comprendre le marché de l’art

 

 

Acheter de l’art concrétise notre passion, mais comme l’effort financier est important nous avons deux arrières-pensées en passant à l’acte :
1° la valeur patrimoniale de l’acquisition et sa pérennité
2° le bien fondé d’investir en art par rapport aux autres marchés

 

cette page date de 2009, donc avant la crise ; les valeurs relatives et la structure du marché ont en partie changé, mais pas sa segmentation ; elle est donc en cours de réécriture notamment pour des indicateurs ; merci

 

les marchés de l’art :

 
  • luxe, art, volupté et adrénaline
  • comment a évolué le marché sur 20 ans ?
  • la structure du marché de l’art, évolution structure du marché de l’art

 

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clés : marché de l’art, art market, économie de l’art, économétrie marche de l’art, Artprice, luxe et art

 

 

luxe, art, volupté... et adrénaline

L’art suit-il les mêmes lois que le luxe, et si oui comment se comporte-t-il ?

 

En art il y a trois étages, comme dans la mode où il y a haute couture, prêt-à-porter haut de gamme, grande distribution : les habitudes diffèrent même si le premier sert de locomotive aux autres. Selon les sociologues, la consommation de luxe et celle d’art se confondent pour un prix d’entrée déjà de 2’000 € [étude Arprice 2003] ; bien que le luxe procède par réduction sélective d’objets industriels et qu’une oeuvre d’art soit une pièce unique qui parfois se multiplie, les deux démarches bien qu’antagonistes se rejoignent.

"L’art est ce qui reste quand la religion a disparu" disait Malraux, donnant aux oeuvres d’art la mission d’élévation intellectuelle que la religion perd ; l’art deviendrait le super luxe d’une élite fortunée s’imaginant intellectuellement supérieure. A notre époque hyper médiatisée, les acteurs de l’art ont véhiculé cette image et intégrer cette catégorie aura été une motivation de tous, concrétisable par l’acte d’achat.

 

nos sources :
- pour le 1er marché : les documents de presse [cités], les éléments économétriques de Artprice.com (n°1 mondial des données économiques d’art, avec qui Almanart a collaboré pour le Hors Série "économie de l’art" de Gestion de Fortune oct 2008- jvr 2009)
- pour le 2ème marché : le CPGA (Comité des Galeries d’Art), les interviews par Almanart de personnalités représentatives, la documentation privée de Almanart

 

 

Mais depuis fin 2007 la crise financière qui a tourné en crise économique a contrecarré ces codes.

Qu’en est-il actuellement en mi-2010 :
 - enfin de crise on est revenu au marché de 2005
 - en fin 2010 le marché est reparti doucement pour s’établir autour des indices de 2007.

 

Pour l’art, la bulle est donc crevée "définitivement", c’est-à-dire jusqu’à la prochaine crise...

En qualité par contre, bien des choses ont changé.

 


Indice des cotes sur le marché mondial des enchères, après la crise, en mi-2010
(courtoisie Artprice.com) .... clic=zoom

 

sur 20 ans, l’art aura-t-il été une affaire ?

Analyser le passé est porteur de leçons : que disent les chiffres de 20 ans de marché de l’art moderne et contemporain ?

 

> le crack de 1990 a provoqué une chute de 40% jusqu’en 1992, selon l’indice global mondial de l’art contemporain ArtPrice...

> ... suivie d’une stagnation de 10 ans entre 1993 et 2003 ;

> puis l’indice décolle en 2003 avec une pente continue de 15% par an jusqu’en 2006 ; constat : c’est la même progression que la bourse (16%/an en moyenne) ; doubler sa mise en 5 ans titrait L’Art d’Aujourd’hui en juin 2003…

> il y a hystérie dès la fin 2006 jusqu’en juin-2008 où des records ont été encore battus, l’engouement était devenu général, belle annonce de la bulle...

> qui a éclaté en fin 2008 où, dès septembre 2008 l’indice Artprice a commencé à fléchir de l’ordre de 15%, puis continue au début 2009


Indice des cotes sur le marché mondial des enchères, juste avant la crise de 2008 : la bulle était clairement annoncée
(courtoisie Artprice.com) .... clic=zoom

 

conclusion :

> d’une manière générale les petites crises boursières et pétrolières n’entament que relativement la sérénité des acteurs du haut du luxe et de l’art ; si de petites dépressions viennent compenser les velléités de hausse (exemples : celle entre 97-98 répond à la crise asiatique et celle de 2001-02 à l’éclatement de la bulle internet) elles sont lissées par le caractère international du marché
> en temps normal à long terme et pris globalement : le marché de l’art n’est d’un rapport ni inférieur ni supérieur aux valeurs d’investissement traditionnelles bourse, immobilier, matières
> en temps de crise comme actuellement, l’art est aussi touché, mais en retard
> dans tous les cas l’art présente avec l’immobilier cet immense avantage : vivre tous les jours au sein même de son investissement ! Essayez donc de vivre dans votre coffre bancaire, plein ou vide...

