le dessin contemporain

 

Le dessin ! discipline noble, difficile, pratiquée par tous les grands maîtres anciens et modernes ; une technique indispensable à tout plasticien.

Bien des artistes actuels l’ont compris et l’ont adopté comme tel : ils apprécient son côté intime, fragile, délicat ; les collectionneurs aiment ses prix modérés et cet avantage : il est une pièce unique, pas un multiple.

La définition du dessin a évolué par exemple vers le tracé sur ordinateur et s’est élargie aux oeuvres mixtes : crayon, gouache, aquarelle qui rehaussent un dessin ou une encre. Plus généralement, des galeries se sont spécialisées sur des oeuvres de toutes formes mais faites sur papier.

 

 

 

Florence Grundeler, ST, 54x54, 20116
(courtoisie Galerie Lazarew)

 

 

 

 
 

le dessin illustré par une exposition :

> la classification artistique place les aquarelles, pastels et encres en "dessins" ; c’est stupide et obsolète pour l’art actuel, bien plus riche ; notamment comment qualifier cette splendide oeuvre de Florence Grundeler : encre de chine, brou de noix, cendre, pastel, fil de coton piqué
> "le fil entre, sort, dessine ; il est l’ossature ; avec l’eau, elle conduit la matière (l’encre), la diffuse" [DP] ; c’est donc le mariage du geste inspiré et de la maîtrise d’une technique complexe qui aboutit à ces papiers et toiles abstraits, délicats et subtils, aussi témoins d’une énergie profonde
> une découverte de la Galerie Lazarew, à voir jusqu’au 21 mai 20116

Carol Rama
 
> accueil d’Almanart
> sommaire genres

focus : le dessin contemporain, dessiner et artiste dessinateur, dessin actuel / toutes images : clic=zoom

 

 

nous avons aimé ces jeunes dessinateurs :

 

  Noémie Sauve  

Noémie Sauve est une artiste pluridisciplinaire, multimédiums, qui s’est fait remarquée particulièrement pour ses dessins fantastiques et minutieux, représentant souvent un curieux bestiaire en interaction avec son environnement, qu’elle appelle "Animaux abîmés" dans tous les sens du terme.
Elle est représentée par la Galerie Papelart, spécialisée dans les oeuvres papier.

 

Noémie Sauve, Percé, crayon feutre, 2013, 66x92l
(courtoisie l’artiste et Galerie Papelart)

 

  Christophe Barthes de Ruyter  

est-ce l’influence de son métier de décorateur et costumier pour le théâtre, où il est connu, qui conduit Christophe Barthes de Ruyter a s’échiner sur de grands dessins minutieux en dyptique (comme ici) souvent porteurs de scènes mythologiques ?
Remarqué au Salon de Montrouge 2013, il a une prédilection pour l’encre de Chine rehaussée de peinture

 

 

Duel de bactéries, encre de Chine noire et rouge vermillon,
2011, 120 x (2 x 80) clic=zoom. (courtoisie l’artiste)

 

  Jean-Charles Michelet  

Jean-Charles Michelet, ancien étudiant à la Villa Arson à Nice, a imaginé une technique donnant à ses dessins un aspect photogramme ancien, avec un résultat d’autant plus décalé qu’il aborde des sujets contemporains ;
il les réalise à l’encre de chine sur rhodoïds transparents qui servent de négatifs pour être tirés sur papier photo ; d’où ce contraste entre un noir très profond du papier insolé et un blanc pur

 

dessin sur rhodoïd, 2010 clic=zoom. (courtoisie l’artiste)

 

  Julien Spianti  

comme beaucoup de contemporains Julien Spianti (représenté par la galerie Vitoux) mixe différentes techniques de dessin : crayon, encre, pastel, aquarelle... pour obtenir une expression subtile de ses personnages, de leurs mouvements, et une ambiance particulière des scènes évoquées ; du grand art

 

 

Julien Spianti, la Machine à remonter le temps, 2009
(courtoisie Galerie Vitoux)

 

 

le destin du dessin

aller puis retour de l’enfer :

tracer, dessiner est un réflexe inné de l’homme, une impulsion créative, action directe du cerveau à la main ; le dessin a donc naturellement été à la base de l’art : jusqu’au milieu du XIX siècle il était l’étape indispensable de préparation des tableaux comme des sculptures.

