le Palais de Tokyo prévoit l’Etat du Ciel

 

Ceci est une archive d’une exposition exceptionnelle

 
Note sur les visuels : si les droits liés à l’expo sont échus, ne restent que des imagettes de faible définition à titre de mémoire, sans agrandissement possible ; celles agrandissables ont obtenu un accord ou sont libres ; en cas d’erreur svp nous en faire part et, suite vérification, le visuel sera retiré ou mis en imagette-mémoire ; merci !

 

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les artistes prévoient l’Etat du Ciel
> au Palais de Tokyo, jusqu’au 7 septembre 2014

une exposition qui donne un bon aperçu de l’état de l’art d’avant-garde en 2014

 

Cet Etat du Ciel veut témoigner de l’état de notre monde par des artistes-druides qui, par leurs craintes, révoltes, utopies, espérances, avancent des solutions poétiques face aux circonstances. Le titre Etat du Ciel est inspiré du Promontoire du Songe de Victor Hugo qui écrit : "L’état normal du ciel, c’est la nuit" ; pas étonnant que le monde soit mort et qu’il y ait des fantômes...
Une vision sombre, centrée surtout sur ce noir qui n’apparaît pas, celui de l’ombre, du caché. Mais cette vision artistique pessimiste, cinique, est peut-être déjà en retard, car le monde actuel commence à se redresser (sauf en France...) : les artistes sont-ils vraiment des visionnaires ?

 

Tatiana Wolska,
essaim de clous
dans un recoin perdu ;
saurez-vous le trouver ?
2014, in situ PdT

 

 

Comme dans une série TV, 3 Saisons se sont succédées, en partie encastrées les unes dans les autres :

 

 

 

l’Etat du Ciel, saison 1 : histoires de fantomes

 

les fantômes ? ils sont projetés sur le sol de Georges Didi-Huberman et encadrés par les photos de Arno Gisinger. Le propos étant un peu ésotérique, résumons : cette installation rend hommage au travail -1929- d’Aby Warburg (célèbre historien de l’art, concepteur de l’iconologie) sur le thème de la lamentation funèbre, une constante de notre histoire culturelle. "Par elle nous vivons notre présent à travers nos mémoires (gestes que nous esquissons vers le passé) et nos désirs (gestes que nous esquissons vers le futur)" [DP] :

> les rectangles de vidéos sont posés sur le sol comme des tombes, un effet révélé lorsque vous montez sur la coursive et les regardez comme depuis le bastinguage d’un bateau : cette mer est un cimetière où se déroulent différents rites funéraires et lamentations, autant d’énergies que les survivants déploient autour de leurs morts
> les photos alors en face de vous sont la mémoire d’une précédente exposition de ce type lors de son démontage
> le passé et le futur sont ainsi reliés au sein de l’installation

 

Georges Didi-Huberman, Mnémosyne 42, 2014 / Arno Gisinger, Atlas, 2014
 

 

L’étonnante et mystérieuse Mo’Swallow de David Douard évoque les rumeurs que nous avalons et des virus qui prolifèrent dans les mentalités, à l’instar de ceux qui se développent dans les organismes et désormais dans les machines ; ces contagions mentales et physiques sont considérées ici comme des réponses magiques autant que des remèdes pour maîtriser l’inconnu ; c’est en cela que son oeuvre est aussi fantomatique que l’installation précédente :

> son interprétation aussi absurde qu’humoristique comporte ce tableau effrayant (à gauche) d’un chancre syphilitique sur un sein (moulage de Jules Bareta, collection de l’Hôpital St-Louis) :

 

 

 
David Douard, Mo’Swallow, sur un moulage d’un chancre syphilitique de Jules Baretta, cire-peinture, 2014
 
David Douard, Mo’Swallow, 2013, ici à l’exposition Chez Valentin
en 2013 (courtoisie Gal.Valentin)

 

L’Etat du Ciel traite du changement et de la mort des mondes humains et physiques, et des gestes pour les conjurer, un thème que Angelika Markul prolonge en remarquant que la question n’est pas tant "d’où venons-nous ?" que "où et pour combien de temps encore ?" :

  22:02 30/09/2011  

> son labyrinthe évoque le temps lent de recomposition de la nature après Tchernobyl, du temps accéléré pour observer les étoiles, du temps inversé par les chutes d’eau d’Iguaçu qui remontent leur lit (ci-contre) dans une scénographie de fin du monde.

