street art versus art de salon

 

street art véridique
versus
street art de salons

 
le street se gentryfie, les artistes surfent sur la mode et certains produisent à tour de pinceaux du street de salons, parfois sous couvert de l’appellation "Art Urbain" ;

l’amateur doit désormais savoir ce qu’il veut collectionner et trier entre les offres, même présentées dans une foire comme Urban Art Fair (Paris-New-york) qui couvre les deux genres

 

> le street art "dans les rues" existe toujours, comme le démontre le collectif parisien LeMouvement dont les sérigraphies sympas et toujours optimistes prolifèrent partout
> ici mars 2017 dans la rue des Quatre-Fils, volontiers terrain de jeux aux ados du quartier (les fonctionnaires obtus ont depuis détruit cette oeuvre, mais ne s’attaquent jamais aux affiches de pub sauvages qui dégueulassent le Marais partout...) :

> accueil d’Almanart

> menu du street art 
(histoire, styles, comprendre, actus...)

focus : Art Urain et street art, art de la rue / toutes images : clic=zoom

 

 

 

le "street de salons"

 
depuis 2015, confirmé en 2017, nous nous interrogeons : l’art urbain va-il entrer en décomposition ? à force d’exploiter le filon, une bulle commerciale se prépare-t-elle ?

> il est fréquent désormais que le street se gentryfie, sort de la contestation, perd son aspect messager et du coup devient moins convaincant ; car les artistes ont bien compris la mode et certains font à tour de pinceaux du street de salon (de living-room), pour chercher le succès commercial

typiquement, Zenoy a trouvé un bon truc :
il évide de jolis tableaux par des motifs type writing ;
c’est bien fait, plaisant (mais le prix moins : 1500€)
c’est un peu comme l’art-pompier au 19è siècle :
bonne technique, bel aspect, mais décoratif

Zenoy, acry et évidage, 2017, 150x150
clic=zoom

Ce qui coince est que l’appellation "Street" commence à servir un peu à tout ; pour profiter du mouvement on parle non plus de Street Art mais d’Art Urbain, ce qui permet de tout faire passer ; c’est du marketing rajeunisseur car le Street a vieillit. Cela pose trois problèmes :
 - pour l’amateur la confusion s’installe
 - le prix de cette salade approche parfois celui du caviar…
 - trop de prolifération

> le prix : certes, il est heureux que les fondateurs soient récompensés : C215, MissTic, Blek-le-Rat, JonOne, etc, auront marqué leur époque mais d’ici qu’un minuscule pochoir sur bois hyper-dupliqué-connu de Blek-le-Rat coûte 2200€...

> la prolifération : par exemple le célèbre JonOne est un type adorable, peut-être trop car il dit oui à tout et finit par inonder l’espace ; il y a eu des précédents : la cote de Combas a fléchi du fait de son énorme production…

un petit MissTic à 2500€ ; ses poèmes sont toujours imaginatifs,
mais la forme reste un peu figée et les prix s’envolent trop

MissTic, pochoir sur toile, 2017 / clic=zoom

Actuellement nombre de suiveurs, copieurs, bafouilleurs s’engouffrent dans le filon du street et se voient catapultés à des 2000, 4000€ la toile… que vont-ils devenir une fois leur galerie fermée ou réorientée, avec leur sur-cote de 100 à 300% ?
Vous, amateurs, collectionneurs, risquez d’être floués : est-ce normal que certains "graffitistes" de second rang atteignent le même prix qu’un artiste des Nouveaux Réalistes qui figure dans les musées ?

 

 

le "street art" véridique

 
qu’importe que le genre Street soit dans la rue ou en galerie, ce qui compte est la qualité, la créativité de l’artiste ; pour nous il est véridique, authentique, sincère s’il parle de la rue, de la vie dans la rue, des espaces de la vie urbaine.
Dans ce domaine il y a encore des découvertes à faire si vous avez l’oeil, la curiosité et l’esprit sélectif ; deux exemples :

> Katre est maintenant connu ; il est exposé en galeries, reçoit des commandes, bien qu’il opère toujours dans les rues ; son terrain de jeu sont les friches, espaces désaffectés ou en démolission auxquels il "met le feu" ; son expression atteint un sommet avec ses installations dans les lieux mêmes, où des pans de photos s’enchevêtrent et des flammes s’échappent (voir ici)


> cette photo peinte est typique de son style original ;
de ces ruines industrielles sourd un appel, un cri :

Katre,
exposition à La Compagnie en février 2017
clic=zoom
Katre street art art des rues

 

> Nunc-Gallery a présentéLogan Hicks à Urban Art Fair Pairs 2017, un artiste américain très connu là-bas mais pas encore ici, qui après avoir hésité entre plusieurs genres, est passé des rues au studio pour créer de splendides pochoirs multicouches (de 8 à… 40 !) ; il photographie des lieux, les imprime et en fait de grands pochoirs ; des vues souvent vides d’humains mais qui restent très présents par l’ambiance nostalgique des oeuvres

> Nunc-Gallery le propose à des prix corrects compte-tenu
du travail et de la beauté des résultats, pour des éditions de 15
(à 3 près, on aurait préféré 8+4 qualifiant alors ses oeuvres d’originales)

Logan Hicks, pochoir multicouhes, 2016
(courtoisie Nunc Gallery)
clic=zoom
Logan Hicks

 

 avis au collectionneur : Nunc-Gallery et Critères Editions n’en font qu’un ; cet éditeur est notamment connu par sa série quasi-encyclopédique sur les artistes du street art, des mini-livres à 10€ pièce.

 

 

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