José María Sert, peintre et décorateur

 

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José María Sert, peintre et décorateur
> au Petit Palais, 8 mars au 5 août 2012

toutes images : clic = zoom

 

Chapitre où l’on voit que la peinture, la décoration et la "grande peinture" font bon ménage !

 

Sert et la fin de la "grande peinture"

José Maria Sert a été "le dernier représentant de la grande peinture" écrit Paul Claudel à sa mort en 1945 ; mais qu’est-ce que cette "grande peinture" ?

Elle concerne ces tableaux évocateurs de grands principes et mythes ou qui glorifient de manière majestueuse une personnalité, un principe religieux... par un style réaliste mais exalté, souvent de grande dimension. Cela va de ceux de la Renaissance aux néo-classiques en passant par Delacroix (Liberté guidant le peuple, 1831) ; vous avez vu à Orsay ou au Louvre ces grandes fresques propagandistes (Sacre de l’Empereur par David, 1807), une pratique qui englobe l’art et la décoration et qui demande une grande virtuosité picturale.

Ce genre passe aussi par les Pompiers, ces peintres académiques droits dans leur code des Beaux-Arts en fin du XIXè, comme Gérôme (Eminence grise, 1873) et... José Maria Sert !

Ce tableau est fantastique, mais ce motif des 4 saisons que Sert répéta assez souvent, manque un peu d’originalité, surtout dans cette représentation maniérée... >>

 

José Maria Sert : Quatre Saisons, 1919, 363x560,
huile et argent, pour une salle à manger
(courtoisie Mus.de la Reine Sophia, Madrid)
 

 

Homme du début du 20è siècle, José Maria Sert projetait des sujets académiques ou politiques (guerre civile d’Espagne) sur des décors immenses, dans un style moderne de personnages esquissés, ce qui le différencie des pompiers réalistes qui l’ont précédé ; il est plutôt un baroque moderne.

 

une peinture monumentale !

5 mètres 60 sur 3 mètres 63... dès ses débuts, Sert donne dans la monumentalité ! Vous trouvez dans cette fresque à l’huile toutes les caractéristique de sa puissante peinture décorative : les dimensions, les motifs lyriques ou patriotique, les couleurs qui apprivoisent les lieux à la mode de l’époque (mordorés, argentés, bleus tempérés, bruns -mais son rouge est souvent vulgaire-), avec laque ou vernis satiné.

La modernité de sa manière se voit dans le fonds du tableau (ici zoomé) et dans les personnages secondaires qui sont juste esquissés ; à l’apogée de sa carrière, ce style esquissé mais fort se généralisera >>

détail des Quatre Saisons
 

 

du Modernisme catalan aux cercles parisiens

"Modernismo", le modernisme catalan, est un principe d’Art Nouveau qui touche l’art, l’artisanat, la décoration et l’architecture ; José Maria Sert y fut tout de suite plongé : après l’Ecole des Beaux-Arts de Barcelone (1899) il vient à Paris et présente un tableau à l’Exposition Universelle de 1900 ; à cette époque il obtient aussi l’énorme décoration de la cathédrale de Vic.

Dans cette décennie il fréquente les cercles et le monde parisien (Forain, Godebska -protectrice des arts- Diaghilev, Cocteau, Claudel, Iribe...) et y rencontre Misia -sa future épouse et muse- ; talent, aisance sociale, personnalité, fortune... il est lancé.

Il aurait pu rester dans le genre pompier parisien toute sa vie, mais il va se distinguer par une technique audacieuse ; par exemple cette Danse de Mort est une scène complexe dont chaque détail est étudié et réalisé dans un style moderne (clic=extrait) >>

 
tryptique pour la reconstruction de la cathédrale de Vic, 1939-45, 250x100cm
(courtoisie Mairie de Vic, Espagne)

 

Cet immense paravent : 11 panneaux de 3 mètres 90 de haut se déroulant sur 8 mètres, était destiné à Gabrielle Chanel ; cette Vision de Naples est assez classique pour une époque (1923) où la peinture et la décoration ont évolué vers moins de classisisme ; on y trouve tout de même les couleurs à la mode : gris, brun, mordoré laqué (rappelez-vous la décoration du paquebot Normandie dont la décoration fut conçue par Pierre Patout)

 

Paravent Vision de Naples (11 panneaux),
1923, huile sur bois, 390x800
(courtoisie collection privée-Christie’s)
 

 

 

Fort de ces succès, José Maria Sert voyage et dans les années 30 devient un "pipole" international.

 

 

<< stupéfiant de dynamisme, ce panneau fougueux est une esquisse pour pour les Noces de Camacho, Les Trapèzes, pour le Salon Sert de l’hôtel Waldorf Astoria à NYC, fait en 1931

 

 

 

Trapezes, 1931, noir et or, 450x250
(courtoisie Fondation Santander, Madrid)

 

du laboratoire à l’atelier industriel

La méthode de travail de José Maria Sert ressemble aux techniquesde production de nos designers-architectes contemporains :

 

 

 

Son immense atelier occupe plusieurs personnes et métiers.

> il réalise des maquettes des lieux à décorer, que ce soient des appartements avec escaliers et vestibules, des églises ou des salles de spectacle

 

> pour chaque panneaux il étudie minutieusement tous les éléments : décors, grappes humaines, attitudes des personnages, etc ; il en réalise des esquisses tellement avancées que ce sont elles qui sont en grande partie présentées dans l’exposition

 

> au départ il utilise des modèles humains, puis des photographies qu’il quadrille pour la pratique classique du report, ou des modèles de bois articulés

 

> comme il voyage beaucoup, il prend des vues qui lui servent ensuite d’inspiration et de modèles.

 

maquette pour Scènes du Quichotte, salon de musique, 1918, huile et craie, noir et bleu sur or
(courtoisie mus. de Catalunya)

 

étude photo pour la chapelle de l’Alcazar, 1939, chapelle de l’Alcazar, Tolède, Vers la Victoire, 1939
(courtoisie gal.Chomette)

 

1936 : l’implication politique

la Guerre civile espagnole provoque la destruction de la cathédrale de Vic, symbole du catalanisme catholique, et oeuvre clé de sa vie, et aussi l’assassinat d’amis ;

 

 

alors, après quelques mois il prend parti pour la cause nationale ; il entreprend des oeuvres monumentales et tragiques inspirées de cette guerre.

 

<< cette esquisse de Vers la Victoire ressemble à un Goya moderne mais tout de même assez pompeux avec ces tentures théâtrales...

 

 

esquisse pour Vers la Gloire, huile, or, argent, bois, date inconnue
(courtoisie gal. Navarro Barcelone)

 

Lorsque le régime de Franco engage un vaste programme de reconstruction de l’Espagne, dont la cathédrale de Vic, la renommée de Sert intéresse sa propagande ; l’artiste vieillissant et en quête de reconnaissance s’y prête, afin de reconstruire "sa" cathédrale, qu’il ne verra pas.

 

 

 



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