 

Angelika Markul, Gorge du diable, vidéo, 2014 (courtoisie Gal. Tarasieve)

 

 

 

 

 

l’Etat du Ciel, saison 2 : le monde est mort mais la flamme est éternelle

 

pour Hiroshi Sugimoto, "Aujourd’hui le monde est mort"...

en effet son exposition (sa plus importante en Europe) est une ruine en résonance avec l’architecture brute du Palais de Tokyo :

   

> il juxtapose dans son musée bancal sa collection d’objets provenant d’époques et cultures disparates, comme des sources d’enseignements pour mettre en scène un monde situé après la fin de l’humanité

> il nous interroge : "vers où se dirige cette humanité incapable d’empêcher sa propre destruction au nom d’une croissance aveugle ? car à la Renaissance la combinaison entre la religion, les sciences et les arts était harmonieuse"

 

Hiroshi Sugimoto, installation muséale, 2014, in situ PdT

 

   

> les événements imaginaires qui se sont produits laissent des traces qui sont conservées dans ce musée, comme ces bouts de météorites en vitrines, étiquetés : "Fragments of fountain stone, mid.20th century" et commentés en écriture manuelle par un futur archéologue inconnu

> "si l’origine de la vie venait des molécules d’acides aminés contenues dans des météorites, ceux-ci évoqueraient à la fois les ruines d’un monde après sa destruction et la possibilité d’une nouvelle vie sur Terre" dit l’artiste ; ouf, il y a de l’espoir !

 

Hiroshi Sugimoto, météorite ayant traversé la
verrière du Palais et troué le sol, 2014, in situ PdT

 

 

au contraire pour Thomas Hirschhorn, "la Flamme est éternelle"

s’il est volontiers un critique sans concession, Thomas Hirschhorn reste formidablement contructif : ici sa prestation met à votre disposition nombre d’ateliers avec leur fournitures (ordinateurs, bombes, papier...), libres d’accès et gratuits (pas de billeterie) ; très engagé, il sera souvent présent et disponible car il considère "que son corps fait partie de l’installation" !

   

> la forme de cet immense oeuvre nous est habituelle : la plupart d’elles joue avec des formes familières et urbaines évoquant l’étal, le marché aux puces, les pancartes et dazibaos qui, ici, supportent des phrases interrompues que...
> ...vous êtes non seulement invité à les compléter (mentalement), mais votre présence est considérée comme constituant l’oeuvre ; outre les ateliers, vous pouvez lire sur place les livres qui sont les siens (puis les remettre svp)

 

Thomas Hirschhorn, Flamme éternelle, vue générale, 2014, in situ PdT

 

 

<< l’atelier de graffitisme

 

l’atelier des ordinateurs >>

 

 

l’Etat du Ciel, saison 3 : attention à la chute...

après la monde fantomatique de la 1ère saison, celui de la mort en 2è saison, cette 3ème partie revient sur la chute (peut-être qu’intervertir les saisons 2 et 3 aurait été plus clair).

Le monde actuel n’est pas joyeux et les artistes, ces sismographes comme le dit Gérard Fromanger, ne sont pas très optimistes ; certains dissimulent leur angoisse par l’humour (voir ici), d’autres traitent de la notion de danger :

> en 2005 un avion de la mauvaise compagnie Mandala Airlines se crashe au décollage et tombe sur la ville ;

cette oeuvre du Mexicain Pablo Vargas Lugo détourne l’accident au "profit" de Lufthansa, une des meilleure compagnie aérienne, signifiant que la chute est inévitable, inexorable ; rassurant...

 

 

Pablo Vargas Lugo, Naked Boeing Mandala, 1998
 

 

> cette météorite de Agnleszka Kurant est en suspension (par un aimant) au dessus d’un socle long et étroit ; l’installation pose quelques questions : à quoi sert un socle s’il ne supporte rien ? et que peut-il lui tomber dessus ?
il s’agit d’un ensemble de plusieurs socles qui évoque des grattes-ciel, ceux de New York bien sûr, avec la mémoire d’une possibilité de chute

> ndlr : cette évocation est d’autant plus pertinente qu’on apprend que la nouvelle tour livrée cette année 2014 et qui remplace une des twin’s, ne trouve pas preneur par crainte et superstition ! Bien vu l’artiste, car son oeuvre date de 2009

 

Agnleszka Kurant, Endless second 01, 2009
 

 

 

 

 

plus d’infos :

> l’exposition au Palais de Tokyo

 



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