analyse de Bouh !, de Thomas Agrinier

 

Suivre la construction d’un oeuvre comme procédé d’analyse : souvent en art contemporain il faut connaître la démarche globale de l’artiste pour bien apprécier son oeuvre (au sens général), alors voir une de ses oeuvres se créer est une approche intérieure, ponctuelle mais profonde.

avec la complicité de Thomas Agrinier, décembre 2011

 

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analyse du tableau Bouh !, un arrêt sur images de Thomas Agrinier

 

Thomas Agrinier (1976, vit et travaille à Paris) est un jeune artiste émergent, révélé par Stéphane Corréard au Salon de Montrouge en 2009. Il est de plus en plus présent sur la scène parisienne avant, sans aucun doute, la scène internationale. Il est soutenu notamment par Almanart.

> plus d’info sur Thomas Agrinier

 

  Thomas Agrinier Bouh 

Thomas Agrinier est un peintre figuratif d’un style particulier, à contre-courant des productions dépressives actuelles : ses tableaux sont optimistes, ludiques, d’un humour parfois potache ; ils entrainent rêve et sourire, inspirés qu’ils sont par le cinéma, les Comics, la musique. Un monde vu par les yeux d’un enfant, ce que révèlent ces masques grimaçants, ces mains façon Walt Disney. Les personnages amputés ou déformés par l’action -une façon de signifier le mouvement- se meuvent sur des fonds très travaillés -un zeste d’amour de la Renaissance-.

Bouh ! est typique de sa production (2010-2011) où le tableau devient un arrêt sur image d’une narration dans laquelle vous êtes libre d’interpréter l’instant d’avant et celui d’après.

La touche est forte, gestuelle (Thomas peint des personnages en dimension réelle), parsemée d’éclaboussures relevant des tags, tous éléments qui se télescopent mais se placent sur la toile d’une manière sophistiquée.

 

Thomas Agrinier : Bouh !, huile, 2011, 190x170
(courtoisie Thomas Agrinier)
clic=zoom

 

du rêve à la réalité transposée

 

l’envie :

Thomas Agrinier est un grand enfant malicieux : les jeux et le comportement gamin des adultes le passionnent, mais pas sur des consoles... son outil c’est le pinceau. Tout l’intéresse, les images, la musique, les vidéos qu’il capte sur tous les médias, puis s’en fait un jeu qu’il livre à votre sagacité.

Ce tableau nommé Bouh ! s’inscrit dans cette longue série ludique ; il répond aussi à une envie : "depuis longtemps je voulais peindre de l’eau, en restant dans cette ligne du comportement et du jeu".

D’une manière générale, sa démarche de création est progressive, composée de parties qui ne sont pas forcément consécutives ; suivez avec nous la réalisation du tableau Bouh !

la recherche d’images :

parmi les nombreuses images accumulées dans l’atelier : arrêts sur images de films ou documentaires, "je cherche celles qui se rapprochent du thème de l’eau et du mouvement" ; toutes ces images ont des affinités entre elles pour aboutir à une scène de jeu située dans une nature idéalisée :

 

 

cette couverture du Strange de juin 1981 attire son attention : je me sers souvent de
cette source et ici, y ai trouvé à droite cette belle position du corps bleu en suspension"
  Thomas Agrinier  
  Thomas Agrinier   Thomas Agrinier   Thomas Agrinier   Thomas Agrinier
 
photo de Chris Ofili, modèle de tête
 
modèle de chute d’eau
 
extrait du film Down by Law
 
photo dans Life 1956
 
"j’aime l’oeuvre de ce peintre figuratif afro-anglais, son rapport à la musique… j’ai trouvé l’image de la chute d’eau dans son documentaire à la Tate" ( à sa rétrospective 2010)
 
"en fait ici, c’est l’image de la forêt qui m’intéressait, l’eau et la plante à droite comme 1er plan"
 
"cette fête d’adolescents montre une image spontanée, naïve, drôle, qui correspond à ma recherche"

 

Thomas Agrinier

Thomas Agrinier

l’assemblage :

le choix des composants est fait ! le thème de la chute dans l’eau de Chris Ofili doit se compléter d’autres acteurs pour créer une narration : "ainsi j’ai inventé le personnage qui tire la langue et son action ; la fille qui observe en arrière-plan donnera de la profondeur à l’image par rapport aux deux acteurs principaux".

 

 

<< les éléments de la scène sont fixés par un dessin qui les positionne tous dans l’espace du tableau, ce qui conditionne aussi sa dimension : 190x170cm

 

 

 

 

les études :

<< l’étude du positionnement se complète par une étude du personnage principal...

... puis de tous les autres. Vous notez que les dessins sont d’excellente qualité, notamment celui de la fille qui pouffe de rire (clic=zoom). Sur le dernier croquis sont ajoutés des éléments de style, puis la fille qui vient en arrière-plan (clic=zoom) :

  Thomas Agrinier   Thomas Agrinier   Thomas Agrinier   Thomas Agrinier   Thomas Agrinier

 

Thomas fait toujours une étude à l’huile pour voir comment s’applique son langage stylistique sur le sujet principal : pour Bouh !, celui qui chute dans l’eau >>

 

Cette étude est faite grandeur nature : dans ce petit tableau (46x54), la tête de Chris est de même dimension que dans le tableau final ; elle sert aussi à tester les décors et leurs couleurs face au sujet : la chute d’eau y figure déjà ainsi que l’arrière plan forestier

 

 

 

l’élaboration du tableau :

  Thomas Agrinier

 

de gauche à droite :

> les personnages principaux sont placés sur la toile et soulignés ; ils comprennent déjà les éléments de style, mais la physionomie de celui qui tire la langue est masquée : l’acteur principal est bien celui qui chute

> l’arrière plan est positionné, un nouvel élément de style est introduit : les roches qui, en diagonale sur Chris, accentuent son effet de chute

> l’actrice et la chute d’eau sont introduites, les vêtements ont pris de la consistance mais la chemise à pois, un peu forte, sera pondérée :

  Thomas Agrinier   Thomas Agrinier   Thomas Agrinier

 

Dans le tableau final, la forêt au fond s’épaissit encore ; la plante de droite apparaît et accentue l’avant-plan formé par le rocher qui s’est aussi éclairci : le tableau gagne alors en profondeur ; l’eau est peaufinée ainsi que les tenues ; la main droite de Chris se détripple pour montrer son mouvement rapide pour amortir sa chute ; la main Walt Disney like devient bleu pétant, prouvant qu’il ne s’agit que d’un jeu.

 

Enfin, après 5 semaines de travail dont 3 à plein temps sur la toile, c’est le baptême : "Bouh !" s’imposait, n’est-ce pas ?

 

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