estimer la valeur d’une oeuvre

 

vous avez dit "estimer" ?

 

l’achat ou la vente d’une oeuvre nécessitent d’en évaluer le prix juste ; l’estimation est la pierre angulaire d’une transaction honnête

 

 

 
 
 
 

 

 

> Edouard Buzon, ST, 2015,
vernis, pigments et photos
 

l’estimation illustrée par une exposition :

> parfois l’amateur débutant demande à l’artiste : "combien de temps vous a pris cette toile ?" avec en arrière pensée une relation avec son prix ; mais l’artiste -contrairement à l’artisan- ne fait aucunement cette relation
> sinon cette belle oeuvre Edouard Buzon coûterait bien plus qu’elle n’est proposée : en effet il part d’une photo d’un paysage urbain souvent désolé qui lui sert de trame de fond, puis sur plusieurs mois il laque, il vernit, il écrit en superpositions ; de cette longue application résulte une oeuvre fortes et profonde, d’un style unique bien reconnaissable
> voici qu’il fête ses dix ans de collaboration avec Envie d’Art : c’est par ce soutien et son talent qu’il est devenu connu, c’est cet ensemble qui détermine ses prix
> à voir jusqu’au 13 juin à la Galerie Envie d’Art (quartier haut Matignon) :

Edouard Buzon

 

  > accueil d’Almanart   > réagissez à cet article

focus : estimer oeuvre art estimation tableau, évualuer valeur oeuvre art tableau, coût, prix cote de l’art, coût prix oeuvre art tableau

 

 

quelle est la question ?

il est question ici de la valeur économique d’une oeuvre, c’est-à-dire le prix correct d’une oeuvre au moment où vous l’achetez ou la vendez.
Statistiquement, ce prix "objectif" dépend d’abord de son mode de fabrication : (huile, sculpture, estampe, etc : voir) puis de sa dimension ; mais pour chacune de ces catégories, il est lié aux éléments suivants, par ordre approximatif d’importance :

> l’artiste, sa renommée et sa cote sur le marché au moment donné
> la qualité et l’intérêt de l’oeuvre au sein de sa production
> l’époque relative de sa création (maturité de l’artiste, sa position dans un mouvement, son âge, les accidents de la vie - par exemple lorsque la vision de Monnet a été affectée, ses oeuvres sont devenues ternes)
> l’époque de la transaction (en raison des modes et de l’évolution du focus culturel)
> l’état du marché à court-terme : 2-3 ans, soit le délai d’une "bulle" (par exemple en 2009, bien des chinois copieurs et des artistes bling-bling ont plongé)
>le pays de l’acheteur (exemple : des artistes français peu connus en Europe sont au top en ne vendant quasiment qu’en Asie ou dans les pays du Golf)
> de l’état de l’oeuvre et de sa difficulté de conservation et restauration
> de la difficulté logistique : transport, maintenance, assurance (c’est le problème par exemple des installations ou des vidéos)

 

Pascal Maljette

Pascal Maljette, artiste français qui vit en Chine, y expose et y vend très bien
He said, huile, 2011, 130x130 (clic=zoom)

 

la cote, facteur de valorisation

la cote est une indication de la valeur d’une oeuvre, obtenue par constat officiel lors de ventes aux enchères ; dire qu’un artiste est "bien coté" est un raccourci relatif et sans... valeur.
La cote suit un cours variable selon ces différentes ventes, la santé de l’économie, la trajectoire de l’artiste, le dynamisme de ses représentants et le sens du vent (la mode, son décès, etc) ; pour être crédible la cote d’une oeuvre doit s’établir non pas sur le cours "instantané", comme en bourse, mais sur une moyenne statistique glissante qui évolue lentement.
Cette cote sert de base pour établir un prix, mais elle ne couvre pas tous les cas : ne figurent pas dans ces statistiques les oeuvres vendues de gré à gré, par les galeries ou des particuliers ; ainsi les jeunes artistes, les émergents sur le marché, les artistes peu renommés n’y sont pas : c’est un système assez restrictif mais le seul qui fournisse des chiffres officiels (voir les définitions du premier et du second marché : )

Quand on dit qu’un artiste est coté, c’est son oeuvre qui l’est ; mais une cote est une reconnaissance du marché envers cet artiste. Bien sûr elle est soumise à la mode, influencée par les médias et un marketing efficace ; mais c’est un indice qui fait autorité : les experts s’y réfèrent, les ventes s’y calent et l’artiste lui-même voudra difficilement vendre au-dessous car il aurait l’impression qu’on lui vole quelque chose... Acheteur, vous ne pourriez l’ignorer.

