une brève Histoire du paysage en peinture :la nature et surtout les paysages sont omniprésents dans l’histoire de la peinture occidentale, mais à des niveaux de représentation très différents : la nature paysagée passe d’un décor symbolique à un sujet autonome, du sublimé à la réalité écologique, puis augmentée ; panorama :
> jusqu’au 18 octobre 2026
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pour les peintres actuels, "La Nature n’est pas un Décor" :> voici la Nature mise en contrepoint d’un magnifique parc gratuit : l’espace d’exposition contigu à la Maison Caillebotte réunit huit artistes actuels de haut niveau qui s’appuient sur les Nymphéas de Claude Monet (aussi présentes) pour porter un regard singulier sur la nature ; une vision qui dépasse le réel perçu, tant leur interprétation du paysage devient désirée, exacerbée, dramatique, symbolique, fantasmée voir politique, loin donc "d’être un décor" (titre de l’exposition) mais plutôt "une présence, peinte au plus près de la sensation, pour révéler les forces invisibles à l’oeuvre dans la nature" [DP]
< ci-dessus : entre les flous notamment de Richter et ceux de Monnet situés entre impressionnisme et abstraction, Malgorzata Paszko contourne la difficulté de peindre la réalité changeante et mobile de la nature par le procédé lent du peintre ; elle y réussit par sa technique : superpose deux toiles, lave celle peinte et récolte sur celle du dessous la matière passée au travers ! ce moyen complexe provoque "une peinture attentive aux métamorphoses de la nature" ; une oeuvre reposante > accueil d’Almanart |
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> achat-ventes de particulier à particulier
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la nature est symbole de création divine, alors les paysages sont stylisés ; rarement sujet du tableau, le paysage reste en arrière-plan des scènes religieuses ou à la gloire d’un suzerain, sans perspective réaliste < les Frères de Limbourg, actifs entre 1385 et 1416, célèbrent par cette minature les Très Riches Heures du Duc de Berry au sein de la cavalcade traditionnelle du 1er mai ; le paysage n’est qu’un décor destiné à présenter la richesse de son patrimoine
les Frères Limbourg |
> de la Renaissance au classicisme (XV–XVII siècles)l’observation de la nature devient plus réaliste, bien que parfois baroque, avec une novation importante : l’invention de la perspective ; le paysage est plutôt théâtral car les artistes cherchent une nature ordonnée inspirée de l’Antiquité > cette Vierge aux rochers de Léonard de Vinci (1452–1519), est une démonstration géniale de l’usage du paysage : voyez l’importance que prend ici à l’arrière plan ce paysage tourmenté et menaçant, d’un réalisme baroque qui, par contraste, renforce et amplifie l’effet de sérénité de la protection offerte par Marie
Da Vinci Leonardo
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un siècle plus tard la représentation est nettement plus libre, mais la peinture est très liée à l’idéal humaniste et à la mythologie > presque tous les tableaux pastoraux de Claude Gellée, dit le Lorrain ou Claude Lorrain, contiennent des scènes ou/et des bâtiments mythologiques ; mais ses paysages sont minutieux, très accomplis, réalistes et d’une grande beauté ; ils occupent une place centrale dans plusieurs de ses tableaux Claude Lorrain
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c’est le début de l’engouement pour la nature elle-même ; le paysage devient l’expression des émotions humaines, en réaction à l’industrialisation < cette Charrette de Foin de John Constable évolue dans un paysage très réaliste, mais l’émotion est exacerbée par le ciel menaçant sur un chemin déjà inondé : si la nature est belle, le travail des paysans reste dur
John Constable |
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< ici il place le paysage au centre du motif : cette montagne suisse est le vrai sujet de ce petit tableau dont il existe 3 exemplaires, ce qui révèle l’importance de cette perception diffuse que veut capter l’artiste William Turner Le Rig Bleu 1842 30x45 |
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les artistes quittent l’atelier pour peindre la nature en plein air, "sur le motif", seul moyen d’observation directe sans devoir repeindre en mileu clos et en différé ce qu’il auront sur place esquissé sur papier ; ceci grâce à l’invention de la couleur en tube et du chevalet mobile (bien qu’assez lourd), ce qui explique que leurs tableaux soient relativement petits ; > parfois les artistes bravent les conditions météo : ce Barbizon sous la neige de Eugène Lavieille est à la fois d’un réalisme évident et d’un romantisme engendré par la scène elle-même ; le Musée des Peintres de Barbizon rassemble des oeuvres de cette "école" |
Eugène Lavieille