 

 

mais quels sont les marchés de l’art ?

 

"premier" et "second" marchés, qu’est-ce ?

> le premier marché est celui de la première vente d’une oeuvre, généralement faite par l’artiste lui-même, ou par une galerie (environ 50% des premières ventes en 2006), ou bien un marchand d’art ; toute vente d’une oeuvre commence par là, bien sûr celles des jeunes artistes
> le second marché est celui des reventes, dont la grande majorité est faite en salles de vente aux enchères (SVV), mais pas toutes : des rachats et reventes sont faites de gré à gré, beaucoup entre professionnels. Toutefois on ne dispose de statistiques suivies que pour les ventes aux enchères, par obligation publique.

 

quelle segmentation du marché et pour qui ?

 

Schématiquement trois segments cohabitent qui diffèrent par leurs prix, leurs acteurs et leurs comportements (ci-après).

Attention : ces chiffres ne sont basées que sur le second marché, faute de statistiques pour le 1er marché.

Cette figure montre une absence de relation entre ces segments : la moyenne gamme se comporte comme un portefeuille "de père de famille" (sûr et lent) tandis que le haut de gamme comme très spéculatif, plus sensible à la bulle internet comme à celle des subprimes puis de la crise économique.
Ainsi en 2010 le haut de gamme après ses montagnes russes est revenu aux mêmes valeurs qu’en 2006, tandis que les autres sont restées assez stables, avec juste un léger replis entre 2008 et 2009.

 


Indice différencié des cotes sur le marché mondial des enchères, jusqu’en fin 2008
(courtoisie Artprice.com)

 

le segment des collectionneurs aisés :

 

Ce marché se situe par définition dans la gamme intermédiaire de 5000 à 50000€, coeur du marché des artistes cotés ; avec cette remarque : la crise économique tendrait à placer cette gamme plutôt entre 3000 à 30000€...

 

Ainsi ce segment intermédiaire vous concerne-t-il en premier lieu, vous lecteurs d’Almanart ; d’ailleurs il est majoritaire en volume de transactions : c’est le segment majeur en France, où le haut de gamme est plus rare.

 

 

segmentation du marché de l’art
(courtoisie Artprice.com)

 

 

Qui êtes-vous ?

 

vous êtes souvent un jeune CSP+ (cadre supérieur ou profession libérale) à bon potentiel ; contrairement à vos aînés, vous êtes tourné vers le futur, vous vous entourez de mobilier design et d’oeuvres de qualité ; en marketing votre comportement en art est assimilé au luxe (mais si, car lui aussi se démocratise !). Vous faites deux types d’achats : un ou deux exceptionnels dans l’année, et parfois un effort particulier pour une oeuvre de haute qualité par une signature connue, dont vous êtes particulièrement fier, et avez bien raison de l’être !

Et là encore, la crise vous aura appris à vous intéresser parfois au marché dit "abordable"...

 

Vous y êtes un amateur aisé mais pas véritablement fortuné ; pour vous un achat est une question de passion et d’amour, mais pas d’amour sans prix : restent en arrière-pensée les notions de patrimoine, de devoir revendre ou l’idée de faire un bon coup en revendant ; votre achat plaisir est sous-tendu de questions : est-ce un bon investissement, une valeur pérenne, un espoir de plus value, un bien à transmettre ?

 
> vérifiez les cotes des artistes que vous convoitez :

ça ne coûte que quelques Euros

 

 

le segment "abordable" :

"l’art abordable" ou "accessible" est l’entrée au marché à moins de 5000€ l’oeuvre ; il vous propose des oeuvres originales de jeunes artistes en devenir, peu ou pas cotés, ou des multiples originaux d’artistes cotés (nous écartons ici les multiples à grand tirage).
Dans ce créneau vous êtes des amateurs occasionnels qui n’ont pas forcément l’art plastique comme seule passion, ou vous débutez prudement une collection, vous êtes souvent jeune et hors du cercle fermé des collectionneurs spécialisés ; vos achats sont beaucoup effectués sur le 1er marché.
Un risque apparaît : qu’en bas, cette gamme devienne une foire aux objets dérivés car certaines stars n’hésitent pas à inonder les boutiques, galeries, musées, internet et même enchères par de grands tirages parfois même pas signés (comme Murakami par exemple) : méfiez-vous, le tee-shirt d’artiste n’est pas loin... Sachez que la valorisation d’une oeuvre multiple est faible ou nulle, et rappelez-vous que les tirages photos sont des multiples...

