle suscite : le paysage est décomposé, réinterprété, torturé ou sert de support de réflexions... le voici ainsi transformé par l’abstraction, le cubisme et le surréalisme, l’art optique... ; de physique la nature devient théorique

< Nicolas de Stael construit cet espace par des couleurs posées au couteau autour d’un point de fuite central ; cette Sicile est simplifiée à l’extrême limite, mais pas celle de l’abstraction car on reconnait clairement un terrain réel...

> ...tandis que dans cette Jeune fille sautant à la Corde de 1936, Salvador Dalí imagine ce paysage, qu’il utilise en décor pour accentuer la solitude ; mais la grande dimension de ce tryptique dissimule le vrai tout petit sujet sujet : il faut s’approcher pour comprendre que l’ombre de la jeune fille traduit sa frayeur (image ici)

Nicolas de Stael, Sicile 1954 114x146
(courtoisie musée de Grenoble) ... clic=zoom

 

> art "contemporain" (2è moitié du XX siècle +...) : l’enjeu économique et écologique

l’art dit "contemporain" (voir sa définition) renverse la table : la révolution culturelle sociale et politique crée une libération et émulation jamais vue entre artistes, qui réinventent l’art plastiqueet ses moyens (vidéo, installation, numérisation...) dans une géopolitique mondialisée ; parallèllement l’art haut de gamme devient un terrain de jeu économique qui compte sur l’emploi, le tourisme et déborde sur la spéculation ; le paysage devient presqu’auxiliaire ou moyen d’exprimer autre chose et pour cela peut être représenté très librement

> ainsi Anselm Kiefer exprime dans cette installation l’origine de la vie organique : elle jaillit de membres et ossements (en plâtre) ; le titre Sursum Corda est un message optimiste d’harmonie

Anselm Kiefer Sursum Corda
Anselm Kiefer Sursum Corda
(courtoisie Musée Rodin) ... clic=zoom

avec la conscience écologique, plusieurs artistes interrogent le rapport de l’homme à la nature de sorte qu’enfin du siècle le paysage devient un lieu central de réflexion

> Fabrice Hyber se dit "artiste écoresponsable" depuis longtemps ; il s’exprime non pas dans un catastrophisme rabâché, mais de manière joyeuse, ludique et didactique (voir son exposition chez Cartier) ; déjà depuis 1997 il a semé une forêt artificielle de 100’000 arbres par semences pour que la vie fonctionne, qu’il illustre à l’époque par des Peintures Homéopathiques

Fabrice Hyber
Peinture homéopathique 15 Entrave 1999 204x261
(courtoisie l’artiste)
clic=zoom
Fabrice Hyber
Peinture homéopathique

quelle différence entre "art contemporain" et "art actuel" ?

> art actuel : le paysage numérisé et augmenté

  Jacques Perconte artiste  

tout en continuant de travailler les médiums traditionnels, plusieurs artistes actuels utilisent la technologie pour imaginer de nouveaux paysages

< Jacques Perconte (soutenu par la Galerie Charlot) sillonne monts et forêts pour capturer des images, changées en tableaux ou vidéos numériques impressionnistes ; une sorte de rappel du pointillisme du 19è siècle mâtiné d’abstraction qui exhale une sensation poétique reposante

  Mihai Grecu artiste numérique  
ci-dessus : Jacques Perconte
Monte Bianco Monte d Oro extrait
(courtoisie l’artiste) ... clic=zoom

l’IA (voir son usage en art) n’est pas forcément vécue comme concurrente ou danger, des artistes l’utilisent comme outil, en générant des images qu’ils pilotent puis modifient

< cette forêt synthétique de Mihai Grecu créée avec une IA (voir la vidéo), est présentée comme testament d’une intersection entre la nature détruite et la technologie qui la recrée ; une oeuvre NFT proposée par Danae en ligne ou en print

Mihai Grecu
Grecu Latent Forest vidéo sur Ethereum 2026
(courtoisie Danae) ... clic=zoom
  image IA  

attention à ne pas confondre : certaines plateformes proposent de vrais outils pour les artistes et graphistes, d’autres pour le grand public ; pour le moment les images générées non contrôlées par l’artiste, sont reconnaissables par leur aspect artificiel, fantasmagoriques, aux couleurs bling-bling... on sort du domaine de l’art

< image par Openart, générateur semi-gratuit de paysages fantastiques par IA

Openart image générée IA
(courtoisie Openart)

 



 

 

 

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une peintre d’avant-garde à (re)découvrir

dans les difficiles années 30 allemandes, 
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Les Atamanes lui consacrent une exposition virtuelle bien documentée


 

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