tous cannibales à la Maison Rouge

 

Ceci est une archive d’une exposition exceptionnelle

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Tous Cannibales ! à la Maison Rouge Paris, du 12 février au 15 mai 2011
puis à Me Collectors Room, Berlin, du 28 mai au 18 sept

Toutes images : courtoisie Maison Rouge sauf précision

 

Ne pas vous laisser dissuader par l’âpreté du thème car il est tout à fait intéressant sur les plans conceptuel, social, ethnologique et même philosophique puisque l’exposition se réfère à cette assertion de Claude Lévy-Strauss : "le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même, c’est encore de le manger" ; l’anthropophagisme c’est en quelque sorte la part de l’autre. Et les artistes ont largement et fort bien traité le sujet.

 

cannibale, au sens large

 

 

le terme couvre tous les domaines, que ce soit social (punition, vengeance), magique (assimiler une force ou s’en préserver), rituel (culte des morts…), thérapeutique (transplantation d’organes), psychologique (se nourrir du sein de la mère, "manger" le père), sexuel et non seulement alimentaire dans le sens direct (nourriture commune) ou inverse (nourriture interdite), cela sans oublier le sens religieux ("prenez et mangez car ceci est mon corps"…).

Mais on sait depuis Freud combien la nourriture et le sexe (notamment oral) sont liés, dès le début par l’enfant tétant sa mère, ce que traduit ici Philippe Mayaux.

 

 

Philippe Mayaux : Savoureux d’elle 2006
(courtoisie gal Loevenbruck)
 

 

L’exposition vous apprend à différencier l’endo-cannibalisme qui se pratique entre une même entité sociale (une secte, une famille) et qui relève du rite religieux et l’exo-cannibalisme qui consiste à manger son ennemi (professionnellement : je vais le bouffer celui-ci !) lequel consiste à le détruire : lequel pratiquez-vous ? car son titre est bien "Tous Cannibales" !

 

ArtPress n°20 développe le sujet, se référant à Michel Foucault qui y voit une révélation des troubles cachés des sociétés (la question de "l’absorption du corps social par chacun" et réciproquement), en particulier dans celles qui vivent une double culture (le Japon ou l’Afrique) ; il se réfère aussi à Claude Lévy-Strauss quant à "l’équivalence presque partout retrouvée entre l’acte de manger et celui de copuler", comme à Sigmund Freud sur la relation cannibaliste/parricide : le repas totémique serait symbole de tuer le père.

 

 

Ce mur de boucherie fendu (comme un coup de couteau de Fontana ?) qui révèle une sous-couche de viscères vivantes (animales ou humaines ?), évoquerait l’histoire du pays de l’artiste, le Brésil, aussi bien par la chair de ses indigènes martyrisés que par l’assimilation faite des colonisateurs, qui offrirait en surface une unité sociale parfaite.

 

 

 

 

 

Adriana Varejao Azulejaria, brésilienne, travaille à Rio ;
Em carne viva (= dans le vif), 2002, huile montée sur panneau, 270x200
(courtoisie Fond. Cartier Paris) ... clic=zoom
  Adriana Varejao Azulejaria

les interprêtations contemporaines

Une transposition contemporaine tangible est celle du consommateur boulimique de notre société, à son tour dévoré par elle.
Par exemple Vik Muniz (née au Brésil, vit à NY) a étendu le sujet à la planète en faisant rassembler par des gamins des favelas des détritus qu’elle a organisés en un tableau représentant Saturne dévorant la planète, une interpétation du fameux tableau de Goya.

  Will Cotton  

Quant à ce tableau splendide de Will Cotton, on peut se demander quelle épouvantable scène comtemplent ces apparemment pures jeunes femmes, bien à l’abri des cieux ; le titre nous éclaire : La Folie de la consommation

 

Will Cotton : Consumming folly, 2010
(collection particulière) ... clic=zoom

 

 

  Wangechi Mutu  

Les corps de ces femmes sont une sorte d’hybridation de culture locale (des gris-gris) et mondiale (collage d’images de magazines), la femme de gauche étant la séductrice (tarifée ?), celle de droite qui la dévore (d’envie ?) est un être typique de la culture ancestrale africaine, à la fois humain et animal.

 

 

 

 

Wangechi Mutu, kényan, travaille à NY ; The Partician New, 2004, mixte sur mylar, 185x118
(courtoisie gal. Zidoun Paris) ... clic=zoom

 

L’aspect érotique du cannibalisme est peu présent dans l’exposition (autocensure ?) ; pourtant il est au centre du thème et a été traité depuis longtemps, par exemple de la jeune femme dévorée par un poulpe cunnilingue de Katsushika Hokusai (1760—1849), dessin célèbre qui a été repris de nombreuses fois par les artistes japonais contemporains y compris dans des BD.

 

 

D’autres BD font intervenir des vampires, sujet tout aussi récurrent.
Rauschenberg a ainsi vampirisé de Kooning en effaçant un de ses dessins pour en faire un de ses tableaux (Erased de Kooning, 1953).

Jake & Dinos Chapman ou Yasumasa Morimura font une sorte de vampirisme lorsqu’ils reprennent presque trait pour trait des oeuvres de Goya (Morimura : Exchange of devouring, 2004).

 

Et comment autrement lire cette vidéo de Chilaru Shiota : est-ce une réanimation ou plutôt un action vampirique ?

 

Chilaru Shiota : Wall, extrait dune vidéo, 2010
(courtoisie Maison rouge)
  Chilaru Shiota

 

Bien que difficile et rebutant de prime abord, le cannibalisme s’avère un sujet immense pour les artistes, notamment actuels par leur recul scientifique, leur détachement religieux et leur vision mondiale des sociétés : la Maison Rouge a réussi à en faire un exposé marquant.

Nota : précisons que pendant l’exposition, la cafèt’ reste ouverte !

 

 

plus d’infos :

> l’exposé de la Maison rouge
> quelques autres images et exposé de Colin Communication

 



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