De sorte que tout artiste souhaite voir s’établir sa cote, si possible haute : c’est une reconnaissance de son travail et cela lui facilite son chiffrage (il peut se baser sur quelque chose) ; mais pour cela il faut que plusieurs de ses oeuvres soient vendues aux enchères pour entrer sur le marché coté d’une manière significative, et non pas par une ou deux ventes, parfois provoquées par ses amis ou agents (ce qui ne signnifie pas qu’elle soit fausse, mais plutôt peu pérenne).

pratique :
 - savoir nuancer : certains artistes récents connus et appréciés figurent peu au second marché, par le fait que leurs collectionneurs ne veulent pas se séparer de leurs oeuvres ou souhaitent attendre qu’il monte ; l’absence d’une cote significative n’est alors pas dévalorisant
 - si l’artiste peu vendu aux enchères a une galerie connue qui le suive, qu’elle le vend bien, alors sa réputation est suffisante pour qu’elle fasse toute seule autorité par les prix qu’elle pratique ; la difficulté est qu’alors ces prix n’entrent dans aucune base de données

 

comment le second marché fixe la cote

un lot à vendre (soit une pièce soit un ensemble de pièces non séparables) est toujours proposé dans une "fourchette d’estimation", dont la valeur inférieure sert de mise à prix, par exemple : "estimation de 1000 à 1500€" ; de quoi s’agit-il ?
C’est un ordre de grandeur utile pour savoir si le lot est dans vos moyens, vous inciter à venir ou non acheter ; c’est tout, car :

> le jeu même des enchères est de vendre au plus haut, en suscitant l’engouement de la salle qui souvent fait dépasser la fourchette haute
> s’ajoute à cela une tactique de vente : soit le commissaire tente un coup en sur-estimant, soit plus souvent on attire l’amateur en sous-estimant, ceci relativement modérément (moins de +/-50% d’une vraie estimation)
> mais outre les erreurs légitimes, il y a parfois des abus ; une sur-estimation peut engendrer une mévente qui mécontentera le vendeur comme les acheteurs ; par contre une sous-estimation prend moins de risque de mévente, permet de flatter le vendeur et l’artiste s’il y a vente au-dessus, c’est une tactique de prudence
> s’il y a manifestement manipulation, ces estimations peuvent être contestées et aboutir à annuler la vente du lot

Gérard Fromanger, série l’Artiste et le Modèle, Violet De Bayeux
1972, 150x200 (courtoisie l’artiste) ... clic=zoom
 
pour les artistes qui ont marqué l’histoire de l’art comme Gérard Fromanger, les oeuvres anciennes peuvent valoir 10 fois les récentes ; celle-ci s’est vendue 60’000€ en fin 2012 à Versailles
Gérard Fromanger

Tant que le lot n’est pas adjugé (vendu), la cote de l’oeuvre et donc celle de l’artiste reste inchangée ; c’est le "prix au marteau" (le prix de vente hors taxes, frais et commission) qui vient alors changer la cote, ou l’établir pour les oeuvres et artistes encore non cotés.

pratique :
 - la cote n’est pas changée s’il n’y a pas vente, mais il reste l’estimation : celle-ci est déjà un renseignement, sachant que si le lot n’est pas vendu ; c’est soit que cette estimation a été jugée trop haute par les acheteurs, soit que personne n’ait été artistiquement intéressé ce jour-là

 

attention aux ventes de charité !

lors des ventes charitatives les lots sont systématiquement et très fortement sous-estimés !
Par une tradition discutable, les sociétés de vente ne se croient pas tenues de proposer une "vraie" estimation, ni parfois de fournir les chiffres réalisés, afin de faire venir le maximum d’acheteurs (dont une part de gogos...) sous couvert de participer à une bonne action... ce procédé est à notre avis à la limite de l’honnêteté ! Certaines en abusent, d’autres sont plus correctes

