investir en art : exemples

Dans quoi pourriez-vous investir ? Question à réfléchir, surtout en période de crise où le coup de coeur pourrait coûter cher... Des exemples, des contre-exemples qui n’engagent que nous, avec un brin de chauvinisme européen et sous toutes réserves !

Les courbes ci-dessous sont volontairement arrêtée en fin 2007 pour occulter l’abération qu’on été l’inflation irraisonnée suivie de la crise ; car on voit maintenant qu’en fin 2010 on est revenu à la situation de 2007 sur le plan des valeurs. Trois ans ont été donc perdus.

 

Ce drapeau (sub)claquant ne vous donne-t-il
pas envie d’acheter des artistes français ?
Christophe Leroux, Debout !, 2010, tôle froissée peinte
 

Christophe Leroux

 

idées et voies à suivre :

 
  • ayez de bons réflexes !
  • dans quoi investir : exemples, contre-exemples
  • connaître les cotes
    .

> voir aussi :

 - les avis de pros

> accueil d’Almanart > sommaire de investir

> réagissez à cet article

 

avoir les bons réflexes :

indépendamment de toute conjoncture, que ce soit en haut ou en bas de gamme : ayez de bons réflexes avant d’investir, posez-vous les bonnes questions suivantes :

 

Gérard Fromanger Le Cercle Rouge

Gérard Fromanger  :
Le Cercle Rouge, 1971, huile 130x97, musée des Beaux-Arts de Dôle ;
une telle pièce muséale si elle était sur le marché vaudrait env. 80’000€ en 2008
(courtesy G.Fromanger)... clic=zoom
 

> aimerez-vous toujours cette oeuvre dans quelques années ? Est-ce qu’elle "restera", voire passera dans l’histoire ?
> est-elle dans le courant d’une mode ; ce peut être un avantage comme un inconvénient ; exemple : les Surréalistes ont eu des allers-retours, mais il faut savoir jouer à ce jeu dangereux…
> anticipez sur les grandes expositions à venir qui ont un effet amplificateur ou révélateur ; comme par exemple les Nouveaux Réalistes au Grand Palais l’été 07, celle organisée par Saatchi au Country Hall de Londres en 2005 qui a révélé Hermann Nitsch ou celle du musée du Luxembourg qui a rappelé l’été 07 l’existence du mouvement français et belge de l’Abstraction Lyrique ; un exemple : Christian Bonnefoi, très théoricien, peu vu, injustement oublié avec une cote ridicule et... on le redécouvre soudain avec une splendide exposition à Pompidou en automne 2008 !
> veillez aux époques pour un même artiste, ce qui intervient beaucoup ; de Villeglé, co-fondateur des Nouveaux Réalistes dans les années 60, voit ses pièces ultérieures de 20 ans cotées de 2 à 4 fois en dessous, par le rôle historiques des premières
> sachez où acheter : les galerie sont souvent moins chères que les enchères ; et les ventes hors de France y sont statistiquement plus hautes pour une même oeuvre
> veillez à ce que l’artiste ne soit pas dépendant d’une seule galerie ou marchand, etc

 

 

que choisir ? exemples et contre-exemples

 

 

l’art contemporain chinois ?

fin 2007 c’était trop tard puisque la cote moyenne a cru de 440% en 5 ans ; et en 2009 la partie bling bling ou copiste s’est écroulée... Que reste-t-il ? les très bons artistes sérieux, comme ailleurs... Il y en a très peu proportionnellement, mais étant donné le nombre de chinois, cela compte : voir notre reportage sur place

et les russes ?

ils ont un bon potentiel car ils sont moins artificiels que les Chinois, mais ils avaient déjà été mis très en avant en France : à Paris déjà en 2007 ils étaient à la Maison Rouge, chez Vuitton, à la Pinacothèque et dans 3 galeries ! Ils ne sont donc plus une découverte, mais par la qualité de leur travail, en 2010 beaucoup d’entre eux restent hauts après la crise

art contemporain chinois
indice global pour les artistes
chinois contemporains fin 2007
(courtoisie Artprice.com) ... clic=zoom

l’art indien ?

oui, il est encore abordable car s’il a démarré fort récemment, cela s’est limité à une poignée de vedettes (comme la star Subodh Gupta qui est déjà entre 40 et 150’000 €) ; attention, cela est monté trop vite, en 2010 certains a pris le descenseur.

l’art d’afrique et du magreb

est en train d’émerger depuis 3 ans, artistes Iraniens en tête ; l’Afrique se réveille : la 2è biennale de la très pipole Marakech en décembre 2010 a été un très bon succès, même si celle de Dakar en juin 2010 a peiné à révéler de nouveaux artistes. Par contre la foire d’Abu Dhabi a connu en décembre 2010 un énorme succès, mélangeant des artistes occidentaux à ceux de la région.
Un tournant semble être pris avec un nouveau terreau à découvrir, avec évidemment tous les risques de la nouveauté.

