la Serata di Gala de Mario Ceroli

 

Appréhender une oeuvre par comparaison est un procédé d’analyse qui ne s’applique qu’aux oeuvres qui font référence à d’autres, à condition bien sûr de savoir qu’elles opèrent ainsi, sinon être historien de l’art ; c’est pourquoi la lecture de la documentation est souvent indispensable en art contemporain.

avec la complicité de la Galerie Tornabuoni de Paris, juin 2010

 

analyse de la Serata di Gala de Mario Ceroli

 

Mario Ceroli (1938, vit et travaille à Rome, Biennale de Venise 1966) ; il est membre du mouvement de l’Arte Povera, mais reste apolitique (ce qui n’a pas plu au Restany italien que fut Germano Celant, son critique apôtre) ; il privilégie depuis 1960 le bois brut dans des sculptures murales ou de grandes installations. Il a présenté la Serata di Gala en 2010 dans sa rétrospective à la galerie Tornabuoni à Paris.

> plus d’info sur Mario Ceroli

 

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  Mario Ceroli   

L’impressionnante Serata di Gala (Soirée de Gala), présentée dans son exposition, s’inscrit dans ses scènes épiques, mystiques ou s’inspirant de l’histoire de l’art, par des compositions narratives, qu’il interprète volontiers de façon détournée, mystérieuse voire malicieuse.

 

 

 

Mario Ceroli : Serata di Gala, 1981, bois brut et bois peint,
220x310x14, collection de l’artiste
(courtoisie gal. Tornabuoni)
clic=zoom

 

Cette oeuvre de grande taille (220 x 310m) datant de 1981 est singulière : sur des planches formant palissade s’inscrit l’arrière-scène, avec deux portes qui s’ouvrent réellement (procédés qui n’étonneraient ni un graffitiste, ni un installateur, ni un adepte du style-carton de Koshlyakov), scène composée de deux parties : à gauche une double salle (ou le miroir d’une seule ?), à droite un avant-plan où deux personnages semblent guetter.
Sans autre explication, vous pouvez interpréter librement cette narration en suspens : est-ce une attente anxieuse d’une venue espérée, est-ce un complot ? qui va apparaître dans la salle ?

Esthétiquement cette oeuvre crée une tension en mettant les personnages, anonymes, au premier plan, alors qu’une perspective rigoureuse détermine la profondeur de la salle ; votre confusion monte encore devant la porte ouverte butant sur un mur, et passe à l’incompréhension par l’effet miroir qui montre cette porte de manière illogique, à l’envers. Vous êtes dans une sorte de drame surréaliste…
Le titre ferait allusion "à une soirée importante quant aux rencontres et décisions qui seront prises, comme celle où s’est décidé le sort du Christ" (voir ci-dessous), mais sans préciser l’objet de la décision.
Considérée isolément, cette oeuvre reste une énigme.

 

la Flagellation du Christ de Piero della Francesca

 

La lumière vient en rapprochant Soirée de Gala de l’oeuvre qui l’a inspirée : la Flagellation du Christ que Piero della Francesca (env1420-1492) peinte vers 1460, visible au palais ducal d’Urbino :

  Piero della Francesca  

Cette scène interpréterait la citation biblique : "ils se mirent d’ accord et s’allièrent" sur le sort du Christ ; ce sont ces personnages qui forment le thème principal, la conséquence de leur alliance étant poussée en retrait ; leur identité fait polémique, mais l’un serait Ponce Pilate.

 

 

 

Piero della Francesca, la Flagellation du Christ
vers 1460, tempera sur bois, 58×81
clic=zoom

 

> sur cette oeuvre, des infos contradictoires et aussi et enfin

L’oeuvre de Ceroli reprend cette audace de l’époque : mettre la flagellation au second plan, mais présente bien des différences : les personnages deviennent anonymes (vous pourriez en être), la salle est double (peut-être), et surtout la narration est ouverte à votre propre interprétation.

Car la version de Ceroli vous laisse interrogateur : outre que les personnages semblent assyriens (ce qui fait que le Christ n’est peut-être même pas concerné), leur position tournée vers la salle montre qu’il va se passer quelque chose (et non qu’il se passe quelque chose), et que cette chose est inconnue, c’est à vous de compléter.
D’autant que la pièce est un espace fermé (alors qu’elle est ouverte dans le tableau de della Francesca), que ces portes n’ouvrent sur rien d’autre qu’un mur : tout ceci laisse peu de chance à quelqu’un d’entrer…Qu’attendent-ils alors, qu’espèrent-ils, se trompent-ils ?

 

C’est toute la différence entre une oeuvre du 15è qui correspond à une formulation précise, sorte de lecture sans appel de la Parole, et une oeuvre contemporaine qui, débarrassée de tout dogme, laisse la question ouverte. Evidemment c’est bien moins confortable pour le regardeur.

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