> exemple correct : dans une vente charitative de fin d’année 2012, tous les lots ont été "mis en vente" à 300€, évitant la mention du terme "estimation" ; et en effet aucune vente n’aura été concrétisée à moins de 5 fois la mise, voire 20 fois. Mais nous déplorons la publicité qui en a été faite sur la base de la mise à prix de 300€, pouvant tromper les gens peu initiés

 

 

 

comment (faire) estimer ?

par définition l’estimation d’une oeuvre d’art est d’une fiabilité relative, dépendant beaucoup des sources et des supports ; comment choisir les sources pour vous renseigner ?

consultez les cotes en ligne :

1/ vous pouvez consulter des bases de données de résultats d’enchères ; mais elles ne sont pas toutes complètes ; c’est ArtPrice qui est la 1ère banque mondiale, faisant largement autorité ; elle est payante avec des formules bon marché pour les clients occasionnels : vous avez tout à fait intérêt à la consulter plutôt que d’opérer en aveugle ! Pratiquement toutes les ventes de tous pays y sont répertoriées.

Pour résumer :

> ArtPrice (France), base complète, à jour, payante
> Art Value (ex-Guide Mayer, Luxembourg), base partielle, plutôt à jour, gratuite
> Blouin Art Sales Index (London), base partielle, pas toujours à jour, gratuite
Art Net (New-York), base assez complète, plutôt à jour, payante

2/ vous pouvez consulter les grandes maisons de vente ; elles mettent en ligne les résultats de leurs ventes sur quelques années sur leurs propres sites ; mais les petites maisons ne le font pas ; la démarche de devoir consulter toutes les ventes et toutes les sociétés est évidemment trop fastidieuse pour permettre de dresser vous-mêmes un profil sérieux d’une cote.

 
artprice

Aucune base n’est gratuite, vu l’énorme recueil des données des ventes mondiales ; la n°1 mondiale est la française ArtPrice ; c’est aussi la plus sûre et la plus complète. Elle comprend pour l’amateur occasionnel une formule à court terme bon marché.

Pour faire estimer une de vos oeuvres, Artprice permet une estimation sur dossier avec photo en 2 jours pour 49€

Ces formules servent aussi bien au vendeur qu’à l’acheteur potentiel, ou à vous renseigner d’une manière générale sur le marché.

 

faites estimer en ligne :

> Drouot Estimations : la vénérable met en ligne non pas sa base, mais son service d’estimation, avec 3 formules du gratuit au payant, mais c’est une estimation très générale et non contractuelle ; c’est normal, sans voir la pièce en vrai...
> toutes les grandes maison de vente mettent en ligne un formulaire (sinon par échange de mels) pour vous permettre d’estimer le prix d’une pièce que vous voudriez peut-être leur soumettre ; cela a le mérite de la rapidité, pour vérifier que vos espoirs sont fondés... ou non !

Cette formule est surtout adaptée pour vendre une ou quelques pièces.

 

faites expertiser de visu :

si vous vendez nous vous conseillons de faire estimer visuellement votre pièce, donc très précisément, par un expert qui s’appuie sur la cote de l’artiste mais pondère avec la qualité réelle de l’oeuvre, c’est la méthode la plus sûre à condition de répéter la démarche avec deux sources au moins ; par exemple vous pouvez joindre pour l’art et le design contemporains :
> le syndicat des experts
> directement la société de ventes, mais vous ne pourrez déranger un expert au débotté, prendre RV
> dont Drouot, qui est convivial et décomplexant : allez avec l’oeuvre sous le bras et faites la queue, tlj sauf dimanche ; ce service sert aussi à repérer les pièces intéressant les maisons de vente.
Conseil : dans tous les cas faites faire d’abord une estimation en ligne pour dégrossir, avant de perdre votre temps et celui des autres.

Comment choisir la société de vente ? Voyez en ligne quelles sont ses spécialités, son calendrier annuel de ventes, puis ajustez vos ambitions aux leurs : l’on ne fait pas les mêmes transactions à Drouot, en province que chez Artcurial, Sotheby’s ou Christie’s... dans les grandes métropoles d’art.