voyez les artistes français

ne regardez donc pas si loin, car à la mauvaise nouvelle de leur sous-cote endémique, en répond une bonne : cette situation change ; en effet les français auront été nettement sous-cotés par rapport aux américains, allemands et même Italiens, en raison de leur faible visibilité ; on leur reproche aussi des oeuvres trop théoriques ou trop conceptuelles ; et enfin de ne pas savoir communiquer, ne pas parler anglais (à l’heure de la mondialisation, c’est un sérieux handicap), d’être soutenus pas une administration étatique mal organisée (sic) face au rouleau compresseur américain... Raison de plus pour qu’ils reviennent un jour en force, et ce jour était venu mais, manque de chance : juste avant la crise... attendons, ça va repartir pour eux. Quelques remarques :

 

> par exemple chez les Affichistes (partie des Nouveaux Réalistes) Villeglé et Rotella (Italien) auront créé tous deux entre 1970 et 80 pratiquement la même chose (des tableaux d’affiches lacérées) mais le 2è a eu une cote supérieure au 1er jusqu’à la rétrospective Villeglé l’été 2008 à Pompidou : la balance est rééquilibrée

> en Figuration Narrative : la cote des fondateurs s’était envolée (cf la double vente chez Artcurial en octobre 2007) ; Monory et Erro ont souvent des expositions prestigieuses (le 2è à Pompidou début 2010) ; mais vous pouvez encore trouver des toiles à 15’000€ de Gérard Fromanger (image plus haut), co-fondateur du mouvement avec eux

> c’est le cas aussi chez les Nouveaux Réalistes, mis à part les stars un peu surfaites comme Arman et César

> or ce schéma semble se répéter pour le (un peu) plus jeune genre de la Figuration Libre où, si son co-fondateur Combas est haut depuis quelques années, d’autres ne le sont pas assez (Boisrond par exemple)

Figuration Libre
Indice pour le mouvement
français de la Figuration Libre fin 2007
(courtoisie Artprice.com) ... clic=zoom

Ce retour international des français du XXè siècle est une opportunité pour l’investisseur, quelle que soit la conjoncture.

autre piste : débusquez les français encore mal connus en France mais qui ont déjà une réputation à l’étranger, et qui reviennent en espérant mieux réussir par ce détour ; ce phénomène a été démontré, notamment par Jean-Marc Bustamante (chez Ropac l’été 2008, représentant de la France à Venise en 2003, professeur aux Beaux-Arts), qui le reconnaît de manière explicite en soulignant de manière claire quelques manques aux artistes français.
Pour illustrer, voici trois artistes de qualité ayant eu une trajectoire parallèle, sur des territoires différents, qu’un investisseur qualifierait en termes boursiers : l’une de "valeur à risque mais à fort potentiel", les autres de "valeur sûre en évolution" :

  Claudine Drai
ST, 1998, 60x80x15, papier de soie, pigments, sculpture-installation ;
une telle oeuvre achetée en 1998 3500€ vaut env.10000€ fin 2007
(courtoisie Drai)
clic=zoom

> Claudine Drai, artiste mystique, travaille le papier, la soie, les pigments, l’écriture... pour sonder par des installations délicates les mystères de la vie ; elle a commencé à se faire connaître en France puis est partie quelques années au Japon où elle a eu un grand succès ; moyennant une attente, son retour en France s’est soldé en 2004 par son entrée chez Jérôme de Noirmont, galerie de tout 1er plan ; sa cote a alors marqué une forte hausse qui ne demande qu’à s’affirmer

  Christophe Leroux
B435, 2004, env. 30x30x10, tôle froissée ciselée et peinte,
estimée 1500€ en 2007
(courtoisie Leroux)
clic=zoom

> Christophe Leroux, designer et artiste d’avant-garde, transcrit les aspects industriels de la vie dans une esthétique positive assortie d’une pointe d’humour ; il travaille l’acrylique, le pochoir, la tôle d’aluminium, le béton ; il vivait et exposait depuis 7 ans en Californie avec un clair succès, où il est représenté régulièrement par des galeries ; il est revenu en France vers 2005 ; présent dans plusieurs expositions et galeries, il n’a pas encore trouvé ici une galerie de haut niveau ; alors, son démarrage sera certainement intéressant

 

  Pascal Maljette
ST, 2008, 143x95, huile ou photo ? a vous de trouver...
env. 2000€
(courtoisie Maljette)
clic=zoom

> Pascal Maljette est un plasticien français qui vit en Chine depuis plusieurs années ; on pourrait le qualifier de peintre sur huile et sur photographie tant ses deux moyens d’expression sont cohérents entre eux ; il expose en Chine (Canton, Pékin, Hong-Kong) avec un étonnant succès et expose à Paris environ tous les deux ans, où il revient de temps à autres ; une partie de ping-pong qui sera bientôt gagnante

 

et enfin, toujours chez les français, surveillez les "Petits Maîtres" : [Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture 1820-1920, Gérard Schurr et Pierre Cabanne], terme qui désigne des artistes expérimentés et talentueux mais restés dans l’ombre des Maïtres qui ont fait l’histoire ; si par l’usage le terme s’applique à la fin du XIXè, la démarche reste très valable pour le collectionneur contemporain avisé ! Posez-vous la question : quels sont les artistes de talent, trop proches et masqués par les grands, et souvent sous-cotés ? Car certains vont sortir forts sur le marché ; exemples :

