les Vanités au Musée Maillol

 

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Vanités : la mort dans tous ses états
> au Musée Maillol, du 3 février au 28 juin 2010

Toutes images : courtoisie musée Maillol, Almanart sauf précision

 

  Courageux, le Musée Maillol réussit un tour de force sur un thème difficile mais passionnant : rassembler sur ses 3 étages 160 pièces dont certaines exceptionnelles -Caravage, Zurbaran, Braque, Warhol, Hirst…- et expliquer ce genre de manière synthétique et compréhensible. Regret : l’absence d’artistes mexicains, région où la mort fait l’objet d’une sorte de vénération fêtée chaque début novembre

 

le classicisme

Depuis l’origine des temps l’homme est fasciné par la mort et sa symbolique : le crâne (l’exposition en montre un sur une Mosaïque de Pompéi du 1er siècle), symbole prémonitoire de la mort, et donc objet de rituels.
Mais sa relation avec la vanité (latin : vanitatem, de vanus : vain) vient d’Ecclésiast, fils de David, roi de Jérusalem, qui vers -250 proclame dans l’Ancien Testament : "vanité des vanités, tout est vanité", parole d’introduction à sa philosophie de retour à la sagesse et l’humilité : "j’ai tout vu ce qui se fait sous le soleil, tout est vanité et poursuite du vent" (1, 13).

 

 

Le Moyen-Age chrétien (14-15è siècle) et son cortège de malheurs généralise la représentation de la mort donnée par le squelette faucheur, que la Renaissance et son humanisme positif s’empressent d’oublier ( mais Loïc Malle, historien d’art, rappelle que déjà en 1521, Dürer peignit St-Jérôme posant l’index d’une main sur sa tempe et l’autre main sur un crâne)

Elle revient au 17è siècle par l’emblème du crâne, fossile témoin de l’existence de chaque individu ; de sorte que dans notre civilisation ce qu’on appelle "les Vanités" évoquent par un crâne le memento mori de notre condition humaine.

Dans la peinture classique le crâne est accompagné d’un témoin du temps qui passe (bougie, sablier), de livres représentant la futilité du savoir et de fleurs ou fruits évoquant la déchéance de la matière : on peut parler de nature morte !

 

Francisco de Zurbaran : St-François agenouillé, vers 1635
(courtoisie Adolfo Nobili) ... clic=zoom
  Francisco de Zurbaran : St-Francois

 

Les modernes

Dans un 19è siècle trop assuré de sa science, la mort est peu représentée, malgré "l’étendard sanglant" (Loïc Malle, critique) que fit régner la France sur l’Europe et peut-être minimisée par le pansement du romantisme artistique, bien qu’il y eu le romantisme noir où Delacroix notamment illustra Shakespeare.

  Clovis Trouille  

Le 20 siècle moderne et ses fléaux la vit bien vite revenir, mais observons que l’Expressionnisme allemand est dépourvu de Vanités ; d’ailleurs dans cette exposition le seul témoin du type Vanités databt d’entre les deux guerres est cet extraordinaire et rare tableau de Clovis Trouille.

 

 

Clovis Trouille, La Complainte du vampire, 1930
(courtoisie D.Filipacchi) ... clic=zoom

 

les contemporains

Après la 2è guerre mondiale, le choc de la Shoah est tellement violent qu’aucun artiste ne s’autorise à disserter sur le sujet. Pour d’autres raisons ensuite, c’est la société de consommation qui écarte le sujet ; mais pas pour les artistes qui restent choqués et désillusionnés (Bernard Buffet, Max Ernst, Jean Hélion…). Ils eurent la prémonition du vide spirituel résultant de la déchéance des idéologies politiques et religieuses.

 

 

Plus tard le thème de la Vanité est repris par des artistes hantés par la mort qui rôde autour d’eux, tels Michel Journiac, Andy Warhol, Penck, Markus Lüpertz, Mapplethorpe... Ils créent leurs propres rituels expiatoires :

 

 

Andy Warhol, Skull, 1976, sérigraphie et polimerie sur toile
(courtoisie Loïc Malle) ... clic=zoom
 

Andy Warhol Skull

L’époque contemporaine où l’on ne croit plus à rien se caractérise par la dérision, un "s’en fout la mort" (dossier de presse) artistique avec le retour en force du gothique, du morbide comique (ou plutôt "comic’s") et la désacralisation à grande échelle de la mort, peut-être une autre façon d’évacuer l’effroi :

 

 

Nicolas Rubinstein

 

Tony Oursler the flame

 
Nicolas Rubinstein, ST, 2006,
Os, résine, polyester, acier
(coll.particulière) ... clic=zoom
 
Tony Oursler, the flame, 1998, vidéo d’un papillon tournant
autour d’une installation
(courtoisie gal. de Noirmont) ... clic=zoom

 

une mise en scène originale :

 

> un cabinet de curiosité a été installé avec une collection exotique de crânes, des projections mystérieuses et le comique squelette ganté de Michel Journiac ; c’est bien dans l’esprit de cette exposition car ces cabinets, ancêtres des musées, sont dès la Renaissance des supports de diffusion de sciences et coutumes parfois marginales :

 

 

 

(courtoisie Musée Maillol) ... clic=zoom
 

 

 

> une impressionnante collection de bijoux symboliques vénitiens
des Codognato a été réunie, sur le thème des Vanités :

 

 

 

Atilio Codognato (artisan),Pendentif
(coll.particuière ... clic=zoom
 

Atilio Codognato

 

 

plus d’infos :

> le somptueux catalogue de l’exposition édité par Flammarion, véritable document historique
> un livre d’art sur les Vanités dans l’art contemporain, édité aussi par Flammarion

 



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