Expert agréé ou non ? Deux différences : l’obtention ou non d’un certificat officialisant la valeur d’un bien, paiement ou gratuiteté.
Faire évaluer votre patrimoine est une autre procédure ; un RV sur place doit être pris après évaluation du coût de l’opération, après un dégrossissage

 

consultez Almanart :

nous pouvons peut-être vous rendre service pour une 1ère approche rapide, si c’est dans notre domaine ; nous nous appuyons sur nos abonnements en ligne et sur nos informations en direct ; si nous devons chercher c’est payant (pas cher) mais sans risque : si nous n’avons pas de résultat nous vous en informerons préalablement

 

consultez les galeries ou les marchands

il vous est facile de leur demander leur prix d’une oeuvre en vente dans une galerie, moins aisé de demander l’estimation d’une oeuvre d’un artiste qu’ils ne représentent pas ; assurez-vous au moins que l’objet soit dans leur domaine de compétence ; et la conversation risque d’être biaisée par nécessité commerciale

certaines productions, même de grands artistes, ne sont que des gadgets sans valeur
(ici : objets dérivés de Murakami)

consultez les dictionnaires des cotes ?

mais... il n’y en n’a presque plus ! Deux opuscules peuvent encore vous servir surtout pour faire des recherches anciennes, car ils sont pauvres en art contemporain :
> le fameux "Benezit" datant de 1911 : cette vénérable référence décrit toutes les caractéristiques historiques, artistiques, bibliographiques de 170’000 artistes de l’Antiquité à nos jours : c’est la bible des historiens de l’art ; attention la bête pèse 14 volumes, à voir donc dans une bibliothèque ou en ligne, mais c’est payant
> le Dictionnaire de Cotation de Drouot, qui reprend depuis 12 ans les ventes faites essentiellement à Drouot ; soit vous achetez le livre annuel pour 30€, soit vous cherchez en ligne mais c’est payant
Attention : ici tout artiste peut adhérer et se faire "coter" par un expert qui fera l’estimation de son oeuvre, même s’il n’y a pas encore de vente... il y a donc un mélange d’objectivité (les ventes réalisées) et de subjectivité (les estimations sans vente).

 

.
Vous êtes amateur, collectionneur ?
Almanart peut vous guider et vous aider :
voyez nos services !
.

 



 

annonces d'événements :


 

 

 jetez-vous l’eau : achetez votre billet !

pour fotofever paris novembre 2016
coupe-file, discussions, visite guidée par un expert...
 


 

paysages musicaux...

 
 ? qui est
Double S ?

la chinoise Liwen Ye est passionnée de musique et de peinture : un contraste entre la peinture occidentale et les techniques de l’orientale

à la Galerie Double S jusqu’à fin juin
 


 

 

un moteur => toutes les ventes !

le plus puissant moteur de recherche d’objets d’art
100 maisons de ventes aux enchères francophones
sont déjà partenaires

 


 

Sensual Paintings :

c’est le titre de la nouvelle exposition de 5 peintres de talent à la

Concorde Art Gallery, la galerie érotique de Paris

du 4 juin au 31 juillet

de 11 à 20 heures

   
 

 

le Graffiti Art est à Bordeaux

les tableaux de légende 1970-1990 de la fameuse collection Gallizia sont à
l’Institut Culturel Bernard Magrez

 

la collection Gallizia, qu’est-ce ?

 


 

 

ce tableau assez curieux...

...est analysé par Les Atamanes ;
il est de Marie-Lucie Nessi-Valtat et date du début du 20è siècle


 ? qui sont les Atamanes ?

 


 

suivez nous  :  petits écrans :

 

 

Plans et itinéraires du Grand Paris :
Où sont les quartiers d'art ?

 

 

Le "Petit Mot" : 10 micro-newsletter/an, gratuites
Abonnez-vous, entrez ici votre ad mail :
aucune autre information n'est demandée

 

 

 

Mesure d'audience par :

 

 

 

 

 

Le "Petit Mot"
Abonnez-vous, ici
entrez votre mail :

10 newsletter/an, gratuit

 

 

 

 

 

 

nos partenaires :

 

 

 

nos amis en art et design :