 

Ivan Messac

Ivan Messac, Femme Fluorescente et Homme Decoratif, 2006, huile, collages env. 9’000€(courtoisie I.Messac)
clic=zoom
 

> dans l’Abstraction Lyrique, la galerie Arnoux présentait parfois des huiles des années 50 de Marie Raymond

> dans la Figuration Narrative, certains ont adhéré juste après la fondation et font pratiquement partie du genre ; ainsi Ivan Messac qui est dans plusieurs pays bien identifié des collectionneurs pointus

> chez les Nouveaux Réalistes, Alain Jacquet a eu l’idée géniale de créer un "Déjeuner sur l’herbe" pointilliste (pixellisé) mais aussi la mauvaise idée d’en peindre une vingtaine au vu du succès, et s’est ainsi un discrédité par rapport à sa réelle valeur ; ce n’est qu’un accident, sa cote mérite de sortir de cette anecdote

 

la photo, bof...

s’il y a des genres, des mouvements qui ont plus de succès, y a-t-il certaines techniques ou médias plus intéressantes pour l’investisseur ? Ici la prudence s’impose.

Par exemple comment expliquer l’envolée de la photo jusqu’en 2003 sans l’appui d’un marketing éhonté suivi d’une mode irraisonnée ?

Y investir maintenant relève de l’acrobatie sans filet car la valeur moyenne des photographes contemporains stagne. Surtout, quand les gens auront compris qu’ils achètent des multiples au prix d’oeuvres uniques, le soufflé retombera... mais cela tarde : fin 2010 on voit que la crise n’a même pas fait un profond ménage : Paris-Photo 2010 a été un grand succès.
Mais nous déconseillons formellement d’investir dans ce média sans connaissance très approfondie ; c’est bien trop tard et il y a beaucoup trop d’offres, un jour cette bulle finira bien par se dégonfler...

 

 

les nouvelles technologies d’art ?

ce genre composé d’un mixe d’installations, de vidéos et d’oeuvres numériques subit des hauts et bas bizarres.

Cela s’explique par : 1° un faible flux d’échanges, 2° une difficulté à pouvoir jouir de son achat ; car aurez-vous assez de place pour cette installation, saurez-vous la maintenir en état, visualiser cette vidéo dans 10 ans sans en convertir le support ?

Etonnant qu’avec ces inconvénients ces médias se sont vendus (encore jusqu’en 2008) au prix minimum de 1’000€ la moindre vidéo signée éditée en 30 ; mais en dessous si vous trouvez une belle oeuvre, n’hésitez pas si elle est signée et éditée à 8 exemplaires pas plus ; elle trouvera une meilleure valeur dans quelques années, après la crise.


Indice global pour les
installations et les vidéos, fin 2007
(souvent les 2 cohabitent)
(courtoisie Artprice.com) ... clic=zoom

 

et le graffitisme ?

ce genre de nature urbaine fréquente désormais galeries et salles de vente, bien que l’engouement de 2007-2008 s’est assagi : le nombre de ventes aux enchères spécialisées est devenu faible en 2010.

 

Il y a encore des découvertes à faire, mais faites vite car, négligé jusqu’en 2005 l’indice est parti en fusée. Si le nombre d’artistes cotés reste faible, il y a du monde aux portillons des quelques galeries spécialisées, donc soyez extrêmement sélectif.

Bien qu’existant depuis plus de 40 ans le graffitisme a été marginalisé comme un phénomène des rues ; devenu fréquentable depuis peu, la rue aurait pu passer à... la ruée si la crise de 2008-2009 n’était pas passé par là, mais ça reviendra sûrement. Car le phénomène est comparable à celui du rap, son compagnon musical, installé partout. Mais pour investir il faut bien le connaître.


indice global pour la
catégorie graffitisme fin 2007
(courtesy Artprice.com) ... clic=zoom

 

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Vous êtes amateur, collectionneur ?
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connaître les cotes :

bien sûr votre marchand a une idée, mais ne pourra vous communiquer une vue historique ni les résultats des ventes, c’est à vous de vous renseigner. Aucune donnée fiable et complète n’est disponible sur internet sous forme gratuite, la saisie et la gestion de données aussi nombreuse revient très cher. Des catalogues de cotes ont été publiées sous forme papier mais les informations sont souvent trompeuses (par charité nous ne vous révélons pas l’édition dont les cotes sont fixées par les artistes eux-mêmes...), obsolètes, voire supprimées car l’éditeur a jeté l’éponge.
Trois ou quatre bases de données payantes existent mais la n°1 mondiale est la française ArtPrice, la plus sûre et la plus complète :

 

ArtPrice a prévu pour l’amateur occasionnel une formule à court terme bon marché.
Entrez dans la case ci-contre le nom de l’artiste.

 

 

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