Les deux premiers tiers du XXè siècle ayant bouleversé les traditions de l’art classique, dessiner n’a plus été une obligation de base.
Pire ! dans les années 70-80 l’enseignement calamiteux aux Beaux-Arts jugeait le desin dépassé : "on partait du principe que les nouvelles formes de création -photo, installation, vidéo- permettaient de se passer du dessin" [Vincent Bioulès, ancien prof, aux BA, Le Monde 29/03/11]. C’était aussi stupide qu’avoir affirmé au 19è siècle que la photo allait supprimer le portrait peint... le même honnête professeur précise qu’aujourd’hui le dessin permet "l’observation lente par opposition aux images rapides des écrans".

Dessiner revient sur scène en fin des 70’s, de manière très décomplexée ; une ouverture qui au Centre Pompidou pris le nom de Cabinet Graphique, nuance qui lui permet d’englober aussi la gravure : la définition contemporaine du dessin ne se limite plus à l’usage du crayon ni aux esquisses.

  Dans les 90’s les USA révèlent d’autres façons de dessiner, par exemple sous une forme narrative et spontanée, ou celle du crayon non levé qui parcourt le papier inspirée du graffitisme, ou celle du méga-dessin minutieux qui envahit le mur entier... D’autres pratiques plus contestables ont accompagné ce retour, comme ces gribouillis d’une certaine "école" de NewYork élevés en créations artistiques, ou ces études préparatoires proposées comme étant des "oeuvres"...   Jean Cocteau : "écrire ... c’est dessiner, nouer les lignes de telle sorte qu’elles se fassent écriture, ou les dénouer de telle sorte que l’écriture devienne dessin" [Opium, 1930]

 

Enfin le dessin s’illustre avec les planches de BD vendues comme oeuvres "masters", dans des galeries spécialisées parfois ouvertes par les éditeurs eux-mêmes qui y trouvent un débouché dans le monde de l’art ; une bonne façon de faire le tri entre les BD de consommation courante -souvent moches- et celles à caractère artistique ; au collectionneur de veiller à les différencier.

 

Eric Stalner, Vito tome 2, planche 24, 35×46
(courtoisie Galerie Glénat)
 

Eric Stalner

Avec ce renouvellement le dessin a reconquis les cimaises ; le retour en force sur le marché s’est confirmé dès 2007, date du 1er Salon du Dessin Contemporain à Paris qui concurrence le vénérable Salon consacré aux dessins anciens, accompagné d’une flotte de foires off dynamiques (voir ci-après)

 

 

 

une définition élastique :

qu’est-ce encore que le "dessin" ? car cette notion a considérablement évolué :

vous voyez désormais aux salons spécialisés des "dessins" à la gouache, à l’acrylique (!), à la craie, à la limaille de fer, des collages ou même des vidéos dessinées (normalement appelées film d’animation…) ; quoi de commun avec les défititions classiques ?

 

Marlène Moquet : Eclairé éclairant, 2015, 145x21cm, à DrawingNow 2015
émail à froid, huile, aérographe, crayon de couleur (tout de même !)
(courtoisie Galerie Godin)... clic=zoom

Quand on est perdu, on fait appel aux dictionnaires ; or les définitions divergent :
> représentation sur une surface de la forme… sans la couleur... contour linéaire, profil, ligne (Larousse 2015)
> représentation au crayon, au pinceau ou à la plume etc -remarque : la couleur n’est pas citée à cette époque- (Larousse 1930)
> représentation de la forme et des valeurs de lumière et d’ombre plutôt que de leur couleur (Robert) 
> art de représenter des objets ou des idées, des sensations (CNRTL)
> en protection des dessins graphiques : se matérialisent par des éléments graphiques en deux dimensions (INPI)
> représentation grâce à un crayon, un pinceau, une plume (Académie de Nice), etc

La prolifération actuelle ne correspond pas une mode : elle est pérenne par un renouveau d’artistes talentueux et techniquement excellents ; elle répond à une demande d’une clientèle spécialisée ajoutée d’amateurs d’art contemporain et de jeunes collectionneurs attirés par les prix modérés ; elle a convaincus les marchands et a permis de crée la Semaine du Dessin (ci-dessous) :

  Xue Sun  

> attention, effet pervers : les prix s’envolent !
s’il est encore possible de trouver un beau dessin à moins de 1000€ (c’est modéré, pour une pièce unique), trop de familiarité avec d’autres médiums a boosté les prix à quelques dizaines de milliers d’Euros, montants exagérés avec risque de bulle.