 

 

le segment des VIP :

au dessus de 50’000€, vous êtes moins de 1/1000 des collectionneurs ; c’est le domaine des 500 artistes mondiaux de la liste Christie’s, celui des grandes galeries internationales et des enchères record. Ici les prix apparaissent sans limite et le marché se scinde schématiquement entre vrais collectionneurs chevronnés et spéculateurs non amateurs d’art : " il suffit de consulter une sélection d’allers-retours pour voir à quel point l’oeuvre d’art peut séduire en tant qu’actif spéculatif " [Agence Art Market Insight, janvier 2008].

 

  Mais ce monde est une locomotive pour l’art comme pour l’économie, sauf pour la France que les riches collectionneurs fuient... Il est infuencé par les marchés d’investissement car l’art en est un parmi les autres ; il n’est pas exempt du blanchiment (peu en France où le paiement en espèces est interdit au delà de 3000€).
Y parle-t-on encore d’art ? "d’une certaine manière, dans la lutte que la fin du XXè siècle a instauré entre l’art et l’argent, c’est l’argent qui a gagné" note Judith Benhamou-Huet [Les Echos 20 juin 2008], précisant que "Bâle est devenu un marché mondialisé où les artistes connus distribuent leurs oeuvres aux galeries en fonction de leur intérêt" [Les Echos 14 juin 2008]
  Attention !
La presse trop complaisante et parfois influencée par des marchands intéressés a le tort de beaucoup trop mettre ce marché en exergue, nous rabattant les oreilles de records qui faussent les idées sur les réalités du marché.
Rappelez-vous (figure ci-dessus) que ce segment est découplé des autres.

 

Qui, dans ce segment ?
> des pipoles motivés par l’image de l’art qui véhicule respectabilité et culture, notamment chez les nouveaux milliardaires des pays émergeants (mais c’est aussi une façon de progresser en culture)
> des purs spéculateurs car la libre circulation internationale participe à la décision : les tableaux sont des objets transportables non prohibés, négociables dans les meilleures conditions dans le monde entier au gré des taux de change et des taxes ; pour eux l’art est en concurrence avec le cours du dollar, la bourse ou le marché immobilier ; ils sont volontiers anglo-saxons et asiatiques car en Chine l’art est d’abord un business (Yan Pei Ming, célèbre artiste installé en France, disait déjà en 2006 : "les acheteurs n’y sont intéressés que par l’argent, rare d’y rencontrer un collectionneur"[Les Echos 17/06/06]) ; certains artistes forcent le jeu au sein de véritables usines d’art, mais il y a aussi de vrais artistes en Chine, l’exposition l’été 2008 au musée Maillol l’a bien montré
> des collectionneurs passionnés et érudits, dont beaucoup de français, qui font don d’oeuvres, sont mécènes , ouvrent des espaces (Claude Berry à Paris, Arthur de Garay à Berlin…) et des musées (Yvon Lambert à Avignon, François Pinault à Venise…) : ce sont, eux, les locomotives.

 

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Vous êtes amateur, collectionneur ?
Almanart peut vous guider et vous aider :
voyez nos services !
.

 

informations sous toutes réserves

 



 

annonces d'événements :


 

des enchères originales :

 
Blancs-Manteaux Auction organise Mouvement Art Technologie à Paris !
60 artistes de 1956 à 2016

le 19 juin à 15h dans un lieu tout aussi original
expo le 18 juin de 11h à 23h

 ? qui est Blancs-Manteaux Auction ?

 


 

 

ce tableau assez curieux...

...est analysé par Les Atamanes ;
il est de Marie-Lucie Nessi-Valtat et date du début du 20è siècle


 ? qui sont les Atamanes ?

 


 

Sensual Paintings :

c’est le titre de la nouvelle exposition de 5 peintres de talent à la

Concorde Art Gallery, la galerie érotique de Paris

du 4 juin au 31 juillet

de 11 à 20 heures

   
 

 

le Graffiti Art est à Bordeaux

les tableaux de légende 1970-1990 de la fameuse collection Gallizia sont à
l’Institut Culturel Bernard Magrez

 

la collection Gallizia, qu’est-ce ?

 


 

 

un moteur => toutes les ventes !

le plus puissant moteur de recherche d’objets d’art
100 maisons de ventes aux enchères francophones
sont déjà partenaires

 


 

le printemps en couleurs

Envie d’Art fête avec vous la fin de la grisaille !
avec trois peintres emblématiques de la couleur, du figuratif à l’abstrait
à voir à la Galerie Envie d’art rue Treilhard
 

 ? qui est Envie d’Art ?

 

 

week-end Création & Idées

2 jours d’animations gratuits
par le Centre Pompidou et France Culture
débats, visites, ateliers, démos...
à Pompidou et l’IRCAM,

le 4 et 5 juin
 programme

 


 

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