Akseli Gallen-Kallela : une passion finlandaise

 

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Axel Gallén alias Akseli Gallen-Kallela
> au Musée d’Orsay, du 7 février au 6 mai 2012

 

un artiste magnifique mais exalté et difficile à suivre : vous comprendrez qu’il a été célèbre en Finlande et peu connu ailleurs ; car Axel Gallén change tout : de nom pour Akseli Gallen-Kallela, de pays, de style, de genres... un peu comme le tchèque Kupka : une girouette géniale

 

 
cette oeuvre fraîchement accueillie à Paris au 19è, l’a rendu célèbre en Finlande, où le Sénat lui en commande une réplique ; elle est d’un style naturaliste mais raconte un mythe ; son cadre est d’inspiration Sécession : beau mélange !

La Légende d’Aino [Aino-Taru], 1891, huile, triptyque 154x154+2x(154x77) (courtoisie Finnish Nat. Gallery)

 

Toutes images : clic=zoom
 

 

une vie tortueuse

Axel Gallén est formé aux Beaux-Arts d’Helsinki en 1884 ; puis fait la navette entre Paris et Helsinki, période où, après quelques tableaux "parisiens", il se fait remarquer par une peinture naturaliste étonnante (voir ci-après) et, parallèlement, des tableaux fortement mythiques.

 

Au tournant du siècle il voyage beaucoup, passe au symbolisme et, encore simultanément, aux thèmes nationalistes dans l’ambiance de la lutte contre la russification de la Finlande ; en 1907 il finlandise son nom en Akseli Gallen-Kallela ; il côtoie rapidement la Sécession, Die Brücke... et en même temps crée du mobilier, fait de la décoration et enfin part pour un long séjour en Afrique !

une peinture pouvant devenir puissante et lyrique :
le Forgeage de Sampo, 1893, 200x152 (courtoisie Finnish Nat. Gallery)
 

 

Si les périodes stylistiques se recouvrent beaucoup, son intérêt pour le naturalisme est constant.

 

le meilleur naturalisme

 

 

dès ses premiers tableaux, au sortir de l’école et jusqu’en 1893, Akseli Gallen-Kallela crée une oeuvre naturaliste forte et directe, sur fonds de paysages minutieusement travaillés.

 

Au premier plan, des trognes frustes traduisent l’âpreté de la vie en ces campagnes d’immenses forêts et d’étendues d’eau.

 

 

 

Perdue, huile, 1886, 85x74
(courtoisie Finnish Nat. Gallery)

 

du nationalisme au symbolisme patriotique...

depuis les années 1890 Akseli Gallen-Kallela s’intéresse aux chants sacrés du Kalevala (comprenant la légende d’Aino, située en haut de page) qui retracent une épopée nationale tumultueuse ; ces récits ont inspiré tous les arts finlandais, car leur interprétation permettait de contourner la censure russe.

 

 

Sa peinture devient alors très puissante, jusqu’à changer complétement de style voire devenir peu reconnaissable, comme en témoigne cette fameuse Défense du Sampo, sur laquelle l’influence des Nabis est visible (a-plats, couleurs fortes, contours...).

Ce tableau aujourd’hui pourrait être une planche d’une bande dessinée fantastique !

 

 

La défense du Sampo, 1896, 122x125
(courtoisie Tuku Art Mus.)

 

En ces mêmes années 1890 Axel Gallén s’exprime dans la mouvance symboliste en cours dans toute l’Europe, mais très vite il lui donne une expression patriotique... et finlandise encore plus son nom en Akseli Gallen-Kallela.

 

un poète paysagiste amoureux de son pays

ceux qui connaissent ces pays du nord en hiver, savent que leurs ambiances fabuleuses sensibilisent aux mythes fantastiques et contes mystérieux à partager près du feu.

Tout au long de sa vie, Akseli Gallen-Kallela a merveilleusement exprimé ces paysages de neige, lacs, sapins et bouleaux.

Mal à l’aise en France à ses débuts, c’est en son pays qu’il semble le plus heureux : à travers ces belles oeuvres silencieuses de paysages transparaissent l’amour et la totale symbiose de son âme avec son environnement ; d’ailleurs en fin de vie, voyageant en une Afrique qui pourtant l’enchante, il n’en peint que des oeuvres assez plates.

 

Imatra en hiver, huile, 1893, 153x194
(courtoisie Finnnish Nat. Gallery)
 

 

 

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