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stimulés par l’élaboration de modèles scientifiques des couleurs de Chevreuil, Newton, Young, Goethe, Hering, Maxwell, les peintres aussi cherchent à capter ces variations de lumière, cette décomposition de la couleur ; ils inventent le divisionnisme, le pointillisme et s’intéressent aux mouvements, aux impressions visuelles avec l’impressionnisme > van Gogh pousse plus loin que ses collègues les effets impressionnistes de décomposition de la couleur, une folie qui lui aura valu d’être considéré comme tel et de ne rien vendre... ; l’éblouissement de cette toile l’est dans tous les sens du terme, mais incompriss à l’époque : trop... moderne ! Vincent van Gogh |
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> les Nabis examinent sous un autre angle l’impression lumineuse : celui de la simplification (à-plats, langues de couleurs sans dégradés) qui va jusqu’à l’anti-chambre de l’abstraction (qui fut inventée presque la même année que ce tableau) ; Félix Vallotton fut le plus audacieux d’entre-eux :
Félix Vallotton
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ce siècle de révolution culturelle déconstruit tout : il ne suffit plus de sublimer la perfection de la nature ni de témoigner des sentiments qu’elle suscite, le paysage est décomposé, réinterprété, torturé ou sert de support de réflexion... le voici transformé par l’abstraction, le cubisme, le surréalisme, l’art optique... ; de physique la nature devient théorique
Nicolas de Stael, Sicile 1954 114x146
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< Nicolas de Stael construit cet espace par des couleurs posées au couteau autour d’un point de fuite central ; cette Sicile est simplifiée à l’extrême limite, mais pas celle de l’abstraction car on reconnait clairement un terrain réel
>> ...tandis qu’au contraire, avec cette Jeune fille sautant à la Corde de 1936 (image ici), Salvador Dalí imagine complétement ce paysage, qu’il utilise en décor pour accentuer la solitude ; mais la grande dimension de ce tryptique dissimule le vrai tout petit sujet : il faut s’approcher pour comprendre que l’ombre de la jeune fille traduit sa frayeur |
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l’art dit "contemporain" (voir sa définition) renverse la table : la révolution culturelle sociale et politique crée libération et émulation comme jamais vues entre artistes, qui réinventent l’art plastique et ses moyens (vidéo, installation, numérisation...) dans une géopolitique mondialisée ; le paysage devient presqu’auxiliaire ou le moyen d’exprimer autre chose et pour cela il peut être représenté très librement > ainsi Anselm Kiefer exprime dans cette installation l’origine de la vie organique : elle jaillit de membres et ossements (en plâtre) ; le titre Sursum Corda est un message optimiste d’harmonie
Anselm Kiefer
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avec conscience écologique, plusieurs artistes interrogent le rapport de l’homme à la nature de sorte que le paysage redevient un lieu central de réflexion > Fabrice Hyber se dit "artiste écoresponsable" ; il s’exprime non pas dans un catastrophisme rabâché, mais de manière joyeuse, ludique et didactique (voir son exposition chez Cartier) ; déjà depuis 1997 il a créé une forêt de 100’000 arbres, par semences, pour que le processus de la vie s’accomplisse, acte qu’il illustre à l’époque par des Peintures Homéopathiques Fabrice Hyber
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quelle différence entre "art contemporain" et "art actuel" ?
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tout en continuant de travailler les médiums traditionnels, plusieurs artistes actuels utilisent la technologie pour imaginer de nouveaux paysages
< Jacques Perconte (soutenu par la Galerie Charlot) sillonne monts et forêts pour capturer des images, changées en tableaux ou vidéos numériques impressionnistes ; une sorte de rappel du pointillisme du 19è siècle mâtiné d’abstraction qui exhale une sensation poétique reposante Jacques Perconte
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l’intelligence artificielle (IA : voir son usage en art) n’est pas forcément vécue comme concurrente ou danger, des artistes l’utilisent comme outil, en générant des images qu’ils pilotent puis modifient < cette forêt synthétique de Mihai Grecu créée avec une IA (voir la vidéo), est présentée comme testament d’une intersection entre la nature détruite et la technologie qui la recrée ; une oeuvre NFT proposée par Danae en ligne ou en print Mihai Grecu |
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< image exemple montrée par Openart, un générateur semi-gratuit de paysages fantastiques par IA, pour l’usage de tous. Openart image générée IA
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salon, galeries, gala... le Printemps Asiatique déploie à Paris, depuis le patrimoine ancien à l’art et design contemporains
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du 3 au 12 juin
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