 

Xue Sun, Créature, crayon, encre, aquarelle, 2009
Aurore Pallet, crayon et lavis, 2008
  Aurore Pallet

 

 

l’apogée, la semaine du dessin :

preuve de dynamisme : chaque année au printemps se tient la Semaine du Dessin à Paris ; en 2015 c’étaient :

> le Salon du Dessin :
 - à La Bourse dite Palais Brongniart, place de la Bourse
 - particularité : 80% d’oeuvres anciennes ou modernes ; la référence prestigieuse du dessin ancien

> Drawing Now :
 - Carreau du Temple, le nouveau lieu branché du Marais
 - particularité : "la" foire du dessin contemporain et actuel

> DDessin :
 - Atelier Richelieu, pas loin de la Bourse
 - la foire off axée sur la découverte de jeunes artistes actuels

> ajoutons le fameux Salon du Livre au Grand Palais de Paris, qui réunit en deux manifestations : les livres anciens (souvent illustrés) et les estampes anciennes et contemporaines

> pendant cette semaine, qui en fait perdure, des musées et fondations font un zoom sur leurs collections de dessins, avec visites guidées (par exemple la BnF fait visiter son riche Département des Estampes) ; les galeries aussi se focalisent sur le dessin : l’offre est immense

 

 

vénérable artiste, pourquoi dessinais-tu ?

pour un artiste d’autrefois les raisons de dessiner étaient nombreuses ; ces raions de base concernent aussi les jeunes :

> créer une oeuvre spécifique pour le support papier (Seurat)
> témoigner d’un événement (Daumier)
> témoigner d’une personne, d’un sentiment par le portrait (Delacroix)
> moquer la société par le dessin humoristique ou la caricature (Victor-Hugo)
> étudier, préparer, esquisser une autre oeuvre (Delacroix)
> ou simplement prendre sur le vif sur un journal, un carton..., le papier étant un support facile à trouver et peu cher (Toulouse-Lautrec)

  Georges Seurat   Honoré Daumier   Eugène Delacroix
 
Georges Seurat, dessin au crayon comté, vers 1890
 
Honoré Daumier, carricature illustrant le livre Les Gens de justice, vers 1846
 
Eugène Delacroix, auto portrait, vers 1826, crayon rehaussé
  Victor-Hugo   Eugène Delacroix   Toulouse-Lautrec
 
Victor-Hugo, Cardinal grand inquisiteur, 1873, dessin colorié
 
Eugène Delacroix, vers 1843, esquisse pour Orphée pour l’Assemblée Nationale
 
Toulouse-Lautrec, esquisse rapide faite au cabaret, vers 1890

 

mais presque toujours, ces artistes jouaient la perfection, la précision, la minutie, par un travail laborieux...

 

 

 

 

 

le dessin actuel s’est émancipé

le dessin actuel a évolué vers une diversification des genres, des médias et des techniques qui donnent une grande liberté aux artistes, une forte visibilité à ce média et ainsi un fort intérêt des collectionneurs :

> le nouveau dessin classique se pose sur de nouveaux supports comme le plexi (Ulrike Bolenz)
> le dessin réaliste se confond avec la photo (Frank Selby)
> le dessin fantastique reste un "classique" (Antoine de Castellane, représenté par la galerie Capazza)
> la BD se voit détournée (illustrateur Claude Mirande)
> le dessin mural se libère du support (Nicolas Buffe)
> la carricature humoristique engagée, devient tableau (Murzo) (voir aussi Capatte)
> le mixage de la BD et du graffiti (Freddish Papritz)
> le dessin éphémère, à la craie et en fresque (Dan Perjovschi)
> le dessin en vidéo ou images animées (Sebastian Diaz Morales)
> quand au livre d’artiste, il prend des formes très imaginatives

 

Ulrike Bolenz   Frank Selby   Antoine de Castellane
Ulrike Bolenz, Groupe Bleu, 2009, technique mixte
 
Frank Selby, Disaster for window6, 2007, crayon sur calque
 
Antoine de Castellane, dessin, 2008
Claude Mirande   Nicolas Buffe   Murzo
Claude Mirande,
dessin d’illustration
 
Nicolas Buffe, dessin mural à la craie,
2010, Tokyo+gal.Schirman-Debeauce Paris
 
Murzo, Grandeur et décadence, 2013
avec les couleurs du drapeau français
Freddish Papritz   Dan Perjovschi   Sebastian Diaz Morales
Freddish Papritz, Blood Marvel, 2009, crayon, feutre,pochoir
 
Dan Perjovschi, 2007, craie sur tableau noir, CCSuisse de Paris
 
Sebastian Diaz Morales, 2004, Lucharemos hasta anular la ley : dessin ou vidéo ou combinaison ?

 

 



 

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