Zoom sur la gravure :

Dans la gravure en relief ou taille d’épargne ou xylographie : on taille le bois « en épargne » pour dégager une partie en relief qui, une fois encrée, permet de reproduire un dessin sur une feuille de papier ; ce procédé, en usage dès le XIVe siècle, a ses adeptes : Raoul Dufy par exemple exécuta une série de xylographies en 1910 pour illustrer des textes d’Apollinaire.

La gravure en creux ou taille douce regroupe l’ensemble des techniques de gravure en creux : la plaque de métal (cuivre, zinc, acier) est creusée de sillons, dont l’empreinte encrée sera reproduite sur papier après transfert.
Les travaux sur métaux sont classés par les outils ou les procédés chimiques pour creuser les sillons :

- les techniques directes : pointe sèche, burin, manière noire

- les techniques indirectes : eau forte, aquatinte ;

> la pointe sèche est une tige d’acier acérée ou de diamant qui griffe le métal en le repoussant sur les côtés ; la main griffe comme en dessinant ; elle laisse des barbes qui produisent un effet velouté
> le burin, aussi en acier ou diamant, creuse le cuivre en enlevant (et non en les repoussant) les copeaux de métal ; la main pousse le burin ; il permet des tailles franches qui donneront des traits d’une très grande nettetéet sans barbes
> la manière noire (ou "mezzo-tinto") vient du XVIIe siècle avec une apogée au XIXe ; elle permet d’obtenir des effets de veloutés proches de la photo ; la plaque est rendue noire en la striant de manière homogène avec un "berceau" composé de micro-griffes, puis on la gratte et on aplatit les micro-barbes pour blanchir et faire venir le motif en clair
> l’eau forte vient du XVe siècle ; elle consiste à recouvrir la plaque de métal d’un vernis sur lequel le graveur exécute son dessin à l’aide d’une pointe ; puis on la plonge dans un bain d’acide nitrique qui mord le métal là où le trait a arraché le vernis ; le reste du vernis est alors enlevé, la plaque encrée au rouleau et l’on peut imprimer ; sa particularité vient du peu d’effort qu’il y a à graver, de sorte que les traits sont aussi naturels qu’un dessin au crayon
> l’aquatinte vient du XVIIIe siècle ; c’est une variante de l’eau forte où la plaque de métal est saupoudrée d’une fine poussière de résine dont les grains sont fixés par cuisson ; la morsure à l’acide produit des effets de surface d’une grande finesse
> parmi les différents vernis enrobant le support avant transfert, le plus récent carborundum est un composé de carbone et de silicium dilué dans la résine ; il durcit fortement et permet d’inclure des tracés noirs charbonneux.

Quelle que soit la technique employée, le métal une fois gravé sera encré puis essuyé pour éliminer toutes traces d’encre en dehors des tailles ; les tirages sont obtenus par pression, par un nouvel encrage pour chaque épreuve.
Les tirages en couleurs sont réalisés soit à la « poupée » (on met en couleur un seul cuivre) soit en repérage (un cuivre par couleur), dans ce cas l’épreuve passe sous la presse autant de fois qu’il y a